Carnet érotique : Rodin / Passion du livre

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.. Carnet érotique : Rodin

Couverture du livre Carnet érotique : Rodin

Auteur : Auguste Rodin

Date de saisie : 09/04/2008

Genre : Arts

Editeur : Chêne, Vanves, France

Prix : 19.90 €

ISBN : 978-2-84277-860-6

GENCOD : 9782842778606

Sorti le : 09/04/2008

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Cette précieuse petite collection de Carnets érotiques met en valeur toute la sensualité des dessins ou des tableaux les plus intimes de Rodin.

Souvent controversées à leur époque, certaines de ces oeuvres restent provocantes encore aujourd'hui.

Magnifique livre-objet qui reprend la forme d'un carnet de dessins, fermé par un ruban de coton, et dans lequel une quarantaine des plus jolis dessins érotiques de Rodin sont reproduits.

«La dimension sexuelle de l'oeuvre de Rodin, particulièrement visible dans ses dessins a fait l'objet d'une sorte de censure. On s'est en effet longtemps interdit la publication des dessins conservés au musée Rodin. A l'évidence, on considérait qu'ils risquaient de nuire à l'aura acquise par ses marbres et ses bronzes, dont l'érotisme, pourtant patent, pouvait sembler suffisamment adouci par un voile de mythologie et de symbolisme. Les dessins érotiques - quelques centaines sur environ huit mille - sont parmi les plus réussis de Rodin. Ils doivent leur qualité exceptionnelle à l'expression d'une sensualité émanant tantôt de moment d'intimité tantôt de poses d'une lascivité débridée... Dans nombre de dessins au crayon et /ou à l'aquarelle présentés dans cet ouvrage, que Rodin exécuta alors qu'il était déjà âgé, l'artiste est parvenu a un équilibre parfait entre une intimité délicate et une dimension intérieure.» Extrait du texte de Norbert Wolf

Carnets Erotiques de Auguste Rodin inaugure avec Carnets Erotiques de Henri Matisse une collection de très jolis livre-objet. Prenant la forme d'un carnet de dessins, fermé par un ruban de coton, une quarantaine de dessins érotiques sont à chaque fois reproduits. On retrouve ici les plus intimes de Rodin. Souvent controversées à leur époque, certaines de ces oeuvres restent provocantes encore aujourd'hui.

Auguste Rodin est né le 12 novembre 1840, à Paris, et mort à Meudon, le 17 novembre 1917. Tout jeune, il impose sa vocation artistique à son père et entre à l'Ecole impériale. Refusé aux Beaux-Arts, il devient maçon statuaire et fait de la mise au point, dégrossit les marbres, les pierres, réalise des ornements des bijoux chez un orfèvre. En 1864, il rencontre Rose Beuret qui partagera sa vie jusqu'à sa mort, et dont il a un fils, Auguste. Les années 1880 marquent le début d'une production foisonnante où il exalte à la fois la volupté, la sensualité, la force, la douleur, la passion, ce sont : "Le saint Jean-Baptiste", "La porte de l'Enfer", "Le baiser", "Victor Hugo", "Balzac", "Les Bourgeois de Calais". Les années 1880 voient aussi sa rencontre avec Camille Claudel, tour à tour son élève, son modèle, sa maîtresse, sa muse aussi. Leur rupture définitive a lieu vers 1893. A partir de 1890, Rodin connaît un succès international. Il dirige désormais trois ateliers. Il multiplie les conquêtes féminines, puis sous la coupe et l'influence de la duchesse de Choiseul, il parcourt le monde avec ses expositions : Cologne, Dresde, Prague, Londres, etc. Il se lie d'amitié avec des peintres comme Monet, Whistler, Legros, des danseuses : Isadora Duncan, Loïe Fùller, Hanako, un danseur : Nijinsky, des écrivains : Rilke, Zola, des sculpteurs qui ont parfois été ses élèves : Boucher, Desbois, Bourdelle. Pompon. Après avoir épousé Rose Beuret qui décède quelques jours plus tard, Rodin meurt à Meudon le 17 novembre 1917. Norbert Wolf est historien de l'art et écrivain allemand.





  • Les premières lignes

[...] et l'âme n'est qu'un mot pour quelque chose qui appartient au corps.
Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1883.

Le 2 septembre 1902, la danseuse Isadora Duncan, à l'époque l'un des person­nages les plus extravagants du monde de la danse, au statut de véritable «star» internationale, rend visite à Auguste Rodin dans son atelier, villa des Brillants à Meudon, au sud-ouest de Paris. Là, elle trouve le sculpteur barbu en plein effort, les mains dans l'argile. «En quelques instants, déclarera-t-elle par la suite, il avait donné forme à une poitrine féminine.» Rodin approche ensuite son grand corps puissant de la danseuse fantasque : «Il fit courir ses mains sur mes hanches, sur mes jambes et mes pieds nus. Puis il se mit à pétrir mon corps entier comme s'il était d'argile ; la chaleur qui se dégageait de ses mains me brûlait et me fit fondre. Je n'avais plus qu'une idée en tête : me donner à lui corps et âme.»
Choqués par son appétit sexuel exacerbé, certains de ses contemporains surnomment Rodin le «Sultan de Meudon». Sa vie privée fait sans cesse l'objet de nouveaux scandales. L'un d'entre eux est lié à la personnalité androgyne de Nijinski, le danseur étoile des Ballets russes du chorégraphe Diaghilev. En 1908, Rodin assiste aux spectacles de la compagnie qui se produit à Paris. S'il est d'une nature timide et réservée, Nijinski possède un corps d'athlète, d'une force et d'une grâce sans pareilles et, lorsqu'il est sur scène, le public n'a d'yeux que pour lui. Inspiré, Rodin fait poser le beau danseur homosexuel pour une sculpture et, à en croire une campagne de dénigrement orchestrée contre lui, pousse ses «recherches» un peu plus loin, jusqu'à en faire son amant. De l'avis général, il n'y a rien d'autre à attendre d'un tel bohème, d'un homme qui a tellement exploité Camille Claudel, son élève et sa muse, tant sur le plan artistique que sur le plan érotique, qu'il a fallu l'interner en 1913 - elle passera les trente années qui lui restent à vivre dans des établissements psychiatriques -, d'un homme qui trompe sans cesse Rose Beuret, pourtant la plus dévouée et la plus fidèle des compagnes. Rodin a besoin des femmes, mais il les utilise, avant de les rejeter. «Je ne suis qu'un îlot de chagrin et de désir», écrit Gwen John, artiste peintre galloise beaucoup plus jeune que le sculpteur, avec laquelle il a une liaison à partir de 1904.
Au tournant du XXe siècle, Paris est la capitale culturelle du monde. La vie animée de la métropole attire les amateurs de plaisirs exotiques, de jouissances décadentes et d'attractions sexuelles souvent sordides. La pornographie y côtoie la transgression subversive de tous les tabous. Montmartre représente à cette époque le lieu de l'immoralité par excellence, un but de pèlerinage pour pécheurs invétérés. La photographie, alors à ses débuts, fixe sans concession les éclats de ce kaléidoscope érotique, qu'ils soient enjolivés par le filtre de l'allégorie mythologique dans les tableaux exposés lors des Salons, ou plus crus et destinés à être commercialisés dans les cabarets ou les bordels. De grandes figures littéraires comme Zola et Baudelaire chantent les louanges des spécialistes de la promiscuité sexuelle, hommes et femmes, faisant des prostituées les héroïnes de la vie moderne. Mais, même à l'aune de l'atmosphère brûlante du Paris de la fin du XIXe siècle et de la Belle Époque, l'atelier de Rodin est un endroit chargé d'un parfum de scandale particulièrement fort : des modèles y dansent dans le plus simple appareil au son d'un phonographe jouant de la musique sacrée, sorte d'arrière-plan musical blasphématoire ; on raconte même que Rodin a demandé à une aristocrate, la duchesse de Choiseul, de danser la bourrée, danse sulfureuse aux yeux de la bonne société.


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