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La réserve

Couverture du livre La réserve

Auteur : Russell Banks

Traducteur : Pierre Furlan

Date de saisie : 22/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-7427-7393-0

GENCOD : 9782742773930

Sorti le : 03/03/2008


  • La présentation de l'éditeur

Quand en juillet 1936 le peintre Jordan Groves rencontre pour la première fois Vanessa Cole, lors d'une soirée donnée par le célèbre neurochirurgien new-yorkais dont elle est la fille adoptive, dans son luxueux chalet construit dans "la Réserve", en bordure d'un lac des Adirondacks, il ignore qu'il vient de franchir, sans espoir de retour, la ligne qui sépare les séductions de la comédie sociale et les ténèbres d'une histoire familiale pleine de bruit et de fureur.
Très loin de là, en Europe, l'Histoire est en train de prendre un tour qui va bientôt mettre en péril l'équilibre du monde. Déjà, certains intellectuels et des écrivains, tels Ernest Hemingway ou John Dos Passos, un ami de Jordan Groves, ont rejoint l'Espagne de la guerre civile afin de combattre aux côtés des républicains. Si attaché qu'il soit à sa femme et à ses deux jeunes garçons, ou aux impératifs d'une carrière artistique déjà brillamment entamée, Jordan ne peut longtemps se soustraire à l'irrésistible attraction qu'exerce sur lui la sulfureuse Vanessa Cole, personnalité troublante et troublée, prétendument victime, dans son enfance, d'agissements pervers de la part de ses insoupçonnables parents.
Au sein du cadre majestueux et sauvage d'une nature préservée pour le seul bénéfice de quelques notables de la société new-yorkaise, les feux d'artifice célébrant la fête de l'Indépendance ont éclaté dans le même ciel que traverse, de l'Allemagne à l'Amérique, le zeppelin Hindenburg bardé de croix gammées et d'où s'abattront aussi les bombes qui vont détruire Guernica... Sur les rives du lac, Jordan Groves et Vanessa Cole s'approchent l'un de l'autre, l'avenir du premier déjà confisqué par le passé de la seconde, pour explorer leurs nuits personnelles dont l'ombre s'étend sur chacun de ceux qui les côtoient.

En France. toute l'oeuvre de Russell Banks, dont le dernier roman. American Darling (2005 : Babel 2007). a connu un immense succès. est publiée par Actes Sud.



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  • La revue de presse Raphaëlle Rérolle - Le Monde du 21 mars 2008

Russell Banks excelle à installer cette atmosphère énigmatique et presque diabolique. Les tourments de ses personnages se développent comme des plantes vénéneuses dans un cadre somptueux, presque glacé, aux frontières de la carte postale. D'austères montagnes surplombant des lacs aux eaux noires et profondes, on se croirait dans ces affiches touristiques des années 1930, où des silhouettes élégantes et sveltes conduisent des voitures de sport sur des routes en lacet. Avec une incroyable maestria, l'écrivain se promène au bord du cliché sans jamais y tomber. Exactement comme ses personnages, qui roulent à vive allure le long des fossés et des précipices...
Rien n'est tout à fait ce qu'il paraît, dans ce roman saisissant, dont l'argument ressemble à un lac de montagne : beau et presque figé dehors, dangereux en profondeur.


  • La revue de presse Antoine Perraud - La Croix du 19 mars 2008

Ce contraste, entre ce coin perdu d'Amérique où se déroule l'entier roman et ses lignes de fuite régulièrement ménagées vers le chaos fasciste européen, s'ajoute à d'autres effets magistraux, qui portent le livre vers des sommets. Une science formidable de la description parvient à relancer la lecture avec toujours plus de force et d'acuité. Russell Banks ravive l'antique figure de rhétorique baptisée «hypotypose» : il nous met le nez sur des paysages et des individus, qui s'imposent et s'animent sous nos yeux. Le lecteur en vient à épouser les courbes de niveau de cette nature qu'il ne connaissait pas la veille, à guetter les allers et venues d'un hydravion, à se laisser pénétrer par la névrose de Vanessa, en ce fragment d'Amérique où des populations désurbanisées vivotent. Des personnages secondaires mais cruciaux, comme la femme de Jordan, Alicia, ou encore Hubert, l'amant des bois d'icelle, offrent à l'auteur l'occasion de revenir sur ses obsessions : la famille est-elle un étouffoir ou une aubaine ? L'amour peut-il échapper à l'animalité ? Qu'est-ce qui ensauvage l'humain jusqu'à l'enrager ?


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 19 mars 2008

«C'est pour les mêmes raisons qu'on déteste une personne ou qu'on l'aime.» La voix qui prononce ces mots terrifiants est une voix de femme, atone, grave - de la rocaille surgie de ses entrailles. Ainsi parle Vanessa Cole, nouvelle - et féline - héroïne de Russell Banks. Est-ce pour les mêmes raisons qu'on déteste un roman ou qu'on l'aime ? Est-ce pour les mêmes raisons que l'on se laisse séduire ou que l'on refuse l'enchantement ? La Réserve subjugue jusqu'à déranger, dérange jusqu'à subjuguer. Se dégage de cette histoire au long cours une sensualité sulfureuse à laquelle ne nous a pas habitués l'écrivain américain. Son phrasé sinueux renoue avec le désespoir latent d'un Francis Scott Fitzgerald et, plus surprenant, avec la bestialité torride d'un Tennessee Williams. Russell Banks brouille les pistes, installe une atmosphère délétère, où rien ne se dit, ou si peu, où tout se joue, corps et âmes.


  • La revue de presse Frédéric Ferney - Le Point du 13 mars 2008

Le romancier américain aime traduire la complexité du monde. Un talent confirmé dans «La réserve»...
Depuis une dizaine d'années, les Français sont tombés amoureux de cet auteur qui réconcilie la politique et le roman, la littérature et l'émotion, l'aventure et les idées. C'est ici qu'il a le plus de lecteurs, hors l'Amérique...
Russell Banks est un homme lucide, passionné, sensible, critique de l'Amérique sans céder au nihilisme, curieux de l'Europe et du monde, comme l'ont été autrefois Hemingway ou Dos Passos.


  • La revue de presse Bruno Corty - Le Figaro du 13 mars 2008

Russell Banks raconte une histoire passionnelle et meurtrière dans la bourgeoisie aisée américaine des années 1930. Russell Banks aime voyager. Trois ans après l'enfer du Liberia des années 1970, le voilà qui ressuscite les années 1930 dans les décors somptueux des Adirondacks...
Russell Banks, de passage à Paris, ne cache pas qu'il s'est inspiré du célèbre peintre américain Rockwell Kent (1882-1971) pour son personnage principal. Ni qu'il a trouvé son héroïne en relisant Les Neiges du Kilimandjaro et l'Heure triomphale de Francis Macomber de Hemingway...
Russell Banks surprend avec ce roman qu'on lit d'une traite et qu'il faut sans doute relire pour y débusquer toutes les subtilités. Ici, pas de romantisme à la Karen Blixen. Dans l'avion qui se pose, pas de Denys Finch Hatton poétique, mais un cogneur indécis, velléitaire, personnage hemingwayen dans toute sa splendeur !


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