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L'accord secret de Baden-Baden : comment de Gaulle et les Soviétiques ont mis fin à Mai 68

Couverture du livre L'accord secret de Baden-Baden : comment de Gaulle et les Soviétiques ont mis fin à Mai 68

Auteur : Henri-Christian Giraud

Date de saisie : 20/06/2008

Genre : Histoire

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-268-06500-7

GENCOD : 9782268065007

Sorti le : 24/04/2008


  • La présentation de l'éditeur

«On n'a pas fini d'interpréter mon voyage à Baden-Baden !...», a dit de Gaulle, peu de temps avant sa mort au colonel d'Escrienne, son dernier aide de camp. Quarante ans après, le mystère reste entier : pourquoi le chef de l'État a-t-il choisi de partir en secret pour l'étranger, le 29 mai 1968, provoquant la panique dans son entourage, et au risque de se voir accusé par certains d'avoir fui ?
De Gaulle ayant affirmé publiquement avoir envisagé «toutes les éventualités sans exception» (le retrait du pouvoir, l'exil, la résistance), cet événement a donné lieu à une série d'hypothèses toutes légitimes, car toutes fondées sur des propos successifs du chef de l'État adaptés à chaque interlocuteur pour obtenir le brouillage maximal d'une opération relevant, en réalité, de sa diplomatie secrète.
Pour Henri-Christian Giraud, l'explication de l'équipée de Baden-Baden n'est à chercher ni dans une défaillance du général de Gaulle ni, dans une manoeuvre militaire ou psychologique, mais dans son «duo-duel» avec le Parti communiste et sa «belle et bonne alliance» avec Moscou, renouvelée en 1964 par I''Ostpolitik gaullienne. Sur fond d'intervention soviétique en Tchécoslovaquie.
Voici l'histoire d'un chef-d'oeuvre d'intoxication de ce «théoricien de la surprise» qu'était de Gaulle. Une contre-enquête historique qui se lit comme un roman.

Henri-Christian Giraud est journaliste. Ancien directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine, il est l'auteur de De Gaulle et les communistes (Albin Michel, 1988 et 1989), T. I : L'Alliance (juin 1941-mai 1943), T.II : Le Piège (mai 1943-janvier 1946), de Terres de Mafia (J.-C. Latt7s, 1993) et de Le Printemps en octobre (Le Rocher, 2006). Il a dirigé l'ouvrage collectif Réplique à l'amiral de Gaulle (Le Rocher, 2004).



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  • La revue de presse Paul-François Paoli - Le Figaro du 19 juin 2008

Les Soviétiques ont-ils sauvé de Gaulle en 1968 ? Aussi choquante soit-elle, la thèse que défend Henri-Christian Giraud dans L'Accord secret de Baden-Baden ne manque pas d'intérêt...
Son livre, qui souligne à quel point le PC, dont de Gaulle méprisait les dirigeants il évoque en privé leurs «petits moyens intellectuels» et leur «embourgeoisement», tenait la politique française entre ses mains, est néanmoins très utile. Giraud rappelle à bon escient que le compromis contracté pendant la guerre, pour des raisons stratégiques, entre communistes et gaullistes, a parfois pris les formes douteuses d'une complaisance à l'égard de l'URSS, mais aussi d'un parti, le PCF, qui lui était inféodé corps et âme.



  • Les premières lignes

Des jours en mai

Au seuil de l'année 1968, se fondant, notamment, sur les heureuses perspectives d'une économie en pleine expansion, le général de Gaulle déclare à l'occasion de ses voeux aux Français : «Que sera 1968 ? L'avenir n'appartient pas aux hommes et je ne le prédis pas. Pourtant, en considérant la façon dont les choses se présentent, c'est vraiment avec confiance que j'envisage, pour les douze prochains mois, l'existence de notre pays.» Et le chef de l'État se laisse aller à citer ce vers de Verlaine : «Mon Dieu, mon Dieu ! la vie est là, simple et tranquille.» Sur ses vieux jours, le Général «recru d'épreuves» basculerait-il dans l'angélisme ?
Si c'est le cas, la réalité ne va pas tarder à le prendre à contre-pied : aux remous estudiantins qui ont paralysé Nanterre à intervalles réguliers depuis le mois de novembre, s'ajoute brutalement, le 26 janvier, la colère ouvrière à Fougères et à Caen. Au vu de la dure et longue bataille qui oppose les employés de Saviem aux gendarmes mobiles, les observateurs les plus lucides remarquent avec appréhension la montée du niveau de la violence ouvrière...
S'ajoutent aussi, sur le plan international, quelques signes de changement du côté de la Tchécoslovaquie. Le vent de liberté qui s'y lève et agite aussi bien le peuple que ses élites intellectuelles, aboutit à l'élection, le 5 janvier, à Prague, d'Alexandre Dubcek, au secrétariat général du Parti communiste, en remplacement du stalinien Antonin Novotny («un cas clinique de médiocrité» selon son compère communiste Fidel Castro), qui demeure toutefois président de la République. Pour timide que soit la démocratisation, elle est malgré tout en marche. Bernard Lefort, célèbre figure du journalisme de la Ve République et très introduit dans les milieux gaullistes, note dans son Journal : «Inquiétude au Quai d'Orsay. De Gaulle interroge Couve de Murville : "C'est la victoire des partisans de la libéralisation. Le début d'une crise avec Moscou. Le Général, me dit Pierre Lefranc, redoute que cette nomination fasse tache d'huile dans les pays de l'Est.» Le chef de l'État a cependant l'occasion d'avoir un motif de satisfaction avec la déclaration de Waldeck Rochet confirmant l'hostilité du parti communiste français à l'entrée de l'Angleterre dans le Marché commun. Ce qui amène Pompidou, dans un entretien télévisé, à souligner les divergences qui viennent d'éclater entre la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) et le PCF.
«C'est bien la preuve, assène le Premier ministre, qu'il n'existe pas de solution de rechange à la majorité actuelle : les divisions sur la politique étrangère en apportent le témoignage.»
Gaston Defferre réagit aussitôt en proposant une fusion immédiate entre la SFIO et la Convention des Clubs pour constituer à gauche un parti capable de «représenter une force politique importante par rapport au PC».
«Si celui-ci remet en cause notre alliance, en raison de ses conceptions de politique étrangère, on y verra plus clair», dit-il à Bernard Lefort.
Ce qui entraîne cette réplique de Pierre Mendès France devant le même Lefort :
«C'est un voeu pieux. Le PC n'a pas évolué, il demeure d'une fidélité absolue à la politique décidée par Moscou. Cet attachement est l'une des caractéristiques originales du Parti communiste français.»


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