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L'impressionnisme

Couverture du livre L'impressionnisme

Auteur : James Henry Rubin

Traducteur : Dominique Lablanche

Date de saisie : 12/04/2008

Genre : Art - Peinture

Editeur : Phaidon, Paris, France

Collection : Art et idées

Prix : 24.95 € / 163.66 F

ISBN : 978-0-7148-9081-4

GENCOD : 9780714890814

Sorti le : 03/04/2008


  • La présentation de l'éditeur

Villes aux rues animées, paisibles paysages campagnards, images enchanteresses d'une classe oisive... les peintures impressionnistes font le bonheur des amateurs d'art du monde entier. Mais, si l'impressionnisme nous paraît aujourd'hui «naturel» et évident, il n'en allait pas de même pour ses contemporains, choqués par le traitement relâché de la peinture et la technique du travail en extérieur. Au mépris du Salon officiel, les impressionnistes créèrent un art, reflet de la vie moderne, qui saisissait la fugacité de l'instant présent.

S'appuyant sur les recherches les plus récentes, James Rubin nous livre une étude fascinante et détaillée de l'impressionnisme. Il replace ce courant artistique dans son contexte philosophique, politique et social ; il analyse la conception baudelairienne du peintre, l'influence du tourisme sur le choix des motifs de Monet, la naissance du marché de l'art et l'impact des idées du XIXe siècle sur le sexe, la race et la criminalité sur l'oeuvre de Degas. Il attire notre attention sur les maîtres reconnus, mais aussi sur des peintres moins célébrés tels que Berthe Morisot ou Mary Cassat, qui s'épanouirent dans un milieu où seules les femmes les plus douées pouvaient réussir. Rubin étudie également l'oeuvre de Cézanne et sa relation au groupe. Enfin, le livre explore l'héritage de l'impressionnisme et l'attrait qu'il continue d'exercer.

James Rubin enseigne l'histoire de l'art à la State University of New York, à Stony Brook. Spécialiste de l'art français du XIXe siècle, on lui doit notamment Courbet dans cette collection, une monographie de Nadar dans la collection 55, ainsi que Realism and the Social Vision in Courbet and Proudhon et Manet's Silence and the Poetics of Bouquets.



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  • Les premières lignes

Théodore Duret écrivait en 1878 que Monet était «le peintre impressionniste par excellence» en raison de son aptitude à capter si promptement de fugaces effets atmosphériques - une opinion généralement partagée encore aujourd'hui. Mais cette qualification ne pourrait sûrement pas être attribuée à des peintres d'intérieurs tels que Degas, et rien ne prouve que Leroy lui-même ait eu l'intention de l'appliquer à tous les peintres de l'exposition. En 1876, dans son essai La Nouvelle Peinture, Edmond Duranty, auteur réaliste et ami de Degas, distinguait les coloristes des dessinateurs, Monet appartenant aux premiers et Degas aux seconds. Le style vif de Monet, avec ses touches brèves et vigoureuses et ses formes fragmentées, style qu'il développa avec Renoir sur le lieu de baignade de La Grenouillère en 1869 (voir 1), devint le langage dominant d'une moitié seulement des peintres de l'exposition. Si, en 1876, Berthe Morisot, Camille Pissarro et Alfred Sisley, peignaient plus ou moins de la même manière, Degas, Giuseppe de Nittis (1846-1884) et Henri Rouart (1833-1912) s'en séparaient nettement.
À l'époque de la troisième exposition, qui eut lieu en 1877 en face de la galerie de Paul Durand-Ruel, rue Le Peletier, le terme d'impressionnisme était d'usage courant, au point que les peintres se demandèrent s'ils n'allaient pas en faire le titre de leur exposition. Cette même année, un écrivain ami de Renoir, Georges Rivière, publia une revue intitulée L'Impressionniste, afin de faire la promotion de l'événement. On notera avec intérêt que plutôt que d'insister sur la technique ou le paysage, Rivière mettait l'accent sur le réalisme historique de tableaux tels que Bal au Moulin de la Galette (voir 109) de Renoir et la Gare Saint-Lazare, arrivée d'un train (voir 71) de Monet, non sans faire remarquer que par leur attention aux couleurs et aux tons, elles se distinguaient des autres types de représentations de la vie moderne. L'année suivante, Degas insista pour que le titre de l'exposition mentionne «Indépendants, réalistes et impressionnistes». Dès le début de leur collaboration, Degas avait pensé faire une exposition indépendante «réaliste», terme qu'il jugeait plus complet, de même que celui de «naturalisme», aux connotations plus scientifiques. Après 1879, un compromis Rit trouvé dans la simple appellation d'Artistes indépendants.


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