Autour de l'avion / Passion du livre

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.. Autour de l'avion

Couverture du livre Autour de l'avion

Auteur : Gérard Desbois

Date de saisie : 20/10/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Bleu ciel éditions, Marcé, France

Prix : 25.00 €

ISBN : 2-9521228-2-2

GENCOD : 9782952122825

Sorti le : 20/10/2006

en vente sur


  • La présentation de l'éditeur

Gérard Desbois est ne en 1958 en Anjou, à Longue-Jumelles. Au-dessus delà maison familiale, les Mystère IV et T-33 T Bird de Tours, traçaient un sillon de métal dans le ciel ligérien. C'est sans doute ce gui a fait de lui ce passionné d'aviation. En 1976, il quitte son Anjou adoré pour Toulouse, le berceau européen de l'aéronautique, où il suit ses premières études sur les choses de l'air. Il y devient pilote privé puis, en 1979 à l'Ecole Nationale d'Aviation Civile (ENAC), il suit la formation théorique de mécanicien navigant, finalisée par une formation pratique à Saint-Yan, en 1981. Avec cette licence en poche, il perfectionne sa formation aéronautique et devient pilote professionnel juste avant d'intégrer Aérospatiale, en 1982. Sous la houlette d'Henri Perrier, premier ingénieur navigant d'essais de Concorde, alors directeur des Essais en Vol d'Aérospatiale et judicieux détecteur de matière grise, il entre à l'EPNER (Ecole du Personnel Navigant d'Essais et de Réception) d'où il sort, à l'âge de 29 ans, le plus jeune mécanicien navigant d'essais jamais breveté.

Détaché à la SOGERMA de Bordeaux, filiale spécialisée dans la grande maintenance aéronautigue, il assure la réception d'avions tels que Jaguar, CM-170 Fouga Magister mais aussi C-160 Transall, Nord-262, C-130 Hercules, DHC-5 Buffalo, Fokker F-27, TB-30 Epsilon, Mystère 20, etc. En 1991, il rejoint Airbus et l'équipe d'essais en vol de l'A-340 et de l'A-321, puis participe au premier vol de l'A-319 et assure un peu plus tard celui de son «bébé adoré», l'A-340/600. Enfin, il est le mécanicien navigant d'essais chargé du programme A-380 et participe au premier vol du plus gros avion du monde, le 27 avril 2005.

De son métier, il dit qu'il est celui d'un «généraliste» et «la mémoire vivante de l'avion». Le mécanicien navigant d'essais décide de l'opportunité de l'application des modifications pendant tout le processus de développement et de certification. Il est, au sein de l'équipe, le responsable de l'avion à tous les instants de sa période d'essais. Gérard Desbois totalise 6 000 heures de vol dont 4 800 effectuées au cours d'essais en vol. Pilote privé, il affiche aussi 700 heures de vol «de loisirs» et a piloté plus d'une trentaine d'avions légers différents. C'est aux commandes de son Piper J-3, de 1943, qu'il aime survoler la campagne et partager les joies du vol avec ses amis et ses proches.

Jeune pilote, reporter de ses propres aventures ailées, râleur ou rêveur, Gérard Desbois manie la plume et le verbe pour exprimer ses passions, ses enthousiasmes ou bien fustiger les manies du monde moderne de l'entreprise, de l'aviation qui perd son âme, des pilotes qui le sont de moins en moins. Incisif, ironique, Gérard Desbois n'hésite pas à appuyer du doigt là où cela fait mal, jamais méchamment, toujours efficacement. Il fait partie de ces poètes de l'aviation qui savent garder la technologie à sa juste place et jouir du plaisir de voler, en regardant le ciel, les nuages et la terre, sans jamais perdre de vue l'immense privilège de pouvoir rejoindre les oiseaux. Laissez-vous piloter au fil des pages. Avec l'auteur aux commandes et aux manettes, partagez l'univers aéronautique tel qu'il le voit...

R. G.





  • Les premières lignes

Papa ! Nous volons !

- Quelle famille ! Trois fils et trois dans l'aviation, disait le monsieur sur le parvis de l'église à la sortie de la messe dominicale.
- Eh ben ! Si c'est pas malheureux ! Une si belle ferme et personne pour reprendre la suite. Je crois bien que Chariot, il avait une idée derrière la tête et il ne voulait pas que ses fils lui succèdent, lui rétorqua son compère en casquette.

J'ai deux frangins, un grand et un petit et Chariot, c'est notre Papa. Et si son prénom est bien Charles, d'un chariot il a toujours été très éloigné. Pour sûr qu'il n'a jamais voulu que ses fils lui succèdent. Il a même tout fait pour nous dégoûter à jamais de ce métier qu'il exécrait, celui d'exploitant agricole. Issu lui-même d'une famille d'agriculteurs, il comprit très jeune que ce métier pénible où l'investissement de soi est permanent et sans répit, ne lui permettrait pas, faute de vocation, de se réaliser pleinement. Aussi, contre l'avis unanime et très éclairé de ses professeurs du collège Saint-Louis, de Saumur, lorsque son propre père mit fin à des études prometteuses afin de rapatrier ce fils aîné sur l'exploitation, Papa n'eut de cesse qu'il trouve un moyen pour se libérer de ce carcan dévastateur.

1944. La guerre continuait de faire ses ravages. Chaque jour, chaque nuit, les avions inondaient le ciel de multiples formations en un vrombissement caractéristique de la technologie des moteurs de l'époque. Certains même étaient abattus et tombaient dans les champs environnants avec ou, dans le meilleur des cas, sans leur équipage. Paysans et paysannes espéraient alors voir plusieurs corolles vertes ou grises s'épanouir dans le ciel, suspendant au bout de leurs ficelles cette jeunesse de 20 ans, miraculeusement encore en vie parfois. C'était le quotidien de la jeunesse de notre père. C'est à ce moment-là qu'il décida de s'engager dans l'Armée de l'Air afin de suivre la formation de pilote de chasse en Angleterre. Hélas, la désorganisation totale des forces françaises à cette époque, laissait des centaines de jeunes volontaires en partance pour l'Angleterre en errance dans des camps de transit. Elle eut raison de toutes ces vocations. Notre père, comme tant d'autres, fut démobilisé avant d'avoir pu toucher un seul manche à balai. La guerre prenait fin, la formation de nouveaux pilotes de guerre devenait inutile. Si, bien sûr, on peut se réjouir de l'arrivée de la paix, elle sonna cependant le glas de ses espoirs de devenir un jour pilote d'avion.

Cette petite mort dans l'âme, il revint donc au bercail familial, toujours décidé à exercer un autre métier que celui d'agriculteur. Ayant le goût de la nature, il n'acceptait plus pour autant de se courber vers la terre nuit et jour. Grâce à un niveau d'études assez inhabituel pour l'époque, il réussit à trouver un emploi de terrain dans l'administration des tabacs. Ce dernier lui imposait de tenir une forme de sportif puisqu'il faisait toutes ses tournées de visiteur des plantations à bicyclette. Il n'y avait plus d'avions au-dessus de sa tête, il ne levait plus les yeux au ciel. C'était devenu inutile. En revanche, il voyait tous ses amis et restait en contact avec ce milieu rural dont il a persisté à vanter les qualités humaines et le bon sens.


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