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La presse quotidienne nationale : fin de partie ou renouveau ?

Couverture du livre La presse quotidienne nationale : fin de partie ou renouveau ?

Auteur : Patrick Eveno

Date de saisie : 30/04/2008

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Vuibert, Paris, France

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-7117-1479-7

GENCOD : 9782711714797

Sorti le : 09/04/2008


  • La présentation de l'éditeur

La presse parisienne, qui fut un temps la plus puissante du monde, est contestée et en crise : France-Soir, L'Humanité, Libération et La Tribune se battent pour leur survie, Le Figaro et Le Monde sont dans un équilibre précaire, Les Échos et d'autres titres sont vendus à l'encan.

Crise de la presse, crise de l'information, crise du journalisme, les diagnostics se succèdent face à la recomposition du paysage médiatique. La presse quotidienne nationale, menacée par l'émergence des gratuits et d'Internet, est particulièrement touchée par cette mutation. Dans tous les pays du monde, la restructuration est en marche, mais la crise de la presse quotidienne française est plus grave qu'ailleurs, parce que ses racines sont plus anciennes. Pourtant, les quotidiens sont essentiels à l'information des citoyens. Aussi, cet ouvrage invite lecteurs, patrons de presse et journalistes à comprendre comment nous sommes arrivés à cette situation et comment il est possible d'inverser la tendance.

Patrick Eveno, agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Historien spécialiste de la presse et des médias, il enseigne également à l'École supérieure de journalisme de Lille et à l'Institut pratique de journalisme. Membre du comité de rédaction de la revue Médias, il a notamment publié L'Argent de la presse des années 1820 à nos jours (Éditions du CTHS, 2003) et Histoire du journal Le Monde, 1944-2004 (Albin Michel, 2004).





  • La revue de presse Pascale Santi - Le Monde du 18 avril 2008

Le nombre de titres a chuté de 142 en 1950 à 70 en 2003, tel est le constat de Patrick Eveno, historien, spécialiste de la presse et des médias, auteur du livre La Presse quotidienne nationale, fin de partie ou renouveau ?, qui retrace l'histoire de la presse, des grands groupes, depuis leur origine...
Face à la baisse des recettes publicitaires, la PQN doit trouver un nouveau modèle économique, forcément lié au Web. Car, si les ventes des quotidiens reculent, leur audience progresse au regard de la forte croissance des sites Internet des journaux. Tout en étant un ardent défenseur de la presse, nécessaire outil de la démocratie, Patrick Eveno martèle qu'il faut "accepter d'affronter les réalités, faute de quoi la PQN continuera de dépérir". Et Patrick Eveno de conclure, un brin provocateur, que c'est en s'occupant du "client" que la presse s'en sortira...



  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos :

Lorsque, il y a plus d'un siècle et demi, Honoré de Balzac écrit sa Monographie de la presse parisienne, un petit pamphlet à destination des élites politiques, littéraires et médiatiques de la capitale, il a l'ambition de décrire une force naissante, tout en stigmatisant ses travers : «Tel est le dénombrement des forces de la presse, le mot adopté pour exprimer tout ce qui se publie périodiquement en politique et en litté­rature, et où l'on juge les oeuvres de ceux qui gouvernent et de ceux qui écrivent, deux manières de mener les hommes. Vous avez vu les rouages de la machine ; quant à la voir fonctionnant, ce spectacle est un de ceux qui n'appartiennent qu'à Londres et à Paris ; en dehors de Paris, on en sent les effets, mais on n'en comprend plus les moyens. [...] Aujourd'hui, cette maladie chronique de la France s'est étendue à tout. Elle a soumis à ses lois la justice, elle a frappé de terreur le législateur, qui, peut-être, eut regardé la publicité [au sens de rendre public] comme un supplice plus cruel que toutes ses inventions pénales. Elle a soumis la Royauté, l'industrie privée, la famille, les intérêts ; enfin, elle a fait de la France entière une petite ville où l'on s'inquiète plus du qu'en-dira-t-on que des intérêts du pays.» Dans cet opuscule à charge, le romancier décrit à sa manière, celle de La Comédie humaine, la vie des hommes dans l'exercice de leurs fonctions sociales. S'il fait mouche avec des formules telles que «Si la presse n'existait pas, il faudrait ne pas l'inventer» ou «On tuera la presse comme on tue le peuple, en lui donnant la liberté», il n'est pas toujours le meilleur guide pour analyser la presse. En effet, la liberté n'a pas tué la presse, c'est plutôt le carcan qui la fait dépérir. Et si la presse n'existait pas, il faudrait d'urgence l'inventer, car elle seule peut apporter quelque consistance à une démocratie de moins en moins représentative et de plus en plus centrée sur l'image.

L'ambition de ce livre est du même ordre, mais plus que les individus, ce sont les oeuvres collectives que je souhaite disséquer : les journaux, les groupes sociaux et les institutions qui ont donné sa physionomie actuelle à la presse parisienne. En effet, si les journaux sont souvent incarnés par des hommes, un quotidien demeure une oeuvre collective qui dépasse largement ses créateurs et acteurs, aussi illustres soient-ils. C'est devenu un lieu commun, la presse quotidienne française est en crise : France-Soir est moribond, L'Humanité et Libération se battent pour leur survie, Le Figaro et Le Monde sont dans un équilibre précaire, Les Échos et La Tribune changent de mains, etc.


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