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La plupart ne reviendront pas : vingt-huit jours dans une poche du front russe (hiver 1942-1943)

Couverture du livre La plupart ne reviendront pas : vingt-huit jours dans une poche du front russe (hiver 1942-1943)

Auteur : Eugenio Corti

Préface : François Livi

Traducteur : François Livi

Date de saisie : 28/04/2008

Genre : Histoire

Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France

Collection : Motifs, n° 309

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-268-06527-4

GENCOD : 9782268065274

Sorti le : 24/04/2008


  • La présentation de l'éditeur

Mobilisé par l'armée italienne en 1942, Eugenio Corti, l'auteur du Cheval rouge, prend part, comme jeune officier d'artil­lerie, à l'épopée du Front de l'Est. Encerclées dans une poche aux côtés de la 298e division allemande, plusieurs divi­sions italiennes, désemparées, vont être anéanties par un ennemi féroce et un froid polaire. Seuls quelques-uns des 30000 compagnons du jeune écrivain retrouveront leur patrie, l'Italie. De ce fourvoiement honteux que l'on s'efforçait d'oublier - l'alliance avec l'Allemagne -, la campagne de Russie était l'épisode le plus douloureux. Une génération entière avait été engloutie dans cette guerre qui n'était pas la sienne, absorbée à jamais par l'immensité russe et les camps. L'un des rares survivants de cet enfer en avait rapporté un récit minutieux, insoutenable de précision, et pourtant porté par une inextinguible espérance.

Traduit de l'italien et préfacé par François Livi



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  • Les premières lignes

DANS CE JOURNAL est consignée la fin du Trente-cinquième corps d'armée, l'un des trois corps de l'armée italienne engagés en Russie (ARMIR), plus précisément celui qui jusqu'à l'été de cette année 1942 avait été le CSIR, le seul corps d'armée italien en Russie. Au cours du même cycle d'opérations furent également détruits les deux autres corps : le Deuxième, puis, un mois plus tard, le corps de Chasseurs alpins. Avec nous autres Italiens furent écrasées les quelques unîtes allemandes déployées au milieu de nos corps d'armée.

Jusqu'au début du mois de décembre, nos affaires n'avaient pas trop mal marché sur les rives du Don, même après que le «Don paisible» eut entièrement gelé : escarmouches sans grande inten­sité à l'arme légère, quelques échanges d'obus d'artillerie, et des coups de main nocturnes de part et d'autre.
Au cours de la première moitié de décembre, cependant, ces incursions avaient progressivement pris de l'importance, au point de se transformer parfois en des batailles, limitées mais acharnées. Tant et si bien que nous commençâmes d'abord à soupçonner, puis à nous convaincre, que les Russes étaient en train de préparer une véritable offensive.
Le Trente-cinquième corps d'armée - déployé sur le fleuve, le front étant au nord - était constitué des divisons suivantes : la 298e division allemande à gauche, la Pasubio au centre, et la Torino à droite. Parmi nous autres officiers, le bruit courait que le secteur tenu par la Pasubio était de trente-trois kilomètres ; le secteur tenu par les deux autres divisions devait être comparable.
Mon unité, le Trentième groupe d'artillerie de corps d'armée, était justement déployée en appui à la division Pasubio. Elle comportait trois groupes (les 62e, 61e et 60e) dotés de vieux canons de 105 (prises de guerre de 1915-1918) auxquels on avait ajouté un groupe très moderne d'artillerie d'armée, doté de pièces de 149 et de 210.
Je me trouvais ces jours-là, en tant qu'observateur d'artillerie du 61e groupe, auprès du commandement du 2e bataillon du Quatre-vingtième régiment d'infanterie Pasubio, à Abrossimovo, sur le Don. Nous fûmes définitivement fixés quant aux intentions de l'ennemi lorsque la division de Biélorusses qui nous faisait vis-à-vis fut remplacée, du jour au lendemain, par des divisions fraîches d'Ouzbeks et de Tatars, des soldats qui étaient sous les drapeaux depuis quelques mois à peine. Aussitôt des déserteurs avaient commencé à rejoindre nos tranchées : ils parlaient tous d'une offensive imminente.


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