Passion du livre - tout sur le livre : Ils ont tué Pierre Overney

_ Ils ont tué Pierre Overney

Couverture du livre Ils ont tué Pierre Overney

Auteur : Morgan Sportes

Date de saisie : 19/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Ceci n'est pas un fait divers

Prix : 20.90 € / 137.10 F

ISBN : 978-2-246-71201-5

GENCOD : 9782246712015

Sorti le : 19/03/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Ils ont tué Pierre Overney

«D'abord qui était Pierre Overney ? Les nouvelles générations auront du mal à croire que, dans les années 70, plus de 200 000 personnes ont défilé à Paris derrière le cercueil de cet inconnu : Lionel Jospin, Simone Signoret, Jean-Luc Godard, André Glucksmann et j'en passe. Pierre Overney était un ouvrier maoïste de 24 ans que ses petits chefs de la Gauche prolétarienne ont envoyé en commando pour casser la gueule aux gardiens " fascistes " de l'usine Renault, à Boulogne-Billancourt. Un membre du service d'ordre, Jean-Antoine Tramoni, a sorti son arme : Overney-le-mao est mort d'une balle en plein coeur. C'était le 25 février 1972.
La montée du terrorisme des années 70 a-t-elle été manipulée ? Pierre Overney, dans la naïveté de ses vingt ans, est-il mort à la confluence de jeux politiques et policiers souterrains qu'il était bien incapable de soupçonner ?
Lors de l'enterrement d'Overney, le philosophe communiste Louis Althusser aurait dit : c'est le gauchisme qu'on enterre. On peut se demander maintenant si, ce jour-là, ça n'est pas tout simplement la Gauche qui est morte.»

M. S.





  • La revue de presse Sébastien Lapaque - Le Figaro du 13 mars 2008

Quelque temps après avoir taillé en pièces le gauchisme culturel dans l'excellent Maos, un roman passé sous silence dans certaines gazettes, Morgan Sportès remet les événements en perspective autour de la mort de Pierre Overney à la manière d'un auteur de polars. Son livre est à la fois une enquête et un récit, des Illusions perdues nouvelle manière. Restituant le témoignage des uns et des autres, fouillant les archives, relisant la presse de l'époque, le romancier s'interroge avec à-propos sur quelques manipulations possibles. Par là, il se promène dans l'envers de l'histoire contemporaine comme le Balzac de l'Histoire des Treize. Face au « bloc historique » que les gaullistes et les communistes formaient depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le désordre semé à Paris par les gauchistes pouvait servir des intérêts à la fois contradictoires et convergents. On a ainsi vu des gaullistes de gauche sympathiser avec les maos par haine de «Pompidou l'atlantiste». L'art avec lequel ces combinaisons et ces rivalités sont mises en scène est très subtil.



  • Les premières lignes

En Chine maoïste, c'est le passé qui est imprévisible.

Jean Pasqualini, Prisonnier de Mao,
Gallimard, 1975.

Dix-neuf heures, le mercredi 23 mars 1977. La vitrine de l'auto-école du 2, rue Roger-Salengro, à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), est encore éclairée. Un homme, à la silhouette lourde, athlétique, sort de l'établissement. Il est brun, sourcils très fournis, le menton volontaire, mal rasé. C'est un des moniteurs de l'établissement. Il lance à son patron, resté à l'intérieur, un «au revoir, à demain» et fait quelques pas dans la rue, en direction de sa voiture garée non loin, avenue Henri-Barbusse. On distingue à peine, dans l'obscurité, les façades des maisons basses en pierre meulière.
De l'intérieur de l'auto-école, le patron, qui observe son employé par la vitrine, voit soudain surgir de l'ombre une moto de grosse cylindrée, blanche, à réservoir rouge. Deux individus la chevauchent, casqués. Elle freine. Le passager arrière saute à terre. Arrivant dans le dos du moniteur, il brandit un pistolet. Tire une, deux fois. Le moniteur tombe au sol. Le tueur tire encore à trois reprises sur le corps terrassé. Puis il réenfourche la moto derrière son conducteur. Tous deux disparaissent dans un vrombissement de moteur.
Les agents du commissariat local sont aussitôt prévenus. Ils constateront la mort du moniteur. Celui-ci, dans la poche intérieure de sa veste, avait un pistolet automatique de calibre 5,5 avec huit cartouches dans le chargeur et une boîte de cartouches dans la poche extérieure. Se sentait-il menacé ?... Il se nomme Jean-Antoine Tramoni, il a quarante-deux ans.

Trois heures plus tard l'Agence France-Presse, à Paris, reçoit un coup de fil anonyme. Ce sont les meurtriers qui l'appellent. Elle diffusera leur communiqué : «Les Noyaux armés pour l'autonomie populaire (NAPAP) revendiquent l'exécution d'Antoine Tramoni qui a été tué à 19 heures de cinq balles de calibre 11,43. Il y a cinq ans, Tramoni, flic privé de Renault, assassinait l'ouvrier révolutionnaire Pierre Overney. Tramoni est resté le symbole de la terreur patronale impunie. Alors que les organisations dites révolutionnaires ont été incapables de tenir le serment de venger Pierrot... nous montrons aujourd'hui que naissent de nouvelles forces révolutionnaires décidées à accorder leurs actes à leurs paroles et à ne rien laisser impuni.»


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