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L'âme des jardins des bords de Loire

Couverture du livre L'âme des jardins des bords de Loire

Auteur : Florence Clément | Jean-Baptiste Leroux | Guillaume Pellerin

Illustrateur : Photographies de Jean-Baptiste Leroux

Date de saisie : 03/04/2008

Genre : Nature, Animaux

Editeur : Ouest-France, Rennes, France

Collection : Beaux livres

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-7373-4134-2

GENCOD : 9782737341342

Sorti le : 11/03/2008


  • La présentation de l'éditeur

La Loire, le climat et le savoir-faire hérité des grands jardiniers des rois et des princes ont donné aux jardins des bords de Loire une identité unique qui évolue cependant le long du parcours du fleuve. C'est en posant sur ces jardins un regard différent que leur âme transparaît alors, nous livrant les secrets intimes que la tradition, la passion et le savoir-faire ont inscrits en filigrane dans les allées, les parterres et les bosquets des jardins du bord de la Loire.



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  • Les premières lignes

Au Sud-ouest du Bassin parisien, la vallée de la Loire, inscrite en 2000 au patrimoine mondial de l'Unesco, présente une unité hydrographique et une douceur climatique qui firent qualifier la Touraine de «Jardin de la France». Loire, nom évocateur d'un fleuve à la trompeuse nonchalance, tour à tour source de fortunes ou de déboires, mais qui a su baptiser de son patronyme les départements qu'il traverse. Haute-Loire, Loiret, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique. Superbes régions constellées de châteaux, de jardins prestigieux et de villages préservés, qu'on ne sait quelle averse a fait pousser comme des champignons. Ces lieux liés entre eux par le courant de cette artère fluviale, force noueuse de ce lien fluide au chenal de navigation difficile, au caractère changeant, qui unit depuis toujours, par des chemins de rive aux formes de jardin sauvage, Nevers à Gien, Orléans à Nantes en passant par Blois, Tours, et Angers. Régions choisies par la cour nomade des Valois et de bien d'autres rois, traditionnellement parsemées de jardins dont les styles furent influencés par la diversité de l'origine des personnalités royales et des seigneurs de la cour qui demandaient ou créaient des jardins suivant la mode et l'esprit du moment. Jardins italiens, jardins à la française qui naquirent à Amboise et à Blois, jardins aux formes libres se renvoyant de château à château dans des styles où chacun peut y trouver son compte. Mais la région contient aussi mille jardins plus humbles, accolés aux maisons. Jardins des rives du fleuve, associés aux maisons par des terrasses où, pour le simple bonheur de la contemplation, de petites parcelles dominent l'eau et sont aménagées visiblement pour le seul plaisir de profiter du calme et de la sérénité du paysage. C'est tout au long de la Loire que, dès le XVe siècle, l'on trouve, dit-on, les meilleurs jardiniers, héritiers des jardiniers des rois et des princes exigeant la perfection et qui jouèrent un rôle majeur dans leur renommée.
Les villages et les villes s'établirent le long des rives, souvent prudemment établis sur des points surélevés les mettant à l'abri des premières crues imprévisibles. Mais la Loire, galante et féminine, malgré un caractère ombrageux, sait déposer la terre limoneuse sur ses rives chargées d'alluvions qui portent en elles cette fertilité si propice aux cultures. Ses paysages peuvent soudain s'élargir, la main de l'homme ayant patiemment construit dans ces plaines alluviales de larges digues pour canaliser l'impétuosité du fleuve. Partout, sa largeur reste majestueuse, et sa trajectoire aléatoire sculpte des rives mouvantes où se mélangent le sable et l'eau. Tout au long du fleuve, il n'est pas rare de croiser les maisons au pied de murs plantés de nigelles et d'ancolies bleutées et aux façades enturbannées de vigne. Dans le tuffeau tendre des petites falaises, les pre­miers habitants creusèrent des caves et des abris fermés de façades fleuries et précédés de petits jardins clos. Orléans déve­loppa la production de roses, Tours cultivait les mûriers blancs, et les jardiniers de Nantes sans cesse améliorèrent le fameux jardin botanique accueillant régulièrement les plantes débarquant des ponts des navires arrivant de destinations lointaines. Les bords de Loire restent très urbanisés. Tout au long de ses rives, accompagnant chaque maison, de celle du batelier à celle du bourgeois établi, les jardins, souvent enserrés de murs protecteurs, nous transmettent toute leur charge affective.


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