Auteur : Ibrahim Ag Assarid | Moussa Ag Assarid
Date de saisie : 26/03/2008
Genre : Education, Pédagogie
Editeur : Presses de la Renaissance, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7509-0320-6
GENCOD : 9782750903206
Sorti le : 20/03/2008
Un grain de savoir dans l'oeil du temps...
Moussa et Ibrahim ont grandi avec leur famille dans un campement touareg, aux confins du désert malien. Devenus adultes, persuadés que la vie nomade ne pourra perdurer telle qu'elle est, ils ont décidé d'aider les enfants de leur communauté à «entrer dans leur époque» en leur construisant une école. Une aventure extraordinaire qu'ils nous content à deux voix.
Les auteurs nous font pénétrer dans la vie de ces petits princes des sables qui ouvrent les yeux sur une autre façon de vivre, qui luttent pour progresser tout en perpétuant les traditions. Ayant passé du temps auprès d'écoliers français, Moussa montre en quoi les enfants du désert et les élèves occidentaux sont à la fois si proches et si différents. Deux cultures de l'enfance face à face qui ont beaucoup à apprendre l'une de l'autre...
Si modeste soit-elle, cette petite École des Sables force le respect, elle est la preuve émouvante que l'éducation est une porte ouverte sur le monde de demain.
Moussa Ag Assarid est l'auteur de Y a pas d'embouteillage dans le désert (Presses de la Renaissance, 2006). Durant son temps libre, il est conteur et acteur : il a joué dans la série télévisée «Louis La Brocante». Il préside également les associations Caravane du Coeur et Ennor France, pour la scolarisation et la santé des nomades. Actuellement étudiant en Master II Management du Développement mention action humanitaire et sociale à l'IRCOM, à Angers, il est par ailleurs pigiste pour RFI et France Culture. Ibrahim Ag Assarid est le directeur de l'École des Sables - Saint-Exupéry qu'il a fondée en 2002. Titulaire d'un BTS informatique, il est aussi musicien et poète pour enfants. Promoteur de tourisme solidaire et de développement durable, il fait également partie de la nouvelle génération pour la liberté d'expression et la démocratie au Mali.
Découverte d'un monde
Le hasard et un drame nous ont mis sur le chemin de l'école. Le hasard d'abord a éveillé chez nous une curiosité nouvelle. Nous vivions dans le désert et passions nos journées à courir derrière les chèvres et les moutons. Nous ignorions l'existence des livres et des mathématiques. Nous ne nous posions même pas la question de l'avenir. La vie, c'était le jour qui se lève, les bêtes qui attendent, le thé qui bout et les traces de chameaux que nous suivions pendant des jours.
Mais une journaliste du Paris-Dakar arrêta un jour son 4x4 devant notre campement. Alors qu'elle parlait avec notre père, un livre tomba de son sac. Moussa le lui rendit. Elle le lui offrit. C'était Le Petit Prince, de Saint-Exupéry. Dès lors, nous passâmes des soirées entières à feuilleter les pages du livre et à rêver devant ce petit bonhomme blond qui ne nous ressemblait pas mais vivait au milieu des dunes. On le voyait parfois sur une autre planète et nous songions que nous aussi nous avions notre planète. Nous voulions percer le mystère de son histoire. Et les mots dansaient en face des dessins sans rien révéler. Ils étaient une énigme que nous ne pouvions percer tout seuls.
Nous sommes allés voir notre père pour qu'il nous raconte l'histoire de ce garçon si différent et pourtant si proche de nos rêves d'enfant. Il nous a répondu : «Je ne sais pas lire car je ne suis pas allé à l'école.» Nous n'eûmes alors plus qu'un désir : aller à l'école pour apprendre à lire. Mais nos parents refusaient de nous laisser partir. Nous devions rester au campement pour nous occuper du troupeau et de la famille. Nous avions un sentiment d'injustice terrible : pourquoi l'instruction nous était refusée ? Pour Moussa, ce désir d'aller à l'école devint une obsession, une mission. Non seulement pour nous deux, mais aussi pour l'honneur de la communauté.
Moussa : Depuis que j'avais découvert Le Petit Prince, je voulais moi aussi explorer d'autres planètes. Le désert m'enfermait. Pour l'aimer, je devais pouvoir en sortir. La nourriture physique ne me suffisait plus. Le Petit Prince me le disait chaque jour.
N'y tenant plus, j'ai décidé un soir de partir à pied à Gao pour aller à l'école. Le lendemain matin, dès l'aube, je suis allé tirer le lait de la chamelle, j'ai gardé le lait et me suis mis sur la route pour Gao. Je devais parcourir 80 kilomètres. Je me moquais de la distance. Seul comptait mon but. J'ai longé la route le long du fleuve Niger pour ne pas mourir de soif. C'est là que j'ai rencontré un Touareg, comme moi habillé de bleu. Il avait environ dix-huit ans. Son boubou était en lambeaux et ses pieds en sang, ses chaussures tellement usées qu'elles ne le protégeaient plus de la terre. Il marchait seul depuis dix jours. Nous poursuivions tous deux notre rêve. Moi, d'aller à l'école, lui de partir à l'aventure en Libye pour travailler, gagner de l'argent et revenir s'acheter des animaux et un 4 x 4. Le rêve de beaucoup de Touaregs. Quand nous avions faim, nous descendions dans les jardins manger des tomates. Une loi tacite au Mali dit que le voyageur qui a faim peut se nourrir dans n'importe quel jardin ou champ. Mais il n'a pas le droit de partir avec des provisions.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli