Auteur : Fabrice Grenard
Date de saisie : 15/05/2008
Genre : Histoire
Editeur : Payot, Paris, France
Collection : Essais
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-228-90288-5
GENCOD : 9782228902885
Sorti le : 12/03/2008
Le marché noir ne fut pas seulement, comme on le croit, l'oeuvre d'une minorité de profiteurs agissant de mèche avec les Allemands et tirant parti d'une situation de pénurie et de restrictions pour s'enrichir.
Il impliqua au contraire une très large partie de la société française, se généralisa dans tous les secteurs de l'économie et concerna aussi bien Vichy ou les Allemands que la Milice ou la Résistance. Le nombre record de procès-verbaux établis - près de deux millions - souligne d'ailleurs l'ampleur de ce phénomène qui perdura bien après la Libération, jusqu'en 1949. Première histoire globale du marché noir en France, s'appuyant notamment sur les archives inédites du Contrôle économique dirigé par René Bousquet, ce livre en souligne à la fois les enjeux économiques, sociaux et politiques.
Qui profita vraiment du marché noir ? Pourquoi les Allemands changèrent-ils subitement d'attitude sur cette question en 1943 ? Quelles étaient les techniques des trafiquants pour échapper aux contrôleurs et aux policiers ? En quoi la répression du marché noir fut-elle à l'origine de la rupture très précoce du monde paysan avec Vichy ? Comment l'économie parallèle prit-elle la forme, dès 1942, d'un mouvement général de désobéissance à l'autorité ?
Fabrice Grenard, agrégé et docteur en histoire, est chargé de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris
Commander ce livre sur Fnac.com
La France se divisa ainsi entre victimes et profiteurs - encore que les mythes ne correspondent pas toujours à la réalité. Tous les agriculteurs ne bénéficièrent pas de la manne, étant eux-mêmes victimes de pénuries qui les empêchaient d'exploiter leurs terres ; tous les commerçants...ne disposèrent pas des contacts nécessaires pour monter de fructueuses affaires. En revanche, les intermédiaires s'enrichirent, parfois de façon spectaculaire...
La Libération, pourtant, ne marqua pas la fin des privations, signe que la voracité de l'occupant ne constituait pas la cause unique d'une réalité dont Fabrice Grenard restaure, d'une plume alerte, la complexité.
Dans La France du marché noir (1940-1949), Fabrice Grenard entreprend de dissiper ce brouillard. Il s'appuie pour cela sur les sources classiques (littérature, presse, journaux intimes), mais aussi sur les archives récemment ouvertes du Contrôle économique. Alors que le phénomène est habituellement évoqué du point de vue de ceux qui le subissent, il apparaît ici à travers ceux qui le combattent. Le résultat est un éclairage inédit et passionnant sur le quotidien de "la France sous Vichy"...
Au final, sortie de quelques cas spectaculaires, la répression fut assez mesurée, se limitant à "une simple opération de redressement fiscal". Restent les fantasmes, et les rancoeurs : en 1953, alors que des agriculteurs manifestaient par des barrages routiers, de nombreux automobilistes les prirent à partie, "leur reprochant ouvertement d'avoir acheté leurs tracteurs au lendemain de la guerre grâce aux bénéfices réalisés sur le marché noir".
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli