Auteur : Stéphane Audouin-Rouzeau
Date de saisie : 06/05/2008
Genre : Politique
Editeur : Seuil, Paris, France
Collection : Les livres du nouveau monde
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-02-097508-7
GENCOD : 9782020975087
Sorti le : 06/03/2008
L'expérience du combat a suscité de nombreux témoignages, mais peu de réflexions approfondies dans le champ des sciences humaines et sociales. Comme si la guerre «au ras du sol» était un objet pour eux interdit, rares sont les anthropologues et les historiens à s'y être intéressés, y compris parmi ceux qui portèrent les armes et connurent le feu des batailles (Marcel Mauss, Marc Bloch, Norbert Elias, Edward Evans-Pritchard, Edmund Leach, pour ne citer que les plus célèbres). C'est à partir d'une enquête sur cet étrange silence que Stéphane Audoin-Rouzeau tente de poser les jalons d'une anthropologie historique de la guerre moderne, depuis le début du XIXe siècle jusqu'à l'aube du XXIe. Penser la violence de guerre au plus près du combattant, la placer au centre de l'investigation, c'est non seulement s'efforcer de combler une lacune, mais accepter de la regarder en face, dans ses moindres détails, et s'interroger à nouveaux frais sur la nature profonde de nos sociétés.
Stéphane Audoin-Rouzeau est historien, directeur d'études à l'EHESS, vice-président du Centre de recherche de l'Historial de la Grande Guerre (Péronne-Somme). Il a consacré la plupart de ses travaux à la Grande Guerre. Parmi les plus récents : 14-18. Retrouver la Guerre (avec Annette Becker), Gallimard, 2000; Cinq deuils de guerre, 1914-1918, Noesis, 2001 ; La Guerre des enfants, 1914-1918, Armand Colin, 2004 (réédition); Encyclopédie de la Grande Guerre, 1914-1918, (avec Jean-Jacques Becker), Bayard, 2004 ; La Guerre au XXe siècle. L'expérience combattante, Documentation photographique, 2004.
L'historien spécialiste de la Première Guerre mondiale scrute, dans un essai âpre et exigeant, la réalité et la brutalité du combat du XIXe au XXIe siècle.D'entrée de jeu, Stéphane Audoin-Rouzeau choisit de suspendre son jugement pour regarder en face l'objet de son étude : l'exercice de la violence dans la guerre moderne (XIXe-XXIe siècles), le combat en lui-même et pour lui-même. À la question souvent posée aux historiens du tragique et de l'immonde, «Peut-on comprendre sans juger ?», «Doit-on dévoiler sans s'émouvoir ?», l'auteur veut répondre par la rigueur et la distance du scientifique.Il plonge dans les horreurs du combat moderne sans d'inutiles tremblements, et propose d'examiner en adultes cette réalité que l'on ne cesse de fuir : le passage à l'acte sur le champ de bataille.
Hasard ou providence, c'est quand disparaît le dernier poilu, Lazare Ponticelli, que paraît un livre important, qui franchit un nouveau cran dans l'interprétation du conflit de 1914-1918. Avec Combattre (Seuil), dû à l'historien Stéphane Audoin-Rouzeau, brillant représentant de la nouvelle histoire de la Première Guerre mondiale, voici la Grande Guerre venir jusqu'à nous, de Verdun à Bagdad, en passant par tous les Vietnam. Car c'est l'essence guerrière dont Audoin-Rouzeau ouvre le réservoir, laissant s'échapper des vapeurs qui nous entraînent non seulement à portée d'haleine des poilus mais aussi au tréfonds de leur psychisme...
De son marteau, Audoin-Rouzeau frappe juste, pour faire entrer l'indomptable et brûlante pulsion guerrière dans le moule froid d'une histoire raisonnée. Après avoir tant travaillé sur les tranchées, le front et l'arrière, les généraux et les fantassins, le deuil et l'enfance, il réussit à passer des effets multiples à la cause fondamentale, dans un grand effort de réflexion dont on ne sort pas indemne.
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