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L'âme du temple. Volume 1, Le livre du cercle

Couverture du livre L'âme du temple. Volume 1, Le livre du cercle

Auteur : Robyn Young

Traducteur : Maxime Berree

Date de saisie : 15/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Fleuve noir, Paris, France

Collection : Littérature générale

Prix : 21.90 € / 143.65 F

ISBN : 978-2-265-08402-5

GENCOD : 9782265084025

Sorti le : 20/03/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Paris, 1260. Un jeune clerc fuit dans la nuit. Il vient de se débarrasser d'un étrange grimoire quand un homme à la peau sombre se met en travers de sa route. Au moment où le fugitif s'apprête à révéler son secret, une flèche vient se planter dans sa gorge.
Ainsi disparaît Le Livre du Graal, un ouvrage hérétique renfermant les arcanes d'une société dont personne ne connaît l'existence - pas même les puissants Templiers qui abritent à leur insu ce cercle baptisé L'Ame du Temple... La quête sera sans merci. Car le premier à récupérer le livre aura le sort du Temple entre les mains et, des frères Hospitaliers à la couronne d'Angleterre, nombreux sont ceux qui gagneraient à sa chute.

Londres, 1260. Il est un garçon qui n'aspire qu'à devenir chevalier. Son nom est Will Campbell. Au service d'un moine érudit, il ignore encore les aventures qui l'attendent. Jeté au coeur d'un incroyable complot impliquant les trois religions du Livre, Will aura d'abord à combattre ses propres démons parmi lesquels l'estime perdue de son père Templier en Terre sainte et son amour interdit pour la douce Elwen...

Conspiration, pouvoir et passion au temps des Croisades, c'est ce que ressuscite Robyn Young dans cette épopée historique hors du commun.





  • Les premières lignes

Ayn Djalut (le Puits de Goliath), royaume de Jérusalem

3 septembre 1260 après J.-C.

Le soleil approchait du zénith, dominant le ciel et chauffant à blanc l'ocre profond du désert. Au-dessus des collines qui entouraient la plaine d'Ayn Djalut tournoyaient des busards dont les cris abrasifs restaient suspendus en l'air, comme solidifiés par la chaleur. Du côté ouest, là où les pentes nues des collines s'étiraient vers le sable, se tenaient deux mille hommes sur des chevaux cuirassés. Glaives et boucliers étincelaient, si bouillants qu'on pouvait à peine les toucher, et les tuniques et les turbans n'atténuaient en rien la férocité du soleil. Cependant, personne ne se plaignait.
Monté sur un cheval noir à l'avant-garde du régiment bahrite, le commandant Baybars Bundukdari attrapa la gourde attachée à sa selle entre deux sabres aux lames émoussées. Après avoir bu une gorgée, il fit rouler ses épaules pour en détendre les articulations raidies. La bande de son turban était trempée de sueur et la cotte de mailles qu'il portait sous sa cape bleue lui paraissait inhabituellement lourde. La matinée s'achevait, la chaleur augmentait, et si l'eau avait calmé sa gorge desséchée, elle ne pouvait étancher la soif plus profonde de son organisme.
- Émir Baybars, murmura l'un des jeunes officiers à ses côtés. Le temps passe. Le groupe d'éclaireurs aurait déjà dû revenir.
- Ils seront bientôt de retour, Ismail. Sois patient. Tout en rattachant la gourde à sa selle, Baybars étudia
les rangs silencieux du régiment bahrite, alignés derrière lui. Le visage de tous les hommes affichait l'expression menaçante et résolue qu'il avait déjà vue sur tant de troupes en ordre de bataille attendant la confrontation. Bientôt, cette expression changerait. Baybars avait vu les guerriers les plus courageux blêmir, une fois confrontés à des lignes de combattants ennemis semblables aux leurs. Mais le moment venu ils se battraient sans hésitation, car ils étaient des soldats de l'armée mamelouke : les guerriers esclaves de l'Egypte.
- Emir ?
- Qu'y a-t-il, Ismail ?
- Nous n'avons pas de nouvelles des éclaireurs depuis l'aube. Et s'ils s'étaient fait prendre ?
Baybars le regarda en fronçant les sourcils, et Ismail se rendit compte qu'il aurait mieux fait de se taire.
Dans l'ensemble, il n'y avait rien de particulièrement frappant chez Baybars ; comme la plupart de ses hommes, il était grand et musclé, avec des cheveux brun foncé et la peau mate. Seul son regard le distinguait. Un défaut, une sorte de point blanc au centre de sa pupille gauche, donnait à ses yeux une intensité singulière; c'était l'un des attributs qui lui avaient valu son sobriquet - l'Arbalète. Mis au supplice par les yeux bleus qu'il braquait sur lui, le sous-officier Ismail se sentit comme une mouche prise dans une toile d'araignée.
- Je te l'ai déjà dit, sois patient.
- Oui, émir.
Le regard de Baybars s'adoucit légèrement tandis qu'Ismail, penaud, baissait la tête. Il n'y avait pas si longtemps, quelques années tout au plus, lui aussi avait attendu dans la troupe sa première bataille. Les Mamelouks affrontaient les Francs sur une plaine poussiéreuse, près du village de la Forbie. Il avait dirigé l'attaque de la cavalerie, écrasé l'ennemi pendant des heures, et le sang des chrétiens avait souillé le sable. Aujourd'hui, si Dieu le voulait, il en irait de même.


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