Auteur : Geneviève Brisac | Agnès Desarthe
Date de saisie : 26/08/2006
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-87929-449-0
GENCOD : 9782879294490
"Je ne veux pas être "célèbre" ni "grande". Je veux aller de l'avant, changer, ouvrir mon esprit et mes yeux, refuser d'être étiquetée et stéréotypée. Ce qui compte c'est se libérer soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves." (Virginia Woolf)
Parce qu'il est très difficile de décrire un être humain, et encore davantage quand celui-ci a noirci des milliers de pages de romans, de lettres, de journaux, il n'est pas inutile de flâner un peu dans le vague et le brûlant des souvenirs, comme un fond de couleurs et de sensations, sur lequel inscrire les hiéroglyphes, les lignes noires et entremêlées de l'histoire familiale. En mettant l'accent sur le caractère contemporain de l'oeuvre de Virginia Woolf, Geneviève Brisac et Agnès Desarthe invitent à la relecture d'un auteur capital, dont l'importance commence tout juste à être comprise.
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Celui qui entreprend de dire ce qui fait la singularité d'un écrivain voit se dresser devant lui trois impressionnants personnages. Il y a l'historien : il invite à tenir fermement le fil de la chronologie, sans tolérer qu'il se rompe, ou même flotte, au vent des révolutions et des guerres. Il y a le sociologue : il scrute la niche sociale, à la recherche des domiciles, du montant des fortunes, des liens professionnels. Il y a l'analyste : il cherche la scène primitive enfouie, celle qui dit le vrai du vrai. Et les trois hommes n'en font qu'un chez le biographe, dont l'ambition est de tout éclairer, la prétention, de tout savoir de la vie comme de l'oeuvre.
Dans leur heureuse flânerie aux côtés de Virginia Woolf, Agnès Desarthe et Geneviève Brisac ne se sont pas laissé intimider par ces trois magisters. Elles ne se croient nullement tenues de tout dire... Le titre de leur livre, réduit au bref signal de deux lettres qui clignotent, dit assez qu'elles n'écrivent pas une biographie ; mais s'adonnent à un jeu de piste, en récoltant les petits cailloux blancs semés en chemin par la romancière.
Que trouve-t-on dans le corbillon de Geneviève et d'Agnès ? Un store qui se gonfle au gré d'une brise d'été, tandis qu'on entend les vagues battre le sable. Des fleurs rouges et violettes sur la soie noire d'une robe maternelle où la petite fille appuie sa joue... Visions fugaces, gestes inaboutis, paroles tombées de lèvres anodines : ce sont les trésors que chassent nos deux collectionneuses... Elles devinent aussi qu'une récolte aussi buissonnière a sa rançon : laisser flotter un doute sur l'identité de l'écrivain. Mais au moins sont-elles certaines que le biographe positiviste, qui gave son étude de faits dûment estampillés, est condamné, lui, à ne rien saisir du tout... Pour la mémoire, la date compte peu, le plus lointain est souvent le plus proche, le vrai et le faux sont également mémorables. «La vie, avait écrit Virginia, existe plus pleinement dans ce qui passe pour insignifiant.»
Soixante-trois ans après son suicide, on a encore peur de Virginia Woolf, remarquent Geneviève Brisac et Agnès Desarthe, qui se sont penchées sur les textes de l'écrivaine anglaise (1882-1941) avec lucidité et passion. A deux voix, elles tentent d'élucider le mystère de cette femme et de cette oeuvre inclassable où cohabitent la pensée la plus abstraite et l'éblouissement visionnaire...
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