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Le prestige des professions et ses failles

Couverture du livre Le prestige des professions et ses failles

Auteur : Régine Bercot | Alexandre Mathieu-Fritz

Date de saisie : 29/04/2008

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Hermann, Paris, France

Collection : Société et pensées

Prix : 24.50 € / 160.71 F

ISBN : 978-2-7056-6724-5

GENCOD : 9782705667245

Sorti le : 18/04/2008


  • La présentation de l'éditeur

Il est des activités professionnelles qui sont auréolées d'un véritable prestige et d'autres qui sont dévalorisées de multiples façons. Afin de rendre compte des processus de construction et de valorisation symboliques des groupes professionnels, les auteurs portent leur attention sur des groupes appartenant aux classes moyennes supérieures. Ces derniers présentent la particularité de subir différentes formes de dévalorisation, alors que, intuitivement, on pourrait considérer qu'ils devraient bénéficier d'une image d'ensemble plutôt positive, en corrélation avec leur position socio-économique relativement élevée. Être en haut ou en bas de l'échelle sociale ne suffit pas ainsi à expliquer la nature des représentations sociales.
En s'appuyant principalement sur des données empiriques issues de plusieurs de leurs recherches (sur les huissiers de justice et les chirurgiens) et en reprenant les résultats d'enquêtes déjà réalisées (sur les sociologues) qu'ils complètent, Régine Bercot et Alexandre Mathieu-Fritz cherchent notamment à identifier les diverses causes des représentations négatives associées aux groupes professionnels, et à observer comment celles-ci émergent lors des interactions sociales et servent de support à leurs différents protagonistes, comment les professionnels tentent, via leurs organismes de représentation, de les modifier et, enfin, comment des individus en viennent à exercer les activités auxquelles elles sont associées.

Régine Bercot est Professeur de sociologie à l'Université de Paris-8, chercheur au laboratoire Genre, Travail, Mobilités (G.T.M.). Alexandre Mathieu-Fritz est Maître de conférences en sociologie à l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée et chercheur au sein du Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (L.A.T.T.S.). Tous deux sont spécialisés en sociologie du travail et des professions.



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  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Les professions classiques ont un pouvoir d'attraction remarquable non seulement auprès des différents métiers, mais aussi auprès de toutes les couches de la population. Tous les sondages d'opinion publique concernant les échelles de prestige des métiers l'attestent avec la plus grande clarté et ce pratiquement dans tous les pays du monde. Les professions ont un prestige immense. Dans ces échelles viennent toujours en tête des métiers intellectuels, qu'ils aient ou non toutes les caractéristiques attribuées officiellement aux professions classiques, qu'ils aient ou non le statut officiel des professions tel que celui des avocats ou celui des médecins. Aussi peut-on se poser la question, dans le cadre des sondages d'opinion publique, de savoir si les professions ne sont valorisées qu'en tant qu'elles sont des métiers intellectuels par opposition au travail manuel. Ce phénomène de valorisation des métiers intellectuels est bien trop ancien et bien trop connu pour qu'on ait besoin d'y insister ici. D'autre part, on constate que c'est la profession médicale qui presque toujours se détache le mieux dans les échelles de prestige. Ceci peut s'expliquer par le fait suivant : non seulement les médecins exercent un métier intellectuel, mais encore le font-ils dans un domaine qui touche au plus profond des hommes : les médecins sont ceux qui peuvent sauver de la maladie et de la mort. Ils sont ces gens à qui on est obligé défaire confiance, à qui on est obligé de confier sa vie sans recours. Ils apparaissent comme des sortes de sorciers modernes auréolés des mystères de la science et de la mort. Ce qui vient d'être dit pour les médecins pourrait l'être, en transposant bien entendu, pour les avocats, et d'une manière plus générale peut-être pour toutes les professions juridiques. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir simplement du décorum et des rites de nos palais de justice.» Georges Benguigui (1972, p. 104).
Il est des groupes professionnels qui ont bonne presse et d'autres qui sont dévalorisés de multiples façons. De manière plus ou moins durable, certaines activités «ont la cote» auprès d'une large majorité d'acteurs sociaux, en raison des diverses formes de savoirs qu'elles mobilisent, des enjeux importants qu'elles recouvrent et, plus profondément, des valeurs qui sont censées être défendues dans le cadre de chacune de leurs réalisations. L'activité médicale, comme le rappelle ici Georges Benguigui, en constitue l'exemple archétypique, car elle protège et améliore significativement la vie des malades, en visant leur guérison ou, à tout le moins, leur mieux-être physique et psychologique. Plus généralement, nous noue montrons prompts à reconnaître l'utilité d'un très grand nombre d'activités professionnelles, en indiquant, à l'occasion, qu'«il n'y a pas de sot métier...». Au-delà de cette vision relativiste de sens commun - et bien souvent de façade -, nous entretenons, toutefois, une vision hiérarchique de la valeur sociale de différentes activités professionnelles, valeur qui détermine le rang de ces dernières dans une échelle de prestige. Ainsi, tendanciellement, des activités sont jugées plus prestigieuses que d'autres et les hiérarchisations internes aux divers mondes du travail sont prégnantes.


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