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Oeuvres

Couverture du livre Oeuvres

Auteur : Claude Levi-Strauss

Date de saisie : 15/05/2008

Genre : Anthropologie

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Bibliothèque de la Pléiade

Prix : 71.00 € / 465.73 F

ISBN : 978-2-07-011802-1

GENCOD : 9782070118021

Sorti le : 01/09/2008


  • La présentation de l'éditeur

Alliant le classicisme du style, qui n'est pas sans évoquer Chateaubriand, et la modernité de la méthode, l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss est à la fois pensée du monde, expérience de soi, et expérience sur soi. «Pourquoi et comment devient-on ethnologue ?» «Qu'est-ce qu'un style ?» «Que peut-il y avoir de commun entre un oiseau - l'Engoulevent -, l'art de la poterie, et la jalousie conjugale ?» En quoi la mythologie indienne a-t-elle favorisé la conquête de l'Amérique par l'homme blanc ?... Questions surprenantes, mais qui sont pourtant à la source des enquêtes menées par Lévi-Strauss. Le ton est donné. Son oeuvre relève à la fois de la science et de la littérature, dirait-on, si de telles catégories pouvaient rendre compte de la singularité de son propos. Mais chez Lévi-Strauss, le cloisonnement n'est pas de mise, et le penseur fait «flèche de tout bois». Ainsi le souvenir d'un tableau de la Renaissance peut-il servir de point de départ à une théorie de la structuration du sensible. Ainsi peut-on retrouver Totem et tabou dans un mythe jivaro. Ainsi la métaphysique bororo éclaire-t-elle d'un jour nouveau la figure de notre Père Noël. Lévi-Strauss est à la recherche des correspondances, au sens baudelairien du terme, entre l'esprit et sa manifestation matérielle. Il met donc en scène les affinités qu'il perçoit entre les différents objets, le fil caché qui les relie. Et c'est à une perpétuelle remise en question de ce qui nous semble donné, évident, que l'on assiste : l'objet de l'analyse se dérobe ; il ne contient aucun message qui soit immédiatement communicable. Car un objet, mythe ou autre, n'existe pas en soi mais dans le rapport, les correspondances, qu'il entretient avec les autres objets. Passerelles, rapprochements inattendus, résurgences, tels sont les jeux d'esprit auxquels invite la lecture des oeuvres de Lévi-Strauss, qui ébranlent notre vision du monde.

L'édition qui paraît aujourd'hui réuni sept livres choisis par l'auteur : Tristes tropiques, remémoration des expériences de terrain de la fin des années 1930, qui resurgiront dans toute l'oeuvre à venir ; Le Totémisme aujourd'hui et La Pensée sauvage (un des plus grands livres de philosophie du XXe siècle), charnières entre la réflexion sur la parenté et l'étude des mythes ; La Voie des masques, La Potière jalouse et Histoire de Lynx, les trois «Petites mythologiques» qui, sur le ton de l'énigme, proposent une version accessible de l'analyse structurale ; Regarder écouter lire, poursuite de la réflexion anthropologique sur le terrain esthétique. Des textes inédits sont proposés en appendices. Au-delà de leur fonction figurative et documentaire, les illustrations, près de deux cents, en noir et blanc et en couleurs, donnent une forme visuelle à la pensée.



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  • La revue de presse Sébastien Lapaque - Le Figaro du 15 mai 2008

La publication de sept titres dans la Pléiade confirme que l'ethnologue est moins un maître à penser qu'un savant que tout passionne...
En ne retenant que sept livres parmi les plus accessibles pour un public non spécialisé, le volume d'Œuvres qui paraît dans la Pléiade nous invite à vivre cette aventure qu'est toujours une lecture bien faite. En découvrant Tristes Tropiques, Le Totémisme aujourd'hui, La Pensée sauvage, La Voie des masques, La Potière jalouse, Histoire de Lynx et Regarder, écouter, lire, on comprend pourquoi Lévi-Strauss n'a jamais ressenti l'intérêt d'ordonner sa pensée autour d'un centre fixe. À propos d'un masque ou d'un mythe, les notations concrètes de l'ethnologue cherchaient à déboucher sur des conclusions plus larges.


  • La revue de presse Antoine Perraud - La Croix du 15 mai 2008

L'homme qui a révolutionné les sciences sociales en s'inspirant du structuralisme propre aux linguistes est un écrivain puissant et réjouissant, comme en témoigne son entrée dans la Pléiade...
Lire Claude Lévi-Strauss, c'est donc se confronter à une sorte d'alpha et d'oméga de la pensée du XXe siècle, qui s'est déployée en «queue de paon», comme disent du château-d'yquem les oenologues, en une expression digne des ethnologues...


  • La revue de presse Roger-Pol Droit - Le Monde du 8 mai 2008

A qui doit-on cette pensée immense ? Un philosophe ? Un ethnologue, un anthropologue, un savant, un logicien, un détective ? Ou encore un bricoleur, un écrivain, un poète, un moraliste, un esthète, voire un sage ? Seule réponse possible : toutes ces figures ensemble se nomment Claude Lévi-Strauss. Leurs places varient évidemment selon les livres et les périodes. Mais il existe toujours une correspondance, constante et unique, entre ces registres, usuellement distincts et le plus souvent incompatibles. Car cette oeuvre ne se contente pas de déjouer souverainement les classements habituels. Elle invente et organise son espace propre en les traversant et en les combinant sans cesse...
Finalement, en écartant les travaux techniques qui s'adressent aux experts, cette "Pléiade" propose un Lévi-Strauss plus aisément accessible au public. L'ensemble déplace le centre de gravité vers la dernière partie de l'oeuvre, avec La Voix des masques (1975), Histoire de Lynx (1991), Regarder écouter lire. L'anthropologue se montre ici, globalement, plus écrivain que scientifique - à condition de ne surtout pas entendre par là un quelconque retrait de la réflexion au profit du récit et du plaisir du style. La force de ce maître est au contraire de toujours tenir ensemble et l'expérience sensible et son arrière-plan théorique.


  • La revue de presse Robert Maggiori - Libération du 8 mai 2008

Qu'un auteur «entre» de son vivant - l'anthropologue aura 100 ans le 28 novembre - dans cette prestigieuse bibliothèque, est rare. La présence de Lévi-Strauss y semble pourtant naturelle, son travail étant déjà patrimoine mondial des sciences humaines. Le volume comprend le Totémisme aujourd'hui (1962), la Pensée sauvage (1962), les trois «petites mythologiques», à savoir la Voie des masques (1975), la Potière jalouse (1985) et Histoire de Lynx (1991), enfin Regarder, écouter, lire (1993). Ce choix, proposé par Lévi-Strauss lui-même, mais dont on voit qu'il exclut aussi bien les Structures élémentaires de la parenté que l'Anthropologie structurale, les Mythologiques, Race et Histoire ou le Regard éloigné, Vincent Debaene l'explique longuement dans la préface. Il est cohérent et, de 1955 à 1993, «des Nambikwara qui vivent nus et couverts de cendres aux oeuvres de Poussin et de Rameau», permet de suivre quatre décennies de création intellectuelle et prend nécessairement des allures d'itinéraire.


  • La revue de presse Didier Eribon - Le Nouvel Observateur du 2 mai 2008

De ses premières enquêtes chez les Indiens à ses réflexions sur Poussin ou Diderot, rassemblées dans ce volume, Claude Lévi-Strauss s'est intéressé à toutes les cultures. C'est entendu, ce ne sont pas des «Œuvres complètes». Et des voix ne manqueront pas de s'élever pour regretter l'absence de tel ou tel titre...
Mais ne boudons pas notre plaisir : sitôt le volume ouvert, on se sent littéralement happé par l'écriture de Lévi-Strauss. Et même saisi par l'étrange impression d'assister au surgissement d'une pensée nouvelle, comme si ces textes qui ont déjà marqué plusieurs générations de lecteurs étaient dotés d'une éternelle jeunesse.


  • La revue de presse Marc Fumaroli, de l'Académie française - L'Express du 24 avril 2008

Il est difficile à un moderne de se montrer plus radicalement antimoderne. Aussi Lévi-Strauss, autorité majeure d'un «structuralisme» dont il se dissocia sitôt qu'il devint une mode, s'est de plus en plus souvent, depuis les années 1970, retourné sur notre monde contemporain pour lui suggérer d'être un peu moins naïvement moderne et un peu plus humain. Dans le célèbre discours à l'Unesco de 1971, où il dénonça le concept de race, il déclarait aussi qu'un antiracisme abusif pouvait conduire à négliger les particularismes et les habitudes des sociétés prémodernes. Ami des surréalistes et chef de file d'une avant-garde philosophique, il n'a pas craint d'être reçu en habit vert à l'Académie française, dépositaire à ses yeux de plusieurs de «ces ressorts intimes de la vie en société» dont les «primitifs» lui ont appris toute la portée : le langage, les rites, la tradition. Fils d'un peintre de portraits ruiné par la photographie, il n'a pas hésité à lancer des flèches contre l'art conceptuel contemporain et contre son reniement de l'artisanat du dessin. Il a consacré des pages pénétrantes à la lecture des tableaux de Nicolas Poussin, à l'écoute de la musique de Rameau, à Diderot et Baudelaire, montrant comment la «technique de dépaysement» de l'anthropologue, les alternances de son regard de près et de son regard de loin sur l'étrangeté apparente de ses sujets pouvaient rejoindre l'exercice des humanités classiques et nous prévenir, avec elles, contre l' «enfermement» dans le «règne séparé» d'une modernité utilitariste et à courte vue. Ecologiste avant l'heure, il a annoncé que la prédation par l'homme contemporain de la nature et du monde animal aurait pour corollaire la prédation par l'homme de l'humanité elle-même.


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