Auteur : Alan Tennant
Traducteur : Jacques Mailhos
Date de saisie : 05/05/2008
Genre : Nature, Animaux
Editeur : Gallmeister, Paris, France
Collection : Nature writing
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-35178-017-6
GENCOD : 9782351780176
Sorti le : 02/05/2008
Alan Tennant est né au Texas. Après avoir enseigné la littérature, devenu un infatigable voyageur autour du monde, il organise régulièrement expéditions et conférences. Il est l'auteur de plusieurs livres sur la nature et la vie sauvage. Son best-seller En vol fait partie des cent meilleurs livres de l'année 2004 sélectionnés par la presse américaine.
EN VOL
Aux commandes d'un antique Cessna, un jeune naturaliste téméraire et un pilote vétéran de la Seconde Guerre mondiale décident de suivre la migration d'un faucon pèlerin à travers l'Amérique. Ce périple inédit les entraînera du golfe du Mexique aux confins de l'Arctique et ne manquera pas de mettre leur vie en danger : après avoir dérobé du matériel militaire, s'être fait arrêter par la police et menacer par des trafiquants de drogue, les deux hommes ne reviendront pas indemnes de leur épopée.
Carnet de voyage autant que récit d'aventures picaresques, En vol est aussi un conte fascinant sur la poursuite d'un rêve. Les droits cinématographiques de ce livre, unanimement salué lors de sa sortie aux États-Unis, ont été acquis par Robert Redford.
Traduit de l'américain par Jacques Mailhos
Ce récit simple et honnête se transforme graduellement en une histoire complexe qui fait le lien entre les origines de la vie et un futur incertain [...] En vol révèle la nature véritable de notre planète. La parabole de Tennant nous incite à trouver la force et le courage de nous replacer dans le contexte du monde tel qu'il est vraiment. Nous avons la même origine que ces faucons et, également marqués par le poison de la civilisation, nous avançons vers la même destinée. La seule différence réside dans le chemin que nous emprunterons.
THE NEW YORK TIMES BOOK REVIEW
Tennant nous enferme dans un Cessna brinquebalant, piloté par un ancien cascadeur septuagénaire, et nous entraîne dans les airs pour partager sa quête obsessionnelle et écervelée, périlleuse et souvent illégale. [...] Un conte enivrant, hilarant et édifiant.
LOS ANGELES TIMES
En vol se lit comme une version aérienne de Sur la route.
DALLAS MORNING NEWS
C'est comme si Hunter S. Thompson se prenait de passion pour des oiseaux en voie de disparition.
SCIENCE NEWS
Equipiers
TRAÎNANT DERRIÈRE LUI LES BIPS RÉGULIERS du petit émetteur fixé à la base de sa queue, notre faucon pèlerin femelle s'était installé provisoirement sur la plage de la barrière de dunes de Padre Island. Cela faisait deux semaines que ce rapace de la toundra, chasseur des terres arides né dans l'Arctique, faisait des va-et-vient de plus en plus aléatoires entre les îles de la côte du Texas, apparemment peu désireux de quitter ces flats battus par le vent pour la verdure étrangère du continent. Mais aujourd'hui, le flux d'air tropical printanier qui soufflait du golfe du Mexique l'avait porté vers le nord et, après avoir obliqué pour longer la côte une dernière fois, il glissa vers le continent et s'éloigna de la mer.
- Elle migre, cria Janis Chase, l'attachée militaire chargée de notre suivi radio. Je crois qu'elle est en route !
À deux mille pieds d'altitude, sur le siège arrière de notre monomoteur Cessna Skyhawk, je regardais les dunes de la côte laisser place à de vastes prairies, et petit à petit je pris conscience de l'importance de ce que nous étions en train de vivre. Sans compagnon, guidée seulement par la mémoire ancestrale qu'elle portait en elle, notre vaillante petite pèlerine était en train de jouer son destin. L'intensité vitale de l'entreprise dans laquelle cette minuscule tache, là-bas, s'était engagée avec détermination, avait de quoi nous rendre très humbles. Rien à voir avec l'idée abstraite de la migration telle que je me l'étais imaginée. En ce matin baigné de soleil, elle venait de lancer la dernière once de volonté, la dernière étincelle d'énergie dont elle disposait dans cette course pour rentrer chez elle. J'essayais d'imaginer ce qui pouvait se cacher derrière ses yeux farouches. Une sorte de vision intérieure, sans doute : un rebord de falaise enfoncé au-dessus de la toundra, avec les détails précis et familiers, non revus depuis très longtemps, de la roche et de l'à-pic. Des sons aussi, peut-être : le sifflement du vent arctique ou, dans l'air immobile, un chant d'oiseau, des corbeaux qui croassent ou les cris des buses pattues qui nichent dans les parages. Personne ne saurait jamais ce qu'elle pensait en cet instant, mais il était clair que, sous nos yeux, quelque chose venait de prendre brutalement vie dans la tête de ce faucon pour devenir la force motrice de tout son être.
À l'époque, au milieu des années 1980, on pensait qu'elle filerait au nord-ouest depuis le Texas pour traverser les Rocheuses par les cols de haute altitude avant de remonter vers le nord par la dorsale de la faille continentale. Mais elle seule connaissait le trajet qu'elle allait vraiment suivre, elle seule savait où celui-ci la mènerait. Et elle seule savait si ce concentré de volonté - l'énergie qui la propulsait actuellement à un kilomètre et demi par minute - suffirait à la mener à bon port. Suffirait à la soutenir, à la maintenir dans les airs pour parcourir le tiers de planète qui la séparait de son but, plus au nord ; pour la déposer, d'ici peut-être quelques semaines, sur les schistes charbonneux escarpés de l'Arctique. Là-bas, à plus de quatre mille cinq cents kilomètres de cette plaine texane humide, un jour, vers la fin du printemps, la falaise où elle était venue au monde pourrait de nouveau apparaître sous ses ailes.
- C'est bon, lança Chase à notre pilote, George Vose. J'ai mon vecteur de départ, on n'a pas besoin de plus, on décroche.
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