Auteur : Stéphane Hoffmann
Date de saisie : 02/07/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Romans français
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-226-18646-1
GENCOD : 9782226186461
Sorti le : 30/04/2008
Sans amour, les hommes ne sont que des petits garçons qui tremblent.
Pour ne pas passer à côté de cette passion qui les enchante et les renforce, Jérôme et Camille, les jeunes héros des Filles qui dansent, ont décidé de lui consacrer leur vie. Mais l'amour est difficile. Il a ses exigences, ses rudesses. À Nantes, après l'été, les amoureux se voient souvent, s'évitent, s'adorent, se craignent, trichent sur leurs sentiments. Tout à leur passion, ils n'ont pas conscience de la machination qui se prépare contre eux.
On retrouve ici le charme, la grâce et l'élégance des précédents romans de Stéphane Hoffmann. Avec une tendresse voilée de désenchantement, il saisit dans cette chronique sociale et sentimentale, entre comédie et drame, l'émerveillement d'un premier amour.
Essayiste et critique littéraire au Figaro Magazine et au Madame Figaro, Stéphane Hoffmann a publié chez Albin Michel :
Le Gouverneur distrait (1989) ;
Château Bougon (1990) ;
Des Filles qui dansent (2007).
Stéphane Hoffmann vit à la campagne entre Nantes, Redon et La Baule.
Commander ce livre sur Fnac.com
Cousin de Balzac, l'auteur breton brosse dans Des garçons qui tremblent un portrait sans pitié de cette bourgeoisie provinciale du début des années 1980, raillant avec une précision d'entomologiste les déjeuners des barons et le défilé des rombières, qui se pavanent tous les samedis, le Caddie plein, à l'Auchan du coin. Surtout, il dévoile en creux un romantisme échevelé, quasi désuet, qui demeure la seule parade possible à ce défaut d'existence...
A l'inanité de la société des bonnes gens, Stéphane Hoffmann oppose ainsi l'émerveillement des premières amours, le goût des balades nocturnes à vélo, le plaisir de la réclusion et du déclassement. Il n'omet pas d'y ajouter le soupçon de tragédie nécessaire qui fait le sel des belles histoires. De celles qui donnent encore à croire au charme fou des amours de vacances.
Il ne faut pas se fier, avec Stéphane Hoffmann, à la légèreté des choses et aux hideuses jaquettes de ses romans. Son histoire d'amour dans la France des années 1980 est un formidable tableau de moeurs provinciales, avec ses courtisaneries, ses cercles, ses déjeuners d'affaires arrosés au muscadet, ses carrières avantageuses (oh, le président Berthelot !), ses faillites retentissantes, ses éternels préjuges et sa jeunesse qui se démène pour exister en dehors des cadres fixés par les parents. Ecrit avec fermeté, «Des garçons qui tremblent» est surtout le portrait de deux irréguliers, elle croyant au ciel des chevaux, lui, à la terre des chaumiers, qui ont rêvé leur vie en négligeant la pesanteur du monde réel. En épigraphe, Stéphane Hoffmann a placé une phrase de Jacques Chardonne : «Dans une époque de divertissement et de profusion, il faut se garer.» C'est la morale désenchantée de ce livre enchanteur.
Derrière une histoire d'amour, Stéphane Hoffmann signe une déclaration de guerre à l'époque. On avait découvert Camille et Jérôme l'an passé dans Des filles qui dansent. On les retrouve aujourd'hui dans Des garçons qui tremblent. Nul besoin cependant d'avoir lu le précédent roman de Stéphane Hoffmann pour savourer les élans du coeur et les années d'apprentissage de ces jeunes gens (lui a vingt ans, elle dix-sept) au charme fou...
Avec cette comédie humaine qui se déroule au début des années 1980, Stéphane Hoffmann manie insolence et drôlerie et use d'un regard perçant. L'auteur de Château bougon, prix Nimier 1991, nous offre autour de son couple baroque un roman aussi réjouissant que frondeur...
Chronique provinciale et récit d'un amour fou, Des garçons qui tremblent est une ode aux irréguliers ne sacrifiant jamais le plaisir de la découverte ni celui des retrouvailles et des serments anciens. Hoffmann est aussi à l'aise dans la satire que dans les aveux chuchotés, dans le coup de griffe que dans la caresse lasse. Il faut imaginer la rencontre de Chardonne et de Blondin si l'on veut saisir l'atmosphère de ce roman aux accents déchirants qui possède l'art de marier le rire à la tragédie.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli