Auteur : Marc Combier
Préface : Pierre Bonte
Date de saisie : 27/03/2008
Genre : Arts
Editeur : Ouest-France, Rennes, France
Collection : Collectionneurs
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 978-2-7373-4504-3
GENCOD : 9782737345043
Sorti le : 13/03/2008
Passionné de photographies dès l'âge de 7 ans, Marc Combier fut éditeur de cartes postales avant de créer avec Pierre Tchernia les fiches de Monsieur Cinéma.
Auteur, éditeur, et photographe, Marc Combier a rassemblé dans cet ouvrage les photographies de publicités murales qu'il a prises depuis plus de vingt ans. Nombre d'entre elles ont désormais disparu et cet album constitue un témoignage d'une France oubliée où les premières publicités se fixaient sur les murs des fermes ou les pignons des villes. Elles ont gagné avec le temps, et pour celles qui ont été conservées, une patine qui ajoute à la nostalgie qu'elles apportent par les slogans, les graphismes et les couleurs d'un autre temps.
Cet ouvrage présente les publicités par thèmes de produits et les aborde sous leur angle graphique et artistique.
Extrait de la préface de Pierre Bonte :
Anciennes publicités murales
C'était en 1956. Je venais d'arriver à Paris. Tous les matins, je prenais la ligne de métro n° 3 pour gagner mon bureau et je me souviens qu'à l'approche de la station Champerret, surgissant de l'obscurité, trois panneaux peints se mettaient à défiler sur les parois du tunnel : DUBO - DUBON - DUBONNET... Avec ma naïveté de petit provincial, je trouvais cette forme de publicité cinétique formidablement astucieuse et amusante. J'allais jusqu'à guetter le moment où les panneaux apparaîtraient dans la lumière, comme un clin d'oeil complice dans la grisaille des petits matins.
1956, c'était encore la belle époque pour les murs peints publicitaires, comme le raconte mon ami Marc Combien Je ne pouvais pas deviner que, trois ans plus tard, Europe 1 allait me confier une émission quotidienne («Bonjour M. le Maire») qui m'amènerait à en voir défiler beaucoup, beaucoup d'autres tout au long des routes de France... Quel bonheur, aujourd'hui, de les retrouver dans ces pages, tels qu'ils sont restés dans ma mémoire, et de pouvoir ainsi vagabonder dans mes souvenirs de «rural-trotter» !
Ils florissaient en particulier au bord des nationales, leur terre d'élection, et se répartissaient de façon assez harmonieuse, au fil des villages et au gré des supports qui s'offraient aux annonceurs. Rien à voir avec ces accumulations de panneaux qui pollueront par la suite le paysage à l'entrée des grandes agglomérations. Les peintures, habilement exécutées par d'anonymes artisans, apportaient au décor une note colorée qui ne nous choquait pas. Il faut dire que nous étions beaucoup moins agressés, dans notre vie quotidienne, par les messages publicitaires de toutes sortes, et par conséquent moins irritables. Peut-être aussi qu'avec le recul, la nostalgie aidant, nous sommes devenus plus indulgents pour ces pâlissants témoignages d'un temps révolu...
Ce qui peut nous choquer, en revanche, aujourd'hui, à l'heure des campagnes en faveur de la sobriété au volant, c'est le grand nombre de ces publicités routières vantant l'usage de boissons alcoolisées : outre Dubonnet, qui couvrait des surfaces impressionnantes, s'affichaient sans complexe tous les apéritifs en vogue du moment : Byrrh, Cinzano, Martini, Saint-Raphaël, Suze, Noilly Prat, Pikina, Pernod fils, alternant avec une large gamme de digestifs : Cointreau, Martel, Courvoisier, Bénédictine, Combier... Et pour faire bonne mesure, nous étions cordialement invités, de-ci de-là, à déguster la Blanquette de Limoux, les vins Nicolas, les vins du Carroussel, les vins Pradel, une Kronenbourg, une Stella Artois, une Adelshoffen ou une bière Rinck ! Bonjour les dégâts, comme on ne disait pas encore !
Encore plus nombreuses mais plus légitimes : les publicités axées sur l'automobile. Les marques de voitures, de carburants et surtout de lubrifiants se livraient une bataille acharnée, semble-t-il, pour capter notre attention et notre décision d'achat. Alors que, depuis belle lurette, je ne me soucie plus guère de l'huile qui lubrifie mon moteur, neuf fabricants, aux noms généralement oubliés, se disputaient cette faveur : Delc'oil, Floreoil, Polaroil, Mobiloil, Energol, Caltex, Igol, Labo et Caltex. Signe des temps, là aussi : la mécanique étant ce qu'elle était, nous étions obligés, il est vrai, d'avoir plus souvent l'oeil sur la jauge et donc d'accorder plus d'importance au choix du lubrifiant.
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