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Comme un chat dans la gorge

Couverture du livre Comme un chat dans la gorge

Auteur : Chantal Attané

Date de saisie : 12/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Archipel, Paris, France

Prix : 15.95 € / 104.63 F

ISBN : 978-2-8098-0043-2

GENCOD : 9782809800432

Sorti le : 13/03/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Des chats dansent sur les toits : attention, quelqu'un va mourir...
La fatalité semble s'abattre sur Élise. Un jour, elle décide de supprimer ceux par qui le malheur arrive. D'abord par la méthode douce. Mais, au fil des homicides, vengeance et sadisme prennent le dessus.

Où s'arrête le crime ? À jouer avec la mort, on en vien­drait à la souhaiter aux êtres les plus chers. On achève bien les chats...

Partie en quête d'identité dans Le Propre du bouc (Manya, 1991), Chantal Attané la trouve ici dans le pouvoir subversif de la violence et de la satire.





  • Les premières lignes

Ma mère

- Salope !
Je ne supporte pas que cet objet me nargue. La glissière de ma trousse de toilette. Elle vient de craquer sous le trop-plein de flacons et crèmes de beauté que j'y ai entassés.
Je supporte encore moins de quitter mon nid, en suspens dans le ciel, au dernier étage d'un immeuble bordant le canal Saint-Martin. En ce début de week-end, Cédrig aurait pu m'y rejoindre. Et janus...
Je ne supporte plus rien.
Dans ma rage à boucler mon sac, je me suis coupée sur la pointe de mes ciseaux à ongles.

Griffure...

Les sanglots m'étranglent. Je me laisse tomber à genoux sur le sol de la salle de bains. Martèle le plancher de teck, invective les tranchants d'acier étincelants d'indifférence :
- Fumiers !
Je ne supporte plus de saigner. Surtout à cet endroit. La veine du poignet.

Griffure...
Il s'était débattu comme un tigre, l'animal. Ses pattes avaient pédalé dans le vide comme une araignée retournée sur le dos.

J'en vois une qui grimpe le long du carrelage bleu et blanc... «Araignée du matin, chagrin», disait ma mère, adepte des dictons. D'ordinaire, je me serais contentée d'écraser l'intruse. Un mystérieux réflexe me propulse vers le vide-poche où traînent des épingles. J'en saisis une, empale la bête. Comme l'autre, l'insecte dégoûtant agite convulsivement ses pattes. Je les lui arrache une à une : «Je t'aime, un peu, beaucoup, à la folie...» Ma folie dégénère en un miaulement guttural, comme si Janus allait me faire éclater la glotte.
La seule évocation d'un acte de sadisme m'a toujours révoltée. J'ai puisé une paix infinie dans le raffinement de cette agonie.

Griffure...

Je réussis à fermer mon sac. En vérité, je ne supporte plus d'aller la retrouver. Elle. Dans son état. Je redoute même de l'appeler au téléphone. La plupart du temps, elle ne répond plus. Me laisse imaginer le pire. Aujourd'hui, j'ai de la chance. Elle décroche :
- Allô ? Ma petite maman ? C'est Élise. Elle hésite.
- Votre fille.
- Oui...
- Vous vous rappelez que j'arrive ce soir ?
- Bien sûr, je suis tellement contente.
- Vous savez que je n'ai pas vos clés. Il faudra m'ouvrir la porte...
La voilà qui s'offusque :
- Mais oui, je le sais tout ça !
- Alors, à tout à l'heure. Vers 22 h 30.


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