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Châteaux de France

Couverture du livre Châteaux de France

Auteur : Jacques Dubois

Illustrateur : photographies de Roland Beaufre

Date de saisie : 05/04/2008

Genre : Arts

Editeur : Chêne, Paris, France

Collection : Visite privée

Prix : 39.90 € / 261.73 F

ISBN : 978-2-84277-831-6

GENCOD : 9782842778316

Sorti le : 26/03/2008


  • La présentation de l'éditeur

Un manoir à pan de bois posé dans la campagne près de Rouen, la nostalgique propriété de la décoratrice Madeleine Castaing le château de la manufacture de Baccarat en Lorraine, un authentique château de famille dans le Limousin, une propriété en Sologne dont le décor puise aux sources du goût Napoléon III, une merveilleuse bastide provençale, le château de Roger Vivier dans le Périgord...
Le photographe Roland Beaufre et le journaliste Jacques Dubois invitent à la découverte de châteaux de charme où l'on vit «comme dans des maisons».
Meublés dans l'esprit médiéval ou dans le style des Lumières, résolument XIXe siècle ou très contemporain, ils sont des modèles de goût et témoignent de l'appropriation d'un lieu par des hommes et des femmes passionnés et amoureux de belles demeures.

Photographe de réputation internationale spécialisé dans le domaine de la décoration et de l'Art de Vivre, Roland Beaufre collabore depuis 1978 à de nombreux magazines internationaux parmi lesquels World of Interiors et Maison Française. Au Chêne, il est l'auteur de Style Colonial (1999) et du Dictionnaire des styles décoratifs (1997). Il a également signé Dernier exil à Tanger (2007, Editions du Regard), Paris des hommes (2006, Minerva), Voyage dans le Maroc juif (2003, Somogy), Extravagances (2001, Flammarion), Intérieurs Marocains (1995, Taschen) et Les goûters de Garance (1994, Éditions du Regard).

Journaliste spécialisé dans l'architecture, les arts décoratifs et les jardins, Jacques Dubois collabore à divers titres de la presse culturelle, de décoration ou d'art de vivre (Maison française, Connaissance des Arts, la Gazette de l'Hôtel Drouot...). Au fil de nombreux reportages dans les provinces françaises, il a particulièrement parcouru la Normandie et livré de nombreux sujets et numéros spéciaux sur les châteaux de cette région avec les photographes Roland Beaufre et Sophie Lloyd.





  • Les premières lignes

La Petite Malmaison

Cet étonnant château a été construit autour des salons de l'ancienne serre chaude de l'impératrice joséphine.

On a peine à imaginer que cet incroyable domaine se trouve à quelques kilomètres seulement du coeur historique de Paris, d'autant qu'il a échappé de peu à l'étranglement auquel le promettait un vaste projet autoroutier... Le château que l'on voit aujourd'hui a été construit au début du XVIIIe siècle, pour un conseiller au parlement de Paris. Joséphine Tascher de La Pagerie, veuve du vicomte de Beauharnais et fraîchement devenue citoyenne Bonaparte, l'achète sans un sou vaillant, ou presque, le 21 avril 1799, alors que son mari est parti conquérir l'Egypte. Les premiers travaux sont entrepris par Percier et Fontaine en janvier de l'année suivante. Dès lors, Joséphine n aura de cesse que d'accroître et d'embellir son magnifique domaine. Dépensière et frivole (elle possède des centaines de robes, aime le luxe, l'exotisme, les animaux rares...), elle dispose de réels moyens pour la première fois de son existence. Devenue impératrice, Joséphine séjourne assez peu à la Malmaison, dont elle surveille pourtant de près les agencements. Achevés en 1805, les travaux de construction de la grande serre chaude nécessaire pour acclimater les espèces rares qui lui rappelleraient sa terre natale avaient commencé dès 1803. Ils avaient alors été confiés à Morel, mais l'architecte fut bientôt remplacé par Thibault et Vignon, qui achèvent le chantier avant de livrer une seconde serre, froide cette fois-ci. Il faut bien avoir à l'esprit la prouesse technologique que la première serre pouvait représenter pour l'époque : elle offrait la plus vaste superficie, la plus grande surface vitrée et le volume le mieux chauffé jamais construits jusqu'alors. Le voyageur Bonpland est chargé de collecter pour l'impératrice des raretés botaniques pendant que le fameux Pierre Joseph Redouté peint pour elle ses roses les plus précieuses. En 1804-1805, un bâtiment est construit par Berthault et adossé à la grande serre chaude, dont le salon central n'est semble-t-il aménagé qu'en 1807. Comme à l'accoutumée, les mêmes fournisseurs sont sollicités : la maison Jacob-Desmalter pour l'ameublement, Thomire pour les bronzes...
Depuis que cette serre a été détruite, dès 1827, les anciens salons construits pour Joséphine ont été intégrés à un château dit de la Petite Malmaison. Dans la partie d'origine de celui-ci (miraculeusement demeurée intacte), ils apparaissent comme un témoignage insigne du goût de l'impératrice Joséphine pour les équipements et fabriques dont elle n'a cessé d'orner sa propriété. Car la Malmaison d'alors ne se limitait pas aux quelques hectares qui constituent l'actuel musée et le domaine national. En y additionnant ceux (aujourd'hui privés) de la Petite Malmaison, on serait encore loin du compte. À son apogée, la propriété a atteint quelque 400 hectares. Le divorce de Joséphine d'avec l'Empereur, prononcé le 15 décembre 1809, n'a d'ailleurs en rien freiné le formidable accroissement de la Malmaison, puisqu'en 1810 l'achat du château de Bois-Préau est venu augmenter les terres de celui de Buzenval.
Le 29 mai 1814, Joséphine meurt à la Malmaison des suites d'un refroidissement. Le domaine échoit à son fils Eugène de Beauharnais.
Aujourd'hui, la Petite Malmaison est une sorte d'enclave heureuse, parenthèse assez anachronique, située au coeur de l'ancien domaine de Joséphine vendu par lots. Si la «Grande» Malmaison a été sauvée grâce à l'action philanthropique du financier Daniel Osiris Iffla en 1896-1904, c'est à l'un de ses richissimes homologues que la «Petite» Malmaison doit son sauvetage.
En effet, dès la Restauration, Jonas Philippe Hagerman (1774-1839) a procédé aux premières modifications des constructions qui bordaient la grande serre chaude de l'impératrice. Puis a été construite une aile néoclassique. En 1949 arrivent les Czarnecki, entreprenants aristocrates polonais ayant dû fuir le communisme. Leur fortune - hélas - leur permet tout juste aujourd'hui de maintenir en état ce fabuleux patrimoine, dont l'un des charmes essentiels tient aussi à ce qu'il soit toujours habité.


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