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De la taille à la conduite des arbres fruitiers

Couverture du livre De la taille à la conduite des arbres fruitiers

Auteur : Jean-Marie Lespinasse | Evelyne Leterme

Illustrateur : Jean-Marie Lespinasse

Date de saisie : 17/03/2008

Genre : Guides et conseils pratiques

Editeur : Ed. du Rouergue, Rodez, France

Prix : 32.00 € / 209.91 F

ISBN : 978-2-84156-925-0

GENCOD : 9782841569250

Sorti le : 19/03/2008

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  • La présentation de l'éditeur

De la taille à la conduite des arbres fruitiers propose un regard nouveau sur la croissance et la fructification de quinze espèces différentes (abricotier, amandier, cerisier, châtaignier, cognassier, figuier, kiwi, noisetier, noyer, olivier, pêcher, poirier, pommier, prunier, raisin de table). Ne plus tailler les arbres fruitiers pour obtenir en priorité une forme géométrique et structurée, mais les accompagner dans leur développement naturel pour obtenir rapidement des fruits de bonne qualité et un meilleur comportement de l'arbre face aux maladies : voilà le but que se sont assigné vingt-cinq auteurs et collaborateurs, sous la coordination de Jean-Marie Lespinasse et d'Evelyne Leterme. Dans cet ouvrage, on découvre que les variétés sont toutes différentes et que chacune d'entre elles possède un type de ramification puis de fruc­tification propre. Leur organisation naturelle est non seulement la plus harmonieuse mais également la plus efficace. Si nous respectons cette construction naturelle de l'arbre puis son mode de fructification, nous n'aurons plus à lui imposer des tailles artificielles. Nous interviendrons comme des éducateurs, en favorisant les caractéristiques de chaque variété. Nous pourrons alors réprimer des «réflexes sécateurs» souvent destructeurs, irrespectueux de la nature et sans la moindre justification scientifique ou physiologique. Laissons faire la nature et aidons-la selon ses propres propositions.

Jean-Marie Lespinasse a travaillé à l'INRA de Bordeaux de 1962 à 2000 à la création variétale, à l'étude des types de fructification et à la mise en place de modes de conduite du pommier.

Evelyne Leterme a fondé et dirige le Conservatoire végétal régional d'Aquitaine. Aux éditions du Rouergue, elle a publié Les Fruits retrouvés et Le Greffage - les techniques les plus actuelles et la plantation des arbres fruitiers.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

HISTOIRE

L'âne et la chèvre seraient les instigateurs de la pratique de la taille, dès le deuxième millénaire avant notre ère, en Mésopotamie et en Egypte... Après avoir subi la dent de ces mammifères, la vigne, première espèce à être taillée, va connaître la loi de l'homme et de sa serpe. Les Egyptiens pratiquèrent eux aussi la taille très tôt, leur savoir-faire ayant été ensuite déve­loppé par les Grecs puis par les Romains. La serpe et la serpette resteront les seuls outils de taille utilisés durant plusieurs millénaires. Elles ne seront remplacées qu'au XIXe siècle par le sécateur, inventé en 1810 par un ancien ministre de Louis XVI, contraint à l'exil, Bertrand de Moleville. Ce dernier rapporta sa trouvaille en France avec le retour des Bourbons en 1815. Ce nouvel outil eut bien du mal à s'imposer. On lui reprochait d'écraser et de déchirer plutôt que de couper. Ce qui fit écrire à Philibert Baron en 1858, dans son ouvrage Nouveaux principes de taille des arbres fruitiers : «Avant de parler de la taille, je vais dire quelques mots sur l'emploi du sécateur et sur celui de la serpette, (...) question qui divise les professeurs et les praticiens, la seule raison qui fait que la plupart aujourd'hui déprisent le sécateur, étant qu'ils ne comprennent pas la manière de s'en servir.» Il va se perfectionner et c'est Pierre-Antoine Poiteau qui va en assurer la promotion et le succès.

Des dizaines, voire des centaines d'ouvrages ont été écrits sur la taille des arbres fruitiers. Les plus anciens datent de la période romaine avec Varron, Columelle, Pline l'Ancien, et reflètent les premières observations de culture et de greffage, associant parfois des espèces totalement incompatibles.
Au Moyen Âge, les premières publications françaises sur le sujet après l'invention de l'imprimerie sont des traductions et des compilations des auteurs anciens et des auteurs italiens. Peu de recherches personnelles sauf dans les écrits de Ruell en 1536 (De Natura Stirpium) et dans ceux de Charles Etienne (Proedium rusticum). C'est Olivier de Serre qui nous fait part de l'ensemble des connaissances de la fin de cette période avec son Théâtre de l'agriculture paru en 1600, qui sera réédité en 1804 par la Société d'agriculture.

Le premier traité sur les formes palissées en espalier fut celui de Boyceau de la Barauderie publié en 1640 à titre posthume. Il fut suivi par de nombreux autres, qui reprennent tous les techniques de taille structurée. Citons entre autres l'abbé Le Gendre, en 1652, avec La Manière de cultiver les arbres fruitiers, où il est traité des pépinières, des espaliers et contre-espaliers, ainsi que des arbres en Buisson et en Haute-tige, Merlet, en 1667 (Abrégé des bons fruits) et Venette en 1683 qui, le premier, observa et décrivit la bourse du poirier dans son ouvrage De la manière de tailler les arbres fruitiers. La publication en 1690 de l'ouvrage, Instructions pour les jardins potagers et fruitiers de Jean-Baptiste La Quintinie, à titre posthume, va annoncer une nouvelle période où les conseils porteront surtout sur la création de formes d'arbres respectant des règles précises, qui bien que variables selon les auteurs resteront comme une sorte de carcan qui figera toute idée de liberté de forme en arboriculture fruitière. Cet ouvrage sera ensuite de multiples fois réédité, recopié, plagié, mais restera un demi-siècle durant la base des connaissances. Les ouvrages importants qui suivirent reprenaient les techniques en vigueur dans les châteaux et chez les pépiniéristes et celles appliquées à Montreuil, sans véritables propositions personnelles. Ce fut d'abord celui de Roger Schabol en 1767, Dictionnaire des jardiniers, qui préconise pour la pre­mière fois l'arcure à partir de l'observation de la culture des pêchers à Montreuil, talonné en 1768 par le Traité des arbres fruitiers de Duhamel du Monceau et enfin le premier volume du Cours d'agriculture de l'abbé Rozier paru en 1785 qui restera célèbre et réédité pendant un siècle.


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