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Histoire du chocolat

Couverture du livre Histoire du chocolat

Auteur : Nikita Harwich

Date de saisie : 09/04/2008

Genre : Guides et conseils pratiques

Editeur : Desjonquères, Paris, France

Collection : Outremer

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-84321-105-8

GENCOD : 9782843211058

Sorti le : 20/03/2008


  • La présentation de l'éditeur

Les origines du cacao sont fabuleuses. Boisson des dieux chez les Mayas et les Aztèques, le chocolat a tôt fait de conquérir la faveur des hommes. Rapporté en Europe par les conquistadors et les missionnaires espagnols, il est entouré d'un halo de mystère et ses vertus réelles ou supposées suscitent une longue polémique.
Le monopole de l'Espagne sur le commerce du cacao éveille les convoitises. Hollandais, Anglais, Français, Portugais en implantent la culture dans leurs possessions du Nouveau Monde, tout en favorisant un fructueux trafic clandestin.
Au XVIIIe siècle, le chocolat n'est encore qu'un produit exotique de luxe. Le XIXe siècle en voit la consécration. Son usage se répand dans toute la société, tandis que la culture du cacaoyer traverse l'Atlantique, gagnant l'Afrique, puis l'Asie et l'Océanie.
La généralisation de sa consommation n'a en rien altéré l'énigmatique pouvoir de séduction de cette friandise, essentielle à l'imaginaire gourmand de nos sociétés.

Nikita HARWICH : Professeur d'histoire et de civilisation de l'Amérique Latine à l'université de Paris X-Nanterre, ancien membre du St. Antony's Collège de l'université d'Oxford, il est l'auteur de nombreux ouvrages et travaux consacrés à l'économie et aux mouvements révolutionnaires d'Amérique du Sud. Il est membre, depuis 2002, de l'Académie Française du Chocolat et de la Confiserie.





  • Les premières lignes

LE CHOCOLAT ET LE MONDE PRÉCOLOMBIEN

LE MYTHE DE QUETZALCÓATL

«Dans l'antique cité toltèque de Tollan régnait Quetzalcóatl, le dieu barbu au visage laid et à la longue tête. Il avait appris à ses vassaux l'art de travailler les pierres vertes que l'on nomme chalchihuites, de fondre l'argent et de faire toutes choses. Il était estimé et tenu par eux comme un dieu. Et il avait des maisons faites de pierres précieuses, d'argent, de coquillages éclatants et de turquoises et d'autres qui étaient faites de plumes multicolores. Et d'aussi loin que de l'Anáhuac, à plus de cent lieues, tous venaient entendre ses commandements. Et l'on disait encore qu'il possédait toutes les richesses du monde en or et en argent et en pierres précieuses et aussi un grand nombre d'arbres de cacao de différentes couleurs que l'on nomme xochicacaóatl ; et les vassaux dudit Quetzalcóatl étaient très riches et ne manquaient de rien. Sous son règne le maïs poussait en abondance et les citrouilles étaient énormes [...]
Mais vint le temps où s'acheva la fortune de Quetzalcóatl et des toltèques. Le magicien Titlacauan, sous la forme d'un vieillard chenu, vint trouver Quetzalcóatl : "Seigneur - lui dit-il - je t'apporte un breuvage qui est bon et enivre celui qui en boit; il t'attendrira le coeur et te guérira et te fera connaître la route de ton prochain voyage au pays de Tlapallan où tu retrouveras la jeunesse." Et Quetzalcóatl but et s'enivra et perdit la tête. Il fit brûler toutes les maisons qu'il avait, faites d'argent et de coquillages et enterrer toutes les choses précieuses au fond des montagnes et dans les ravins des fleuves ; et il transforma les arbres de cacao en une autre espèce d'arbres appelés múzquitl ; et il envoya devant lui toutes les variétés d'oiseaux au riche plumage et prit lentement le chemin de Tlapallan. Il franchit les hautes montagnes ; les pages qui l'accompagnaient périrent de froid. Quetzalcóatl pleura amèrement leur mort. Enfin il arriva au bord de la mer et ordonna la construction d'un radeau fait de serpents [entrelacés] et que l'on nomme coatlapechtli ; et il prit place dans le radeau, assis comme dans une pirogue, et s'en alla sur la mer en direction du soleil levant et l'on ne sait de quelle manière il arriva au pays de Tlapallan...»

Tel est le récit, recueilli par le missionnaire franciscain Bernardino de Sahagún (1499 ? -1590) dans les pages de son Histoire des choses de la Nouvelle Espagne, de la légende toltèque du dieu-roi Quetzalcóatl et de l'âge d'or auquel son nom reste associé. L'arbre de cacao, que l'usage désigne en français sous le nom de «cacaoyer», y occupe une place de tout premier plan et consacre la valeur symbolique de cette plante ainsi que le caractère mythologique de ses origines.

LE BERCEAU DE «L'ARBRE AUX CABOSSES»

Le cacaoyer, pourtant, ne semble pas provenir des terres basses et chaudes de l'Amérique Centrale. Sa culture s'y était certes déjà développée bien avant l'arrivée des Espagnols, mais au terme d'une série d'étapes que l'archéologie, l'ethnologie et la botanique ont encore du mal à cerner avec exactitude. L'hypothèse la plus généralement admise situe le berceau naturel de l'arbre dans les forêts tropicales de l'Amérique du Sud, plus exactement dans la région du Haut-Orénoque et du bassin amazonien.


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