Passion du livre - tout sur le livre : Critique, n° 731

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Critique, n° 731

Couverture du livre Critique, n° 731

Date de saisie : 12/04/2008

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Minuit, Paris, France

Prix : 11.00 € / 72.16 F

ISBN : 978-2-7073-2040-7

GENCOD : 9782707320407

Sorti le : 03/04/2008


  • La présentation de l'éditeur

Pourquoi les artistes modernes et contemporains ont-ils, aussi obsti­nément, exploré et utilisé les ressources de l'empreinte, cette façon en quelque sorte préhistorique d'engendrer les formes ? - En quoi le jeu, apparemment si simple, de l'organe (la main...), du geste (enfon­cer...) et de la matière (le plâtre...) accède-t-il à la complexité d'une technique et d'une pensée de la «procédure» ? - En quoi cette tech­nique, qui d'abord suppose le contact, transforme-t-elle les condi­tions fondamentales de la ressemblance et de la représentation ? - À quel genre d'érotisme ce travail du contact donne-t-il lieu ? - Quelle sorte de mémoire et de présent, quelle sorte d'anachronisme l'em­preinte propose-t-elle à l'histoire de l'art aujourd'hui ? À ces questions le présent essai tente de répondre en retraçant une histoire synoptique de l'empreinte, mais aussi en modifiant nos façons habituelles de regarder l'image dans sa singularité : depuis le modèle optique, voire métaphysique, de l'imitation obtenue vers celui, tactile et technique, de son travail en acte. Cela pour modifier nos façons habituelles de comprendre chaque oeuvre d'art - celle de Marcel Duchamp prise ici comme cas exemplaire - dans son histori­cité : depuis le modèle déductif qui peut nous faire imaginer un mou­vement de «progrès» du modernisme au postmodernisme, vers un modèle plus complexe qui tient compte des intrications de tempora­lités hétérogènes dont toute image est faite.





  • Les premières lignes

Un traité politique pour nos nouvelles civilités

Pierre Rosanvallon
La Contre-démocratie
La politique à l'âge de la défiance
Paris, Éd. du Seuil, 2006, 346 p.

Dans cet ouvrage au titre stimulant, Pierre Rosanvallon livre une réflexion théorique sur la démocratie française contemporaine. Il complète ainsi le travail entrepris depuis les années 1990, à savoir la volumineuse généalogie de la démocratie en France et le diagnostic sévère sur la situation nationale quant aux relations entre l'État et la société civile, supposées régies par le jacobinisme entendu comme excès de «généralité». Et il assume les conséquences de l'ambition méthodologique d'une «histoire conceptuelle du politique» qui conjugue l'examen des pratiques, l'analyse des discours et l'interprétation des constructions théoriques. La trilogie fondatrice, le point a été souvent noté, débutait par le «sacre du citoyen» et s'achevait par le constat que la démocratie était «inachevée», du fait que le peuple était «introuvable». En d'autres termes, la généalogie de la démocratie française arrive à la conclusion que le principe de souveraineté démocratique, à savoir la volonté populaire, se situe au terme de son histoire moderne en non-coïncidence avec lui-même. Partout affirmé dans les textes que le régime républicain produit sur lui-même, placé au coeur de toutes les pratiques rituelles et protocolaires, dans les faits le «peuple» est absent des lieux qui sont censés produire son avènement.

Situation contemporaine de la démocratie

Le constat dressé par Pierre Rosanvallon n'est pas isolé. Notre situation intellectuelle correspond en effet à une certaine déception vis-à-vis de la démocratie, eu égard aux promesses qu'elle recelait à l'issue des transformations du monde liées à la chute du Mur. Une telle déception n'est pas sans lien avec la crise de la notion de représentation. Coeur du principe démocratique moderne ou occidental, cette dernière joue un rôle équivoque, ainsi que l'ont établi d'excellents travaux : loin d'être une simple traduction de la volonté du peuple, elle transforme littéralement les élus de mandataires en «gouvernants» par le biais d'une montée en généralité. La remise en question actuelle est aussi bien théorique que pratique. Sur le premier plan, on peut relever l'avancée du modèle de «démocratie délibérative» venue des pays de tradition politique anglo-saxonne que l'on retrouve acclimaté au contexte européen - et adapté à sa propre théorie politique - par Habermas. Sur le plan pratique, la récente campagne présidentielle, explicitement par le biais de la candidate socialiste, a mis en avant un modèle de «démocratie participative» qui s'appuyait sur des «débats participatifs» et soulignait la nécessité d'instaurer à divers niveaux de la vie politique des «jurys citoyens». Modèle qui constitue d'ailleurs un modèle possible au milieu de nombreuses autres formes «participatives» qui émergent actuellement dans le vaste espace démocratique. L'analyse de La Contre-démocratie se déploie dans cette perspective d'ensemble et à partir de cette crise de la représentation dont Rosanvallon est conscient depuis longtemps - au moins depuis l'époque de ses travaux dans le cadre de la Fondation Saint-Simon. Or des études récentes attestent du fait que cette crise s'étend bien au-delà de la dimension politique, ou plus exactement sug­gèrent que celle-ci est pensable comme effet de surface de quelque chose de plus profond.


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