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Le pouvoir contesté : souveraines d'Europe à la Renaissance

Couverture du livre Le pouvoir contesté : souveraines d'Europe à la Renaissance

Auteur : Thierry Wanegffelen

Date de saisie : 25/04/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Payot, Paris, France

Collection : Biographie Payot

Prix : 27.50 € / 180.39 F

ISBN : 978-2-228-90249-6

GENCOD : 9782228902496

Sorti le : 20/02/2008


  • La présentation de l'éditeur

Elles sont trente-trois. Trente-trois reines, princesses et régentes qui ont bravé les conventions masculines de leur temps et gouverné dans les États d'Europe les plus unifiés et les mieux structurés - France, Navarre, Angleterre, Écosse, Espagne, Pays-Bas - entre le milieu du XVe et le début du XVIIe siècle. Elles se nomment Anne de Bretagne, Louise de Savoie, Catherine et Marie de Médicis, Jeanne d'Albret, Marie Tudor, Élisabeth Ire, Marie Stuart, Isabelle de Castille, Marie de Hongrie, Marguerite d'Autriche... À travers leurs exemples, ce livre d'histoire comparée traite de la spécificité de l'exercice féminin du pouvoir à la Renaissance, de son acceptation et des limites qui lui sont assignées, ainsi que de l'émergence d'une identité féminine, dans une Europe où les contraintes collectives pèsent de plus en plus fortement sur les femmes, plus que jamais reléguées dans la sphère privée.
Comment s'exerce ce pouvoir au féminin ? Quel regard la société masculine, et particulièrement les élites qui les entourent, dominées par de séculaires préjugés phallocrates, porte-t-elle sur ces souveraines ? Comment elles-mêmes se perçoivent-elles et adaptent-elles leur discours, leur image et leur gestuelle à cet univers largement misogyne ? Sont-elles femmes encore, et dans quelle mesure ? Existe-t-il un art de gouverner typiquement féminin qui irait, selon l'exemple symbolique d'Élisabeth Ire, à la fois reine et roi d'Angleterre, jusqu'à retourner les codes en vigueur ?
Thierry Wanegffelen pose ici des questions majeures d'histoire politique, des mentalités et des représentations qui trouvent un écho troublant dans notre monde actuel, où de plus en plus de femmes président à la destinée de leur pays.

Professeur d'histoire de la première Modernité à l'université de Toulouse-Le Mirail, Thierry Wanegffelen est spécialiste des mentalités occidentales des XVIe et XVIIe siècles. Ses ouvrages novateurs révèlent son intérêt pour les questions de croyance et de tolérance (L'Édit de Nantes, 1998 ; Une difficile fidélité, 1999) ainsi que pour l'histoire des femmes comme en témoigne sa récente biographie de Catherine de Médicis publiée chez Payot (2005), dont la pertinence a été saluée par la presse.



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  • La revue de presse Olivier Christin - Le Monde du 24 avril 2008

A travers les trajectoires de trente-trois reines, régentes et princesses confrontées, entre la fin du Moyen Age et le milieu du XVIIe siècle, à l'exercice difficile d'un pouvoir qu'on leur contestait précisément en raison de leur sexe, Thierry Wanegffelen peut ainsi retracer, avec passion, l'histoire de ces préjugés et leur progressif alourdissement. Car loin de la galerie de portraits, de la juxtaposition d'histoires sans relations entre elles, de la chronique amusante, son livre dégage trois processus à l'oeuvre dans la première modernité, par-delà les frontières politiques, les particularismes juridiques, comme la loi salique, ou les différences confessionnelles...
Ces stratégies, pourtant, ne peuvent rien contre le dernier processus qu'identifie l'auteur, celui d'une transformation des Etats de la première modernité qui s'édifie sur l'exclusion croissante des femmes. Fort des indices accumulés dans l'évolution du droit, dans la littérature, dans l'histoire religieuse et surtout dans le destin même des trente-trois souveraines qu'il suit pas à pas, Wanegffelen peut donc conclure cette enquête qui allie rigueur et chaleur en prenant ses distances avec le "mâle Moyen Age" de Duby, mais plus encore avec les célébrations enchantées de la libération de l'individu et de l'individualisme au XVIe siècle : "Patriarcale et misogyne, telle est bien la Renaissance." L'humanisme a peut-être bien confondu humanité et masculinité.


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