Le dix-huit brumaire : l'épilogue de la Révolution française : 9-10 novembre 1799 / Passion du livre
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.. Le dix-huit brumaire : l'épilogue de la Révolution française : 9-10 novembre 1799

Couverture du livre Le dix-huit brumaire : l'épilogue de la Révolution française : 9-10 novembre 1799

Auteur : Patrice Gueniffey

Date de saisie : 03/04/2008

Genre : Histoire

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Les journées qui ont fait la France

Prix : 24.00 €

ISBN : 978-2-07-012032-1

GENCOD : 9782070120321

Sorti le : 03/04/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Le 18 Brumaire est le commencement et la fin d'une histoire ; il marque l'accession au pouvoir de Bonaparte et l'épilogue provisoire d'une Révolution française qui n'en finit pas de s'achever. Depuis 1789, elle a parcouru tout le cycle des formes politiques connues pour s'enliser dans une impasse dont elle ne sait plus comment sortir : la République, souillée par la Terreur, est devenue impossible ; la monarchie, synonyme de contre-révolution, l'est autant.
C'est donc au général corse, devenu un héros national sur les champs de bataille, qu'il revient de l'en sortir : fils de la Révolution, il en incarne la gloire militaire sans avoir à en assumer les excès ; né à la périphérie du royaume, il a assez de proximité avec ses compatriotes pour comprendre les passions révolutionnaires et assez de distance pour ne pas y succomber. Lui seul paraît capable de réconcilier les deux peuples et les deux histoires que la Révolution a séparés. Mais pour comprendre la réussite de son coup d'audace, dont ce livre restitue le cours haletant, c'est le régime du Directoire, ses incuries et son échec, que l'auteur interroge aussi à frais nouveaux.
Brumaire est un vrai coup d'État, mais singulier : sans violence ou presque, sans victimes, sans proscrits, entouré d'un consentement tel qu'il sera longtemps considéré comme une élection que les circonstances avaient privée des formes légales. Et même s'il inaugure un régime plutôt éphémère, l'irruption de Bonaparte dans l'histoire révolutionnaire imprimera durablement sa marque sur notre légendaire national et l'esprit de nos institutions.

Patrice Gueniffey, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, est l'auteur notamment de Le Nombre et la raison. La Révolution française et les élections (1993) et de La Politique de la Terreur (2000).





  • La revue de presse Jacques de Saint Victor - Le Figaro du 17 avril 2008

Cette journée - ou plutôt ces deux journées car, comme chacun sait, tout se déroule sur deux jours, le 18 et 19 Brumaire - marque un tournant majeur dans l'histoire de France. Aussi s'inscrit-elle à juste titre dans la brillante collection des «Journées qui ont fait la France» dont Gallimard poursuit la publication...
L'auteur, qui s'était fait remarquer jadis par ses analyses sur la Révolution française, en particulier la meilleure étude qui soit sur la Terreur (Politique de la Terreur, 2000), reprend avec finesse le dossier pour en donner une interprétation totalement neuve. Il ne tombe pas dans le travers de certains qui, pour briller, forcent l'analyse interprétative au point de perdre le lecteur...
Il est dommage que ce genre d'analyses soit devenu aujourd'hui si rare. Aussi faut-il saluer ce très bel essai, écrit dans une langue admirablement juste. Autant de raison pour se précipiter sur cette grande Journée.



  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos :

Le 18 Brumaire occupe une place à part dans la galerie des coups d'État. Il présente la singularité d'avoir eu peu de détracteurs mais beaucoup d'admirateurs. Cette indulgence doit d'abord au peu d'estime - c'est un euphémisme - dont a toujours souffert le régime du Directoire auquel Brumaire met fin ; à la personnalité flamboyante de son auteur et principal bénéficiaire ; enfin, et peut-être surtout, au fait que ce coup d'État, à la différence de tant d'autres, ne provoqua ni morts ni proscriptions. Le contraste n'est pas seulement saisissant avec la plupart des coups d'État qui vont suivre, il l'est plus encore avec les «journées» révolutionnaires qui l'ont précédé.
Une telle mansuétude, s'indignait Edgar Quinet, procède d'une supercherie, d'une falsification historique sciemment perpétrée par les instigateurs mêmes de cette authentique usurpation du pouvoir et qui a consisté à dater du 18 un événement qui, en réalité, eut lieu le lendemain :

Le dernier jour de la Révolution devrait porter la date du 19 et non pas du 18 brumaire, comme cela a passé en usage. Chaque événement ne porte-t-il pas le nom du jour où le grand coup a été porté ? Pourquoi donc ici cette exception unique ? L'événement, était-ce [...] le décret de translation à Saint-Cloud ? Est-ce là vraiment tout ce que rappelle l'époque dont je parle ? Non évidemment. Mais il fallait attacher les yeux de l'histoire sur les préliminaires, et les éloigner du lendemain. [...] Il entrait dans le système de faire croire qu'il n'y avait eu aucune violence, que la force n'avait été que la conséquence des décrets réguliers des assemblées qui, seules, devaient rester chargées de cette date. Voilà l'intention secrète de la surprise faite à l'histoire. Napoléon lui a commandé d'antidater l'événement; elle a obéi [...]. Si l'on eût appliqué un art et une chronologie de ce genre à d'autres époques, il n'y aurait pas une journée de violence dans la Révolution. On n'aurait eu qu'à prendre pour date la veille de chaque événement, au lieu du jour même.

Quinet a raison mais, il faut l'avouer, il cédait souvent à la paranoïa dès qu'il était question de Napoléon. D'ailleurs, il impute à celui-ci la paternité d'un genre de supercherie qui n'était pas de son invention. Ne parle-t-on pas aujourd'hui encore du 31 mai 1793 pour désigner l'expulsion des Girondins de la Convention nationale, alors que celle-ci se produisit le 2 juin ? Il ne faut pas non plus prendre trop au sérieux Quinet quand il évoque les violences du 19 brumaire. Il les exagère. Si, le 18, il ne se passa rien ou presque - le Conseil des Anciens investit Bonaparte du commandement des troupes et trois des cinq membres du Directoire exécutif démissionnent, deux volontairement, le troisième contraint et forcé -, la journée du 19 brumaire ne fut guère plus exaltante. L'événement, autrement dit, manque d'intensité dramatique : pas un coup de fusil, pas une décharge d'artillerie, pas un blessé, pas un mort, pas une goutte de sang. Juste quelques cris et une bousculade.


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