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Yves Bonnefoy dans la pratique de la traduction

Couverture du livre Yves Bonnefoy dans la pratique de la traduction

Auteur : Giovanni Dotoli

Date de saisie : 23/04/2008

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Hermann, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 24.80 € / 162.68 F

ISBN : 978-2-7056-6735-1

GENCOD : 9782705667351

Sorti le : 24/05/2008


  • La présentation de l'éditeur

Au centre du parcours qui transforme ab imis la science de la traduction, Yves Bonnefoy, le plus grand poète français de la deuxième partie du vingtième siècle et de ce début du vingt-et-unième, se situe dans la lignée des plus importants poètes traducteurs.
Chez lui, littérature et traduction s'entrecroisent et s'intègrent jusqu'à se confondre l'une dans l'autre. C'est qu'il reste toujours un Poète. Ses traductions sont des actes d'illumination, au coeur du texte de l'Autre.
Son message est de toute évidence : le salut du monde dépend aussi de la traduction de la poésie, du dialogue par la poésie. Sa fabrique de la traduction, avec son atelier toujours en ouvraison poétique, est «une école de liberté».

Giovanni Dotoli, professeur de Langue et Littérature Françaises à l'Université de Bari, est l'auteur de nombreux livres, articles et essais publiés en Italie, en France et en d'autres pays. Directeur de plusieurs collections et revues, Officier de la Légion d'Honneur et Grand Prix de l'Académie Française, il est poète de langue italienne et de langue française.



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  • Les premières lignes

l. Le nouveau traducteur

Yves Bonnefoy, le plus grand poète français de la deuxième partie du XXe siècle et de ce début du XXIe, se situe sur la lignée des plus importants poètes traducteurs.
Ses compagnons de route sont des noms fondamentaux de la littérature universelle : Joachim Du Bellay, Luther, Pierre de Ronsard, Wolfgang Goethe, François-René de Chateaubriand, Gérard de Nerval, Charles Baudelaire, Friedrich Hölderlin, Louis Aragon, Ezra Pound, Stéphane Mallarmé, Paul Valéry, Philippe Jaccottet, Giuseppe Ungaretti, Eugenio Montale, Salvatore Quasimodo, Pierre Jean Jouve, Georges Séféris, et bien d'autres.
Avec une cohérence ininterrompue, Yves Bonnefoy partage «les inquiétudes et le questionnement» des auteurs-traducteurs les plus célèbres, qui ont marqué leur présence substantielle, dans l'histoire de la traduction. Depuis plus d'un demi-siècle, il interprète la parole de William Shakespeare, William Butler Yeats, John Donne, John Keats et Giacomo Leopardi, et plus récemment de Francesco Petrarca. Il se situe surtout sur le chemin d'un va et vient entre la langue anglaise et la langue italienne : d'un côté une langue universelle symbole de la mondialisation, de l'autre une langue de culture de la grande tradition occidentale. Mais il fait aussi quelques petites excursions dans les langues grecque, polonaise et hongroise.
«Ce ne fut pas avant 1955 que je me mis sérieusement à traduire», précise-t-il. Il réalise ses premières grandes traductions pour les Oeuvres complètes de William Shakespeare, publiées par le Club Français du Livre : la première partie de Henry IV (tome III, 1956), Jules César (tome IV, 1957), Hamlet (tome IV), Le Conte d'hiver, Vénus et Adonis et Le viol de Lucrèce (tome VII, 1961).
À la fin des années 1950, le poète Pierre Jean Jouve lui propose de traduire de nouveau Jules César, traduction qui paraît au Mercure de France en 1960. Puis, dans un rythme ininterrompu, toujours au Mercure de France, c'est le tour de Hamlet (1962), Le Roi Lear (1965), Roméo et Juliette (1968), Macbeth (1983), des Poèmes (1993) et de Le Conte d'hiver (1994). Suivent Vingt-quatre Sonnets (Thierry Bouchard et Yves Prié, 1995), La Tempête (Gallimard, 1997), Antoine et Cléopâtre (ibid., 1999), Othello (ibid., 2001), Comme il vous plaira (Livre de Poche, 2003), et, enfin, Les Sonnets, précédés de Vénus et Adonis, Le viol de Lucrèce, Phénix et Colombe (Gallimard, 2007).
Toujours pour la langue anglaise, il est essentiel de rappeler les Quarante-cinq poèmes, suivi de La Résurrection, une petite pièce, de William Butler Yeats (Hermann, 1989), Trois des derniers poèmes de John Donne (Thierry Bouchard et Yves Prié, 1994), et quelques odes de John Keats (Mercure de France, 2000).
Du côté de la langue italienne, deux noms essentiels : Giacomo Leopardi, associé à Keats (Keats et Leopardi. Quelques traductions nouvelles, 2000) et Francesco Petrarca (Dix-neuf sonnets de Pétrarque, (revue «Conférence», 2005).
Cette activité passionnante de traduction en français, la langue-étincelle d'Yves Bonnefoy, de ses rêves et de sa vie, la langue où il «a vécu ses propres découvertes du chant de l'oiseau dans l'arbre ou du ciel où semble veiller la lune», s'accompagne d'une réflexion continue, d'une permanence dans l'acte du traduire pensé et dit, d'un combat avec la parole double et triple, comme si le Poète cherchait les arcanes du Verbe.


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