Auteur : Marie-Vic Ozouf-Marignier | Marie-Claire Robic
Date de saisie : 08/05/2008
Genre : Guides Tourisme, Voyages
Editeur : Ed. du CTHS, Paris, France
Collection : CTHS-Format, n° 11
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-7355-0648-4
GENCOD : 9782735506484
Sorti le : 22/05/2008
Que l'on s'attache à la construction de la nation ou du local, aux identités sociales ou aux figures paysagères, ou encore plus largement aux pratiques et représentations de l'espace, la lecture de Lucien Gallois s'impose comme une référence. Les interrogations qui fondent Régions naturelles et noms de pays, dont certaines ne reçurent probablement pas l'écho mérité lors de sa parution, trouvent ainsi une nouvelle actualité. C'est le cas des développements sur l'histoire de la notion de région naturelle, sur la labilité, dans l'espace et dans le temps, des désignations et des tracés, sur la communication les logiques et le pouvoir des cartes.
Marie-Vic Ozouf-Marignier est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales où elle dirige le Groupe de géographie sociale et d'études urbaines. Géographe et historienne, elle travaille sur l'aménagement et les représentations du territoire
Marie-Claire Robic est directeur de recherche au CNRS (laboratoire Géographie-cités, Paris). Elle travaille sur l'histoire et l'épistémologie de la géographie française, et notamment sur les conditions de son institutionnalisation.
Extrait de l'introduction :
Le choix des divisions qu'il convient d'adopter dans l'étude des différentes régions du globe dépend de la conception même qu'on a de la géographie. Les anciens géographes ne s'en préoccupaient guère : n'ayant d'autre prétention que de décrire, ils s'en tenaient généralement aux Etats ou aux provinces. Ceux du XVIIe et du XVIIIe siècle restèrent plus attachés que jamais aux divisions politiques ou administratives. Comment s'en étonner, puisqu'ils ne séparaient pas la géographie de l'histoire ? Mais à mesure qu'on a donné plus d'attention aux faits d'ordre physique, l'insuffisance des cadres traditionnels est apparue de plus en plus : la théorie des bassins fluviaux fut une première tentative pour trouver des divisions plus conformes à la réalité. L'étude du sol, du climat, de la végétation, de toutes ces causes qui se commandent et s'enchaînent, l'influence de plus en plus nettement aperçue des conditions physiques sur la vie matérielle de l'homme et, comme conséquence, sur les manifestations diverses de son activité, en montrant la nécessité d'expliquer les faits et non plus seulement de les constater, ont donné à la géographie une orientation nouvelle.
Les divisions politiques gardent, bien entendu, toute leur valeur : la vie économique d'un pays dépend, pour une part, de ses barrières de douanes. Les frontières sont des réalités, même quand elles ne répondent pas à des groupements de sympathies et d'intérêts que la force ne saurait imposer à la conscience des peuples. Le seul besoin de limiter son champ d'études conduit d'ailleurs souvent le géographe à conserver les cadres établis. Mais qu'il s'agisse de considérer le territoire d'un Etat dans l'ensemble dont il n'est pas possible de le détacher, qu'il s'agisse d'étudier en détail l'une de ses parties, il faut nécessairement adopter les divisions qui se prêteront le mieux au classement et à l'interprétation des faits, c'est-à-dire les emprunter à la nature elle-même. Ces divisions sont les régions naturelles.
L'expression est aujourd'hui couramment employée ; mais elle est prise souvent dans des sens différents. La nature est un ensemble très complexe. Quels caractères devront servira distinguer les régions naturelles ?
Le problème se complique, dans nos pays de vieille civilisation, de difficultés particulières. Des noms y sont restés attachés depuis des siècles à des régions qui n'ont jamais correspondu à des divisions politiques ou administratives. Ce sont les noms de pays. Il semble bien qu'ils désignent de véritables régions naturelles et l'on a pu dire qu'il suffisait de les recueillir avec soin pour retrouver du même coup les divisions rationnelles du sol que l'instinct populaire, devançant la science, aurait depuis longtemps aperçues. Mais à quoi reconnaître les noms de pays ? Suffit-il qu'ils soient populaires et ne s'adaptent pas, ou ne s'adaptent plus à des divisions administratives ? D'autre part toute région naturelle a-t-elle vraiment un nom de pays ? Ceux qui s'appliquent aux études de géographie régionale savent combien ces questions sont parfois embarrassantes. Je me suis proposé d'y répondre dans le présent travail.
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