Passion du livre - tout sur le livre : Spirit Lake

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Spirit Lake

Couverture du livre Spirit Lake

Auteur : Sylvie Brien

Date de saisie : 13/03/2008

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France

Collection : Scripto

Prix : 9.50 € / 62.32 F

ISBN : 978-2-07-061443-1

GENCOD : 9782070614431

Sorti le : 13/03/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Février 1915, Première Guerre mondiale. Dans le camp de détention de Spirit Lake, au Canada, Peter Gaganovitch, jeune ukrainien de 14 ans, agonise sur un lit d'hôpital à la suite d'un mystérieux accident. Dans sa quasi inconscience, il imagine tous les soirs que sa grand-mère lui rend visite et il lui dicte son journal. On apprend ainsi que trois mois plus tôt, Peter est arrivé d'Ukraine sur un bateau clandestin avec son frère, Iwan, 19 ans, et leur grand-mère. Immigrants non naturalisés, les deux garçons ont été embarqués par l'armée dès leur arrivée et emprisonnés au camp de Spirit Lake, à 500 Kms de toute terre habitée, au milieu d'un no man's land de glace. Par -40° dans des baraques de bois, la vie est difficile. Mais malgré les obstacles, Peter sait se faire l'ami des plus taciturnes et amener peu à peu du bonheur dans le camp en exécutant des pitreries. Iwan tombe amoureux d'une jeune pianiste, Tajina. De l'autre côté des barbelés, des Amérindiens initient Peter au monde fantastique de l'esprit du lac. Un jour, Peter apprend le décès de sa grand-mère. Mais il sera sauvé par un gradé qui, le faisant passer pour mort, parviendra à l'évacuer du camp avec son frère.

L'auteur

Sylvie Brien est née au Québec en 1959. Elle a longtemps exercé la profession de notaire, avant de se consacrer entièrement à l'écriture, son plus grand rêve d'enfance. L'archéologie mythique, l'histoire et les phénomènes inexpliqués sont pour elle des passions, qui nourrissent ses romans. Ils se distinguent tous par un étonnant mélange d'humour, de suspense et de mystère, qu'ils s'adressent aux enfants ou aux adultes.





  • Les premières lignes

Le paradis truqué.

Spirit Lake, nuit du 13 mai 1915.
Je ne dormirai plus; j'aurai bien assez de l'éternité pour me reposer. Quelque part, à l'extérieur des barbelés, des loups hurlent. Le silence de la nuit est infernal et je ne veux rien manquer. Il me reste si peu de temps.
Un rayon de lune se faufile à travers une vitre jusqu'à mon visage, éclairant au passage l'infirmerie où, de part et d'autre des murs percés de fenêtres sont alignés nos lits de camp. De mon grabat, que je regarde vers l'avant ou que je tende la tête en arrière, je vois des milliers d'étoiles et des aurores boréales couleur d'émeraude. C'est leur réflexion sur la neige qui servira de réverbère à ma dernière nuit ici. J'aime bien les réverbères, moi. Il y en avait beaucoup à Lviv, mais la guerre les a abîmés.
Un parfum de camphre et d'alcool à friction se distille dans la pièce pour se mêler à celui de la cigarette que grille la sentinelle. J'ai la nausée. J'écoute avec application la respiration sifflante et saccadée de mon voisin de droite, qui vient d'être hospitalisé à deux lits du mien, et dont j'ignore encore l'identité. Bien qu'on l'ait admis en pleine nuit, ordre a été donné de ne pas allumer les lampes à huile accrochées aux poutres du plafond. L'inconnu dort dans le lit de la petite Carolka, décédée hier matin de la typhoïde. Ici, que tu sois un homme, une femme ou un enfant, que tu sois vieillard ou que tu n'aies que quatorze ans comme moi, peu importe : c'est du pareil au même. À peine mort, il faut déjà céder ta place. Je suis fatigué. J'en ai assez qu'on me surveille tout le temps.
- Ça va, Peter ?
Dans la pénombre, je reconnais le visage du soldat en faction à l'uniforme invariablement froissé, son fusil en bandoulière vissé sur l'épaule. Je n'ai jamais osé lui demander comment il s'était fait cette affreuse cicatrice qui lui tranche la joue. Entre ses lèvres, le bout de sa cigarette est comme une nouvelle étoile dans ma nuit. L'inquiétude s'allume dans ses yeux et il repousse maladroitement la mèche de cheveux humides qui m'encombre l'oeil. Du bout des doigts, au cas où je serais contagieux.
- Je vais faire appeler le major Williams, décide-t-il.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli