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Narcisse ou L'amant de lui-même : comédie

Couverture du livre Narcisse ou L'amant de lui-même : comédie

Auteur : Jean-Jacques Rousseau

Préface : Henri Coulet

Date de saisie : 20/04/2008

Genre : Théâtre

Editeur : Desjonquères, Paris, France

Collection : Dix-huitième siècle

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-84321-106-5

GENCOD : 9782843211065

Sorti le : 17/04/2008


  • La présentation de l'éditeur

Rousseau et la gaieté ? Cela semble surprenant. Et pourtant, à vingt-deux ans à peine, il écrivit cette comédie. C'est l'histoire d'un jeune fat, à qui sa soeur, par malice, montre un portrait de lui-même déguisé en femme. Et notre vaniteux, sans se reconnaître, de tomber amoureux de sa propre image ! «Pauvres aveugles que nous sommes !» dira Rousseau plus tard. Adroitement construite, comique et émouvante, intéressante par la bonne humeur et la sensibilité de ses jeunes héros, Narcisse est une pièce heureuse.
Vingt ans plus tard, Rousseau fit précéder sa comédie d'une préface sérieuse qui invite le lecteur à se demander quelle structure sociale se dissimule derrière ces jeux, ces méprises et ces ridicules.

Édition présentée, établie et annotée par Henri Coulet





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

À la mémoire de Pierre Fortassier

Au début de 1754 parut, sans nom d'éditeur, un ouvrage inti­tulé «Narcisse ou l'amant de lui-même. Comédie par J.-J. Rousseau, Représentée par les Comédiens du Roi le 18 décembre 1752». Bernard Gagnebin a examiné les exemplaires de cette édition conservés «à la Bibliothèque Nationale, à l'Arsenal, à la Bibliothèque municipale de Lyon et dans trois bibliothèques genevoises», et constaté que dans tous «un feuillet blanc a été collé au verso de la page de titre pour faire disparaître l'approbation de Condillac». L'approbation (qui d'habitude figurait sur la dernière page des volumes) était-elle accompagnée d'un privilège où l'éditeur aurait été nommé ? Il faudrait consulter le registre des approbations et celui des privilèges (ils sont conservés à la Bibliothèque Nationale), et, pour une enquête de bibliographie matérielle, examiner aussi, s'il y en a, les exemplaires conservés dans d'autres bibliothèques, et comparer cette édition, attribuée au libraire parisien Pissot, à une autre édition parue aussi en 1754, mais d'une pagination différente.
La comédie de Narcisse, en 62 pages, était précédée d'une «Préface» de XXXIII pages, mais ces deux textes n'étaient pas contemporains. La première version de Narcisse devait dater de 1734, puisque Rousseau dit l'avoir écrite quand il n'avait pas vingt-deux ans, la «Préface» fut écrite à la suite des polémiques suscitées par le premier Discours, sur les sciences et les arts, mais avant le second Discours, sur les ori­gines de l'inégalité, dont la rédaction fut commencée en novembre 1753. Nous examinerons donc d'abord Narcisse comme oeuvre dramatique, puis la «Préface» comme oeuvre de philosophie politique, et nous essaierons enfin de voir pourquoi Rousseau a réuni ces deux écrits dans une même publication.

I. Au livre troisième des Confessions, Rousseau raconte que Mme de Warens lui fit lire (quand il était encore au séminaire des Lazaristes, semble-t-il, soit en 1729) une comédie de M. d'Aubonne, ce qui lui donna l'envie d'écrire lui aussi une comédie, projet qu'il ne réalisa que quelques années plus tard. Venu à Paris en 1742, il emporta avec lui son système original de notation musicale et sa comédie de Narcisse : il fit lire celle-ci à Marivaux : «Elle lui plut, et il eut la complaisance de la retoucher». Rousseau présenta sa pièce aux Italiens (le Nouveau Théâtre italien, fondé par Luigi Riccoboni sous la Régence), elle fut reçue, mais ne fut jamais jouée ; sept ou huit années plus tard, en 1752, grâce à l'intervention du comédien La Noue, elle fut acceptée par les Comédiens Français et repré­sentée deux fois sous l'anonymat : elle eut un succès d'estime, mais Rousseau lui-même s'y ennuya et sortit avant la fin de la première représentation. Tout est obscur dans l'histoire de Narcisse : «J'ai écrit cette comédie à l'âge de dix-huit ans» annonce Rousseau dans la première phrase de la Préface ; il corrige dans les Confessions : «ce ne fut qu'à Chambéry que j'exécutai ce projet [...] Ainsi quand j'ai dit dans la préface de cette pièce que je l'avais écrite à dix-huit ans, j'ai menti de quelques années». Mais le manuscrit de Neuchâtel, commencé en 1764 et interrompu par le départ de Rousseau pour l'Angleterre en janvier 1766, donne une version plus longue du même passage : «[...] J'ai menti de quelques années, mais il est certain que je n'en avais pas vingt-deux, et il n'y a rien qui n'y paraisse».


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