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Côté mat

Auteur : Aline Karnauch

Date de saisie : 11/03/2008

Genre : Poésie

Editeur : l'Idée bleue, Chaillé-sous-les-Ormeaux, France

Collection : Le dé bleu

Prix : 13.50 € / 88.55 F

ISBN : 978-2-84031-234-5

GENCOD : 9782840312345

Sorti le : 13/02/2008


  • La présentation de l'éditeur

La poésie d'Aline Karnauch est d'un alliage subtil, intime et vaste à la fois, tout en raffinement et précision de la touche. Dans Côté mat une femme quitte un monde pour entrer dans un autre, attentive aux moindres événements de ce désir naissant. Chaque poème progresse en un mouvement intérieur où l'audace des images semble ouvrir pli à pli les ressources de la langue, entremêlant l'intelligence du moment et la délicatesse des sensations qui trouvent leur répondant dans l'espace des paysages. Via l'horizon accélère le mouvement et se met à l'écoute des bruits du monde. Les inventions de la langue font bouger les frontières entre les corps, les choses et les lieux, produisant une résonance spécifique à chaque scène-poème. On y apprend que l'émotion est faite de tout ce qui l'entoure, pourvu qu'un art poétique nous ouvre grand les yeux.

Béatrice Hérouard

Aline Karnauch est née à Paris en 1955. Elle est professeur de Lettres et enseigne à L'IUFM de Chartres.





  • Les premières lignes

A chaque pluie veux renaître sais plus que j'ai grandi mes cheveux longs sont à la traîne les ciseaux les ont déjà coupés dévale les marches de l'oubli comme qui dirait à toute 8-S vole presque si j'entends rouler jusques en bas quelques matins quelques terreurs pas le temps de se retourner toutes façons quoi rattraper de la gorge les sanglots remontent aux yeux toujours trop tôt mourir.

A une heure précise que je n'ai pas notée le ciel s'est rompu en deux morceaux. Une encre grise avait gagné le triangle qui touchait aux prés. Au-dessus un foulard de satin blanc. J'ai écouté le passé mourir à voix basse mais peut-être était-ce le bruit des roues. Et si tu nouais dans le grand mouchoir les prés la petite voiture sur la route et moi dedans ça ferait un baluchon à balader plus loin sous le même ciel le même il est vrai mais autrement découpé par les branches des arbres ou que sais-je par un toit de couleur à trancher ce bleu vif qui précède les nuits inspirées.

Des fragments du soir reviennent sans crier gare tu sais au bord de la nationale j'avais cru voir un corps couché ce n'était qu'un chiffon lâcher le volant n'ose pas d'autres la feront cette folie les ciels sont incroyables parfois les nuages comme morceaux de tôle arrachés à l'usine du monde nous dormons ensemble sous un toit de papier notre drap mime la plaine avec ses creux d'ombre ses sillons quand tu touches la nuit en plein coeur je pivoine et j'irise.


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