Auteur : Abdellah Taïa
Date de saisie : 16/05/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Seuil, Paris, France
Collection : Cadre rouge
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-02-097233-8
GENCOD : 9782020972338
Sorti le : 06/03/2008
Salé, près de Rabat. Milieu des années 80.
Un adolescent pauvre court à perdre haleine. Vers son rêve, devenir metteur en scène de cinéma, vers sa star égyptienne : Souad Hosni - ailleurs, loin de son quartier, qu'il aime et déteste à la fois, qui veut le fixer dans une identité-cliché, dans la honte à jamais : le garçon efféminé. Un futur fou. Alors, il court... C'est sa seule force, sa seule façon d'affronter la violence de son Maroc. Détourner le regard. Dans cette course, il rencontre une bande de jeunes hommes qui essaient de le violer. La voix du muezzin appelant à la prière le sauve. Quelques instants après, il s'accroche à un poteau électrique, rencontre la mort. Une mélancolie arabe donne à voir et à sentir le corps possédé et poétique de ce jeune Marocain qui tombe quatre fois. À Salé. À Marrakech. À Paris. Au Caire. Il meurt. Il ressuscite. Avec ses propres images, il construit pas à pas son destin : sa vocation de créateur, son amour pour les hommes, le mystère des origines. Décrivant les désarrois d'un «je» en pleine bataille, Abdellah Taïa invite aussi à regarder différemment la culture d'un monde arabe qui, comme lui, tombe et renaît.
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Dans son beau roman autobiographique, L'Armée du salut (Seuil, 2006), Abdellah Taïa racontait avec élégance son enfance marocaine et son désir d'Europe. Dans Une mélancolie arabe, récit de nouveau à la première personne, dont le narrateur s'appelle toujours Abdellah Taïa, il met la même pudeur pour parler de ses amours, souvent malheureuses, avec les hommes, et la même poésie pour évoquer ses souvenirs...
Et que dire désormais de cette si belle histoire avec un homme qu'on a poussé à la rupture ? Il s'appelait Slimane. Abdellah et lui se sont passionnément aimés, au point d'écrire ensemble, "l'un pour l'autre, l'un l'histoire de l'autre, son passé, ses personnages, ses images, ses obsessions". Quand Slimane est parti, il a emporté avec lui "les deux grands cahiers". Il en a un jour rendu une partie, la glissant sous la porte. Abdellah lui a alors écrit une longue lettre, où il confesse : "Avec toi, je redevenais arabe et je dépassais en même temps cette condition." La réponse est arrivée un an plus tard, et elle clôt le livre, avec une infinie "mélancolie arabe"...
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