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L'alibi

Couverture du livre L'alibi

Auteur : Mikaël Ollivier

Date de saisie : 07/05/2008

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : T. Magnier, Paris, France

Collection : Roman

Prix : 7.50 € / 49.20 F

ISBN : 978-2-84420-639-8

GENCOD : 9782844206398

Sorti le : 18/04/2008


  • La présentation de l'éditeur

On m'a menti durant quinze ans. La politesse, la grammaire, le piano, l'anglais, l'espagnol seconde langue, l'histoire, la physique et le bac tout au bout pour se préparer un avenir... Foutaises !
La seule chose qu'on devrait enseigner à l'école, c'est que la vie peut basculer en un clin d'oeil. Dans mon cas, ça n'a pas pris plus de trois jours...

Alternant les romans pour la jeunesse et pour les adultes, les scénarios pour la télévision et le cinéma, Mikaël Ollivier, plus qu'écrivain, se dit raconteur d'histoires. Il vit aujourd'hui en Eure-et-Loir. H dirige la collection Nouvelles aux Éditions Thierry Magnier.



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  • Les premières lignes

Cet après-midi-là, je suis rentré plus tôt parce que mon entraîneur de rugby était malade. J'étais libre après la cantine, mais j'avais un peu traîné avec les copains avant de reprendre mon vélo. Externe au lycée Fénelon de La Rochelle, j'habitais avec mes parents une grande maison avec jardin à La Pallice, le port marchand de la ville. Vingt-cinq minutes en pédalant dur. Trente-cinq si je passais par le front de mer. À 16 h 30, j'arrivai donc dans ma chambre pour réviser un contrôle d'anglais. J'étais du genre bosseur : en seconde avec un an d'avance et 15 de moyenne générale. Il faut dire aussi que j'étais ambitieux. Je voulais devenir architecte, ici à La Rochelle, et vivre à la campagne avec des chiens et des chevaux, dans une grande maison forte avec des terres, comme la Massonne, un peu après Rochefort, où habitent les parents d'Ambre, une ancienne copine de classe.
Ma mère était partie pour une semaine à Albi parce que mamie avait eu un malaise. Du coup, comme mon père et moi sommes nuls en cuisine, on allait tous les soirs au resto. La veille, on s'était offert un couscous chez Brahim, notre ami qui tient Le Chenal, derrière la médiathèque. Une soirée vraiment sympa. La dernière.
À 16 h 35, j'ai entendu approcher un moteur qui, au bruit, ressemblait à celui de la voiture de mon père. Impossible à cette heure. Je me suis donc replongé dans Shakespeare quand la grille du jardin a grincé. J'ai fait rouler le fauteuil de mon bureau jusqu'à la fenêtre. C'était bien sa BM grise qui avançait dans l'allée de graviers.
J'ai dévalé les marches et j'ai trouvé mon père dans l'allée du garage. Les roues et le bas de caisse de la voiture étaient couverts de boue.
- Salut p'pa ! Comment ça se fait que t'es déjà là ?
Il s'est retourné brusquement et m'a répondu :
- Et toi ? Tu devrais pas être au lycée ?
- Pas d'rugby. T'as fait du tout-terrain, ou quoi ?
Il a hésité un instant avant de répondre :
- J'avais un rendez-vous avec un client à la campagne. Et avec la flotte qui est tombée la nuit dernière, je me suis embourbé.
J'ai regardé ses chaussures crottées et j'ai vu du sang sur son pantalon.
- Tu t'es blessé ?
- Rien de grave. Juste une égratignure. Il est parti ouvrir la porte du garage, et même s'il essayait de le cacher, j'ai trouvé qu'il boitait fort.


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