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Ce peu de bruits

Couverture du livre Ce peu de bruits

Auteur : Philippe Jaccottet

Date de saisie : 09/04/2008

Genre : Poésie

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-07-012034-5

GENCOD : 9782070120345

Sorti le : 28/02/2008


  • La présentation de l'éditeur

«(Ce peu de bruits qui parviennent encore jusqu'au coeur, coeur de presque fantôme.

Ce peu de pas risqués encore vers le monde dont on dirait qu'il s'éloigne, quand c'est plutôt le coeur qui le fait, de mauvais gré.

Pas de plainte là-dessus toutefois, rien qui couvrirait les ultimes rumeurs ; pas une seule larme qui brouillerait la vue du ciel de plus en plus lointain.

Paroles mal maîtrisées, mal agencées, paroles répétitives, pour accompagner encore le voyageur comme une ombre de ruisseau.)»





  • La revue de presse Antoine Perraud - La Croix du 9 avril 2008

Dans ce livre, qui sonne comme le dernier, Philippe Jaccottet déroule des réminiscences de poèmes...
Tout serait-il «réduit à l'état de piètre fantôme» ? Non, voici plutôt quelques «formes de la suprême paix rêvée». L'écriture est là, tremplin devenu treuil : «Poèmes, comme un reflet qui ne s'éteindrait pas fatalement avec nous.» Là où il y a du style, il y a de l'espoir. Comment décrire le bien-être que procure un tel livre ? Il ne se referme pas sur soi mais passe le relais, attentif à l'autre, aigu mais assouvi, effilé mais quiet : «Comme un ciel qui se serait rouvert à la demande d'un oiseau. Un trop court instant.»


  • La revue de presse Patrick Kéchichian - Le Monde du 21 mars 2008

Jamais, en près de soixante années, la poésie de Philippe Jaccottet (né en Suisse en 1925) ne fut bruyante, impérative. Jamais elle ne chercha à parler plus haut que le simple chant d'un oiseau, à donner de la voix pour couvrir le silence d'un paysage...
De poésie ou de prose - nul poète n'a mieux compris qu'il ne devait pas obéissance à cette loi arbitraire de séparation -, l'oeuvre entière de Jaccottet pourrait répondre au titre de son dernier livre : Ce peu de bruits. Mais ne nous méprenons pas, cette discrétion n'est pas un trait psychologique ou le signe équivoque d'un orgueil inavoué. Plus gravement, il s'agit ici d'une quête de vérité, ou de "véracité" selon Jean Starobinski, de l'expression d'une relation vitale et subjective au monde...
Philippe Jaccottet écrit "bruits" au pluriel - "Ce peu de bruits qui parviennent encore jusqu'au coeur, coeur de presque fantôme." Même dans cette raréfaction et cette fuite, il éprouve au plus intime de lui-même la pluralité, la diversité, l'infinité des motifs de la joie, de l'émerveillement.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 mars 2008

Dans le ciel, le traducteur de Rilke et de Musil essaie de déchiffrer ce qu'ont écrit les martinets et, s'agenouillant dans l'herbe, a l'illusion fugace d'être «empêché de mourir». Il est à la lisière de la prière et du testament; à son sommet.


  • La revue de presse François Dufay - L'Express du 13 mars 2008

L'art de Jaccottet vaut, lui, par une probité ennemie de l'enflure, plus précieuse que jamais, à l'âge du factice, de la provocation et du kitsch. Ce sentiment d'un affaissement général, l'angoisse que l'argent ne «pourrisse l'homme jusqu'à la racine», n'a pas été étranger à la déprime de cet écrivain qui n'a jamais transigé...
Mais, même au fond du ravin, parvient un rai de lumière. Ces jours-ci, Philippe Jaccottet semble avoir repris le dessus et retrouvé le sourire. «Le temps passant, Dieu merci, les épreuves sont tout de même surmontées. A partir de 2006, l'envie d'écrire est revenue, ma curiosité pour le monde, qui s'était émoussée, s'est un peu réveillée.» S'il a pu remonter la pente, c'est en s'agrippant aux seules choses qui tiennent bon : la musique (Bach, Schubert...), et surtout le verbe des écrivains qui, depuis toujours, «le hantent merveilleusement» : Hölderlin, Rilke, Kafka, Handke. «Ce peu de bruits, qui parviennent encore jusqu'au coeur», ce sont leurs mots, unique sauvegarde contre la marée du nihilisme. «En citant ces textes, précise le poète, j'ai voulu rassembler des preuves, non, plutôt des ébauches de preuves, qui ne montrent pas que la vie a un sens, mais qui vont contre le fait qu'il n'y en aurait pas.» Du pur Jaccottet, plein de conditionnels, de scrupules et de prudences. Aussi crépusculaire soit-il, son livre, tient-il à préciser - et l'aveu a de quoi bouleverser - «se termine tout de même sur des images d'enfance, de fraîcheur, de matinée»...


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