Auteur : Isabelle Collombat
Date de saisie : 11/04/2008
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Ed. du Rouergue, Rodez, France
Collection : DoAdo. Monde
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-84156-918-2
GENCOD : 9782841569182
Sorti le : 11/04/2008
Elsa rêve de devenir journaliste photo, d'aller le plus près possible des événements, de témoigner. L'année de son bac, son père lui décroche un poste dans une station de radio. Ce stage, qui débute le 1er avril 1994, va faire basculer sa vie. Car quelques dizaines d'heures plus tard, à six mille kilomètres de là, au Rwanda, des incidents terribles commencent à alerter le monde entier. Depuis la salle de rédaction, pour la première fois de sa vie, elle assiste à l'Histoire en direct. Mais c'est sur le terrain qu'elle voudrait aller. Lorsque Lucie, une journaliste de la radio, est envoyée en reportage dans les camps de réfugiés de Goma, Eisa réussit à embarquer à ses côtés. Elle découvre alors l'horreur du génocide et les difficultés du métier. Car l'enquête que Lucie a décidé de mener va se révéler très dangereuse.
En août 1994, tout juste diplômée de l'École supérieure de journalisme (ESI) de Lille, Isabelle Collombat a collaboré à Radio Gatashya, une radio à vocation humanitaire pour les réfugiés rwandais de Goma. Cette expérience lui a inspiré Bienvenue à Goma, son deuxième roman après Dans la peau des arbres, publié en 2006 dans la collection doAdo.
Été 2006
On dit peu de choses à la radio, ce 3 juillet 2006, de la nouvelle. Pourtant, la cour d'appel de Paris vient de rendre une décision essentielle, fondamentale.
Les magistrats de cette juridiction ont confirmé que le travail mené au Rwanda dix mois plus tôt par la juge d'instruction était valable, qu'elle avait respecté les lois et les procédures en allant recueillir les plaintes de six rescapés rwandais dans leur pays. Bien sûr, on est encore loin du procès. Au moins ces six hommes et femmes qui, début 2005, ont déposé plainte contre X devant le tribunal aux armées de Paris pour complicité de crime contre l'humanité et/ou complicité de génocide sont-ils, pour le moment, assurés que la Justice continue d'enquêter, et c'est déjà énorme.
La télé se tait aussi et il n'y a presque rien dans les journaux. Les médias qui abordent vraiment le sujet se comptent sur une main. Moins qu'une main. Le Monde, Libération, Radio France Internationale. C'est à peu près tout.
On respire, on souffle, on reprend de l'air.
Encore que, dans ce «on», c'est surtout la Justice qui respire, qui souffle, qui reprend de l'air.
Je n'oublie pas les millions de morts, les paquets de victimes, les survivants et toutes leurs familles, et tous leurs proches.
Mais la Justice quand même, les joues rouges, essoufflée, honteuse, mal à l'aise, qui aspire à dire le droit, rien que le droit, et qui saute à cloche-pied, à cause de tous les bâtons qu'on lui jette dans les pattes, la Justice peut continuer son travail. Ce n'est pas rien, ça ne suffit pas, mais c'est déjà ça d'avoir le droit de chercher à savoir.
- Je suis fier de toi, souffle Seán, mon mari, dans le téléphone. Tout ça, c'est grâce à ton cabinet d'avocats, à ton patron qui t'a écoutée, à vos efforts, aux tiens, surtout, depuis toutes ces années.
La bataille a été longue, âpre. Elle est loin d'être finie, et encore moins gagnée. Le sera-t-elle jamais ?
La Justice est autorisée à instruire les plaintes des clients du cabinet pour lequel je suis employée depuis huit ans déjà. J'y suis entrée, à l'époque, juste pour ce combat-là, et d'autres sont venus s'agréger depuis.
Six rescapés rwandais.
Six, ils ont entre vingt-cinq et quarante-neuf ans.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli