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Magic bus : sur la piste des hippies, d'Istanbul à Katmandou

Couverture du livre Magic bus : sur la piste des hippies, d'Istanbul à Katmandou

Auteur : Rory MacLean

Traducteur : Béatrice Vierne

Date de saisie : 07/05/2008

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Hoëbeke, Paris, France

Collection : Etonnants voyageurs

Prix : 24.50 € / 160.71 F

ISBN : 978-2-84230-313-6

GENCOD : 9782842303136

Sorti le : 13/03/2008


  • La présentation de l'éditeur

Collection Étonnants voyageurs dirigée par Michel Le Bris

Ils furent des centaines de milliers, dans les sixties puis les seventies, à prendre la route de Katmandou, laissant derrière eux le monde de leurs parents, en quête d'une vie nouvelle. La plus invraisemblable procession de minibus et de voitures déglinguées à avoir jamais sillonné la planète - et le premier mouvement de gens pressés d'être «colonisés» plutôt que de coloniser quoi que ce soit.
Ce «Summer of Love» né en 1967 à San Francisco, il fallait qu'il ne finisse jamais, qu'il s'étende à la planète... Il devait durer près d'une décennie. Et la face du monde en fut changée.
Que reste-t-il de cet élan et de ces rêves ? Rory MacLean, avec en tête les airs des Grateful Dead et de Bob Dylan, et dans la poche Sur la route de Kerouac, reprend quatre décennies plus tard la «route des hippies», depuis le légendaire Pudding Shop au pied de la mosquée Bleue d'Istanbul jusqu'à Katmandou, en passant par l'Iran et l'Afghanistan : 9000 kilomètres d'un voyage de tous les dangers - et de toutes les surprises. Sur une portion de la route «Peace and love» règne aujourd'hui guerre et chaos. Tout a changé ? Pas si sûr : ce voyage réservera à l'auteur bien des rencontres surprenantes.
Un formidable récit d'aventures au présent, et une plongée dans l'histoire de nos rêves, où la tendresse n'exclut pas la lucidité, parfois cruelle. Best-seller en Grande-Bretagne, ce livre a déclenché un véritable mouvement sur Internet : des milliers d'anciens «voyageurs intrépides» se sont retrouvés, échangeant photos, documents et souvenirs grâce au site de l'auteur.

Rory MacLean, qui vit aujourd'hui en Angleterre, est né en 1954 à Vancouver. Il a commencé sa carrière d'écrivain voyageur en 1989. Son premier livre lui vaudra outre-Atlantique plusieurs prix littéraires



  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 7 mai 2008

De son périple, MacLean a rapporté un singulier récit de voyage, porté par la musique de l'époque - Dylan, Joplin, Grateful Dead, The Doors... Partagé entre l'empathie et l'agacement, l'émerveillement et la lucidité, la volonté de comprendre et l'ironie, il donne un livre magnifiquement vivant, un condensé d'histoire contemporaine, un témoignage très incarné du désenchantement du monde.



  • Les premières lignes

L'appel de la route

Je suis encore tout ébahi, tout ému d'avoir fait ce premier, ce grand pas dans l'inconnu, d'avoir tenté de décrocher la lune ; devant moi la route béante, dans mon dos la mosquée Bleue, à mon oreille les Beach Boys. À perte de vue s'étiraient plus de neuf mille kilomètres, six pays, trois des grandes religions de la planète enjambant l'Occident et l'Orient, le long de la plus sauvage et la plus ancienne voie du monde. J'allais quitter l'Europe et son bon ordre, traverser la Turquie et l'Iran, ce caméléon, avancer jusqu'aux confins de l'Afghanistan, qui venait de rouvrir ses frontières, pour tomber dans le ferment de l'Inde et m'élever en direction des montagnes pures et propres de l'Himalaya, avant d'atteindre mon terminus : le Népal.
Toute ma vie, j'ai vagabondé. Gamin, je filais de chez moi après l'école pour m'égarer le long de rues que je connaissais mal, partant à l'aventure dans les jardins publics et les prairies, afin de grimper aux arbres, d'installer des camps et de parler à des inconnus. Le monde me paraissait vaste, divers, sûr. Du moment que je rentrais chez nous à temps pour le dîner, j'étais aussi libre qu'une feuille emportée par le vent. Jour après jour, je découvrais cette merveille dans mon quartier, dans les rues et les champs situés au-delà, entraîné de plus en plus loin de ce qui m'était familier, le long d'une spirale sans fin.
Mon père aussi adorait les vagabondages. Nuit après nuit, il venait dans ma chambre pour me dire de m'habiller. Nous grimpions dans la voiture et partions pour la Floride, la Californie et jusqu'au Mexique; j'avais huit ou neuf ans et je conduisais, installé sur ses genoux. Il montait le volume de la radio et nous précipitait le long de la route au son de I get around, Magic Carpet Ride, Gates of Eden. Ensemble, nous chantions avec Dylan, avec les Stones, avec des douzaines de stations de radio consacrées aux tubes d'antan, dans l'obscurité des interminables autoroutes inter-États. Le lendemain matin, à mon réveil, nous nous retrouvions en train de cligner des yeux sous la lumière perçante de Times Square ou de la rive du lac Érié, à des centaines de kilomètres de chez nous.
Le monde changea à mesure que je grandissais. On com­mença à se méfier des rues peu familières et des jardins publics isolés. On cessa de croire à la bonté des gens qu'on ne connaissait pas. Loin de rechercher la compagnie de son semblable, on le regardait d'un oeil circonspect. On divisait la société en «eux» et en «nous», perdant l'innocence optimiste à mesure que l'on s'exilait du jardin d'Éden, tant chez soi qu'à l'étranger. Ces escapades nocturnes éblouissantes, tonitruantes, avec mon père m'avaient laissé à la fois charmé et alarmé par leur spontanéité. Mais je rêvais de trouver la destination parfaite où nous n'étions jamais parvenus, lui et moi. Je continuais de vagabonder le long de la piste des merveilles, croyant en une famille humaine, tenaillé par l'envie d'aller jusqu'au bout du plus beau voyage, bercé par les meilleures chansons de tous les temps.


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