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Derrida, la tradition de la philosophie

Auteur : Marc Crépon | Frédéric Worms

Date de saisie : 17/03/2008

Genre : Philosophie

Editeur : Galilée, Paris, France

Collection : La philosophie en effet

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-7186-0762-7

GENCOD : 9782718607627

Sorti le : 20/03/2008


  • La présentation de l'éditeur

Derrida, la tradition de la philosophie
Sous la direction de Marc Crépon et Frédéric Worms

Jean-François Courtine
Marc Crépon
Denis Kambouchner
Rudolf Bernet
Françoise Dastur
Stéphane Mosès
Pierre Macherey
Jean-Luc Marion
Alain Badiou Frédéric Worms Jean-Luc Nancy

Actes du colloque tenu à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm les 20 et 21 octobre 2005



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  • Les premières lignes

... Ce que Derrida montre ici, dans une analyse très précise et rigoureuse du texte de Husserl, analyse qui ne se laisse pas aisément résumer, c'est que Husserl doit se servir régulièrement du mot «et» pour désigner l'incomplétude irréductible de toutes les intuitions de «et», quand un enchaînement compréhensif ne vient pas la déterminer et la transformer en un Bedeutungsganzes.
Pour résumer ici drastiquement et précipiter une première conclusion partielle, disons que Derrida montre comment, dans l'analyse husserlienne des syncatégorèmes, dissociés et flottants comme à l'état libre, il est pour le moins difficile de distinguer entre l'usage et la mention. Je cite : «le et est ainsi utilisé pour parler du et mentionné», par exemple dans tel énoncé de Husserl que commente Derrida. Husserl note en effet :

Si nous voulons nous représenter clairement la signification du mot et, nous devons effectuer véritablement un acte de colliger quelconque, et dans l'ensemble ainsi élevé à une représentation authentique accomplir le remplissement d'une signification de la forme a et b. Et ainsi dans tous les cas (Und so berall)

cet «et» utilisé

ne donnerait lieu à une intention de signification remplie par l'in­tuition que dans la mesure où le contexte de la phrase ou des phrases qui l'entourent et l'enchaînent est suffisamment compré­hensif et déterminant. Or l'est-il jamais totalement ? Et s'il ne l'est jamais jusqu'à saturation intuitive, ne restera-t-il pas dans tout discours, dans tout texte, une part irréductible de cette «dépen­dance», de cette non-indépendance (Unselbständigkeit), de ce non-remplissement décevant dont le syncatégoreme et figure au moins l'exemple ?


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