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Plus belle la vie. Volume 1, Les secrets du Mistral

Couverture du livre Plus belle la vie. Volume 1, Les secrets du Mistral

Auteur : Claude Lambesc

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Fleuve noir, Paris, France

Prix : 5.90 € / 38.70 F

ISBN : 978-2-265-08697-5

GENCOD : 9782265086975

Sorti le : 06/03/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Quand tout commence...
Marseille, place du Mistral. Pourquoi Ninon la Parisienne débarque-t-elle dans le quartier ? Comment va-t-elle rencontrer Rudy ? Et comment son père, Vincent Chaumette, vivra-t-il sa relation dévastatrice avec Céline ? La folie de la fille du notable Frémont pourrait bien, d'ailleurs, entraîner nombre d'habitants du quartier à leur perte... Mais les Mistraliens, Roland, François, Blanche et les enfants Marci, Charlotte et tous les autres, soutiendront Vincent et Ninon dans cet affrontement aux multiples rebondissements.

Claude Lambesc a participé à l'écriture du feuilleton.





  • Les premières lignes

Le dilemme de Vincent

Vincent Chaumette faisait les cent pas sur le quai de la gare Saint-Charles en ressassant inlassablement la question qui le hantait depuis des heures : comment Ninon allait-elle réagir en apprenant qu'ils s'installaient à Marseille ? Vu de l'extérieur, Vincent correspondait à l'image que l'on se fait du quadragénaire viril, à la fois séducteur et sûr de lui, le type d'homme qui avance dans la vie sans hésitation, dégageant une impression naturelle de réussite, le genre «j'assure et je le sais». Pourtant, il se sentait désarmé vis-à-vis de sa fille et, pour mettre toutes les chances de son côté, il essayait de se souvenir comment lui pensait à dix-sept ans - mais c'était loin et, de toute façon, les ados sont tellement imprévisibles, surtout les filles...
- Salut ! Moi, c'est Ninon ! Et vous, vous devez être Vincent, mon père ?
Il sursauta : sa fille venait de se matérialiser devant lui, drapée dans des tissus africains. «Elle est belle à croquer», se dit-il.
Ninon lui claqua deux bises rapides d'un air mutin.
- T'es tellement barré dans tes pensées que tu ne reconnais plus ta fille ? Tiens, cadeau ! J'ai pas eu le temps de l'emballer, je l'ai acheté sur la route de l'aéro­port.
Vincent s'empara du djembé que lui tendait Ninon. Il eut immédiatement l'air comique : son impeccable costume Zegna de parfait citadin jurait avec la percussion africaine 100 % roots.
- Heu... Merci, fallait pas... Comment ça va, ma chérie ? Tu dois être crevée, entre tes six heures de vol et le train dans la foulée !
- Ça va... J'ai failli attraper la crève en passant des 40 °C de Bamako aux -10 °C de l'avion...
- Tu vas te plaire ici : tu exagères déjà comme une Marseillaise !
Première perche. Mais Ninon ne rebondit guère.
- On va manger ? J'ai la dalle...
- Allons sur le port : tu vas voir, c'est super. Comme toute la ville, d'ailleurs : il y a des milliers de choses à voir, les gens sont adorables, sans compter le climat...
- Cool. Ça me fera un palier de décompression avant de rentrer à Paris. Mais je ne compte pas non plus me taper Marseille de fond en comble en un week-end !
«C'est pas gagné... Vas-y, dis-lui maintenant, sans détour», pensa Vincent - mais Ninon le ramena vers d'autres soucis qu'il n'avait, d'ailleurs, aucune envie d'aborder :
- Au fait, c'est sympa de demander des nouvelles de maman. Si ça t'intéresse, elle est toujours en vie, sa campagne de vaccination se passe bien et, même en pleine brousse, son portable fonctionne, au cas où tu voudrais l'appeler un de ces quatre... Même si vous divorcez, c'est le genre de truc qui se fait.
- Ninon... Ce n'est pas une situation facile pour moi, tu sais.
- Ah bon ? Parce que, pour moi, c'est super cool, figure-toi : des parents qui se séparent, mais sans le dire vraiment, et surtout sans en parler ni entre eux ni à leur fille... Pourtant, ça m'intéresse vaguement, tu sais ?
- On commence à s'engueuler tout de suite, ou d'abord on mange ? Ninon, je t'en prie, au moins, on essaie...
- Okay, okay, okay... Mais je serais toi, je rangerais tout de suite le djembé dans ta voiture : tu as un look qui déchire, là !


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