Passion du livre - tout sur le livre : Skully Fourbery

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Skully Fourbery

Couverture du livre Skully Fourbery

Auteur : Derek Landy

Traducteur : Jean Esch

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-07-060314-5

GENCOD : 9782070603145

Sorti le : 06/03/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

«Maintenant qu'il n'avait plus ses lunettes noires et que son écharpe était défaite, on voyait qu'il n'avait ni chair, ni peau, ni yeux. Il n'avait pas de visage. Il n'avait qu'une tête de mort.»

Faites la connaissance de Skully Fourbery : détective sarcastique, magicien puissant et champion des coups fourrés. Ah ! et puis c'est un squelette.

Derek Landy a réussi l'exploit de faire d'un squelette détective et dandy un héros de la littérature jeunesse.
Le Figaro Magazine

Un premier roman envoûtant, qui ravira les fans de Potter.
Publishers weekly

Ce livre est un régal. Plein de caractère, d'humour noir et de divertissement.
Daily Telegraph





  • Les premières lignes

Stephanie

La mort brutale de Gordon Edgley fut un choc pour tout le monde, surtout pour lui. Il était dans son bureau, il avait écrit sept mots de la vingt-cinquième phrase du dernier chapitre de son nouveau livre Sur eux, les ténèbres s'abattirent, et l'instant d'après il était mort. «Une perte tragique», répéta en écho, mollement, son esprit, tandis qu'il s'éteignait.
Son enterrement rassembla la famille et quelques connaissances, mais peu d'amis. Gordon n'était pas très apprécié dans le monde de l'édition car, même si ses récits où se mêlaient l'horreur, la magie et le fantastique pointaient régulièrement leurs têtes dans les listes des best-sellers, il avait l'inquiétante manie d'insulter les gens sans s'en rendre compte, puis de se moquer de leur stupeur. Quoi qu'il en soit, c'est à l'enterrement de Gordon que Stéphanie Edgley vit pour la première fois l'homme au pardessus beige.
Il se tenait à l'ombre d'un grand arbre, à l'écart des gens, dans son manteau boutonné jusqu'au col malgré la chaleur de l'après-midi. Une écharpe était enroulée autour du bas de son visage et, bien que placée à l'autre bout de la tombe, Stéphanie voyait les cheveux rebelles et crépus qui dépassaient sous le chapeau à large bord enfoncé sur son crâne, au-dessus d'une gigantesque paire de lunettes noires. Elle le regardait, intriguée par son apparence. Soudain, comme s'il se savait observé, il fit demi-tour, s'éloigna entre les rangées de pierres tombales et disparut.
Après la cérémonie, Stéphanie et ses parents regagnèrent la maison de feu son oncle en franchissant un pont en dos d'âne, puis en empruntant une route étroite qui se frayait un chemin à travers un paysage boisé. La grille, lourde et imposante, était ouverte pour les accueillir dans le domaine. La propriété était immense et la vieille maison ridiculement grande.
Il y avait dans le salon une porte déguisée en bibliothèque et, quand elle était plus jeune, Stéphanie aimait se dire que personne d'autre ne connaissait son existence, pas même Gordon. Il s'agissait d'un passage secret, se disait-elle, comme dans les romans qu'elle avait lus, et elle s'inventait des histoires de maisons hantées et de trésors cachés. En cas de danger, ce passage dérobé lui permettrait de s'enfuir et les méchants imaginaires seraient abasourdis par sa disparition aussi soudaine que mystérieuse. Mais aujourd'hui, cette porte était ouverte, un flot régulier de visiteurs la franchissait, et Stéphanie était triste qu'on lui ait volé cette part de magie.
On servit le thé, on remplit des verres et on fit circuler de petits sandwiches sur des plateaux en argent ; Stéphanie observa les personnes endeuillées qui évaluaient mine de rien tout ce qui les entourait. Le principal sujet des messes basses était le testament. Gordon n'était pas du genre à exprimer ouvertement son amour pour quiconque, ni même son affection, si bien que nul ne pouvait prédire qui hériterait de sa fortune. Stéphanie voyait suinter la cupidité dans les yeux larmoyants de l'autre frère de son père, un petit homme horrible nommé Fergus, qui hochait la tête d'un air triste, parlait avec gravité et chipait les couverts en argent quand il croyait que personne ne le voyait.


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