Passion du livre - tout sur le livre : Mémoire et culture dans le monde luso-hispanophone Volume 1, Espagne, Portugal

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Mémoire et culture dans le monde luso-hispanophone Volume 1, Espagne, Portugal

Auteur : Nicole Fourtané | Michèle Guiraud

Date de saisie : 03/03/2008

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Presses universitaires de Nancy, Nancy, France

Prix : 42.00 € / 275.50 F

ISBN : 9782864807780

GENCOD : 9782864807780

Sorti le : 03/03/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

La collection publie des travaux universitaires sur l'Espagne, le Portugal, l'Amérique latine et les anciennes colonies espagnoles et portugaises. Les réflexions sont axées sur la culture, l'histoire, la littérature, la langue de ces pays. Les contributions sont l'oeuvre de spécialistes français et étrangers des aires concernées. Ces recherches peuvent intéresser étudiants, enseignants du secondaire, chercheurs, ainsi qu'un public plus large désireux de mieux connaître ces mondes parfois méconnus des médias.

Ce volume rassemble les communications sur l'Espagne et le Portugal présentées lors du Colloque international des 1er et 2 juin 2006, organisé à l'Université Nancy 2 par le groupe de recherche «Culture et histoire dans le monde luso-hispanophone», rattaché à l'Equipe d'Accueil ROMANIA (EA 3465). La mémoire et la culture, sont constitutives de l'identité individuelle et collective. Elles entretiennent un rapport dialectique fondamental, non seulement dans la construction de la personnalité de l'être humain, mais encore dans sa relation à la société et à l'histoire. Deux grandes thématiques, indissociables, se sont dégagées : Mémoire et histoire et Mémoire et littérature. Pour l'Espagne, le franquisme fait l'objet de nombreuses réflexions, aussi bien en littérature qu'en civilisation. Il a marqué de façon indélébile le XXe siècle. Néanmoins, les enjeux de la mémoire dépassent largement cette époque troublée et les apports sur la littérature démontrent que, quelle que soit la période considérée, la mémoire est un des ressorts essentiels de la création littéraire. Les approches concernant le Portugal mettent en exergue la richesse de l'héritage culturel du monde lusophone. La perspective diachronique et synchronique des analyses proposées révèle des constantes dans la perception de certains phénomènes. Un des grands mérites de cette rencontre est d'avoir réuni des chercheurs travaillant, en général, sur des aires distinctes et d'avoir favorisé les échanges entre eux. Cet ouvrage trouve tout naturellement son complément dans le second volume qui recueille les études concernant l'Amérique hispanophone. Cet ensemble propose un panorama très vaste, à travers des articles de grande qualité, qui pourra servir de référence à des travaux ultérieurs.





  • Les premières lignes

La cathédrale de Tolède : lieu de mémoire, fragment d'histoire, courbe du temps
François Pierre
Université de La Réunion

La Catedral de Toledo ! Figuraos un basque de gigantescas palmeras de granito que al entrelazar sus ramas forman una bóveda colosal y magnifica, bajo la que se guarece y vive, con la vida que le ha prestado, el genio, toda una creaciôn de seres imaginarios y reales.
Figuraos un caos incomprensible de sombra y luz, en donde se mezclan y confunden con las tinieblas de las naves los rayos de colores de las ojivas donde lucha y se pierde con la oscuridad del santuario el fulgor de las lámparas.
Figuraos un mundo de piedra, inmenso como el espiritu de nuestra religion, sombrio como sus tradiciones, enigmático como sus parábolas, y todavia no tendréis una idea remota de ese eterno monumento del entusiasmo y de la fe de nuestros mayores, sobre el que los siglos han derramado a portla el tesoro de sus creencias ; de su inspiración y de sus artes.

Gustavo Adolfo BÉCQUER,
Leyenda loledana, la ajorca de oro.

La réflexion sur l'Église, poussée de concile en concile, a modifié l'architecture des lieux de culte et la disposition des nefs et des choeurs, adaptés tour à tour à une liturgie monastique, à l'office canonial dans les profonds choeurs gothiques, puis à une disposition hiérarchique des fidèles et du clergé. Les chrétiens n'ont donc cessé de renouveler leurs édifices selon l'esprit du temps, y compris par l'intégration de formes étrangères dans l'architecture de leurs églises. Les différentes réformes eurent le souci de rendre les célébrations visibles et audibles à tous, mettant l'accent sur le sacerdoce commun des fidèles et leur participation active à la liturgie. Cette évolution a inspiré la construction des nefs élargies en éventail ou demi-cercle, symbolisant le rassemblement du peuple de Dieu, non plus face à la table eucharistique mais comme autour d'elle. Ainsi, les églises n'ont pas un plan uniforme : certaines sont circulaires, rectangulaires ou en forme de croix grecque. La plupart ont toutefois adopté le plan basilical d'une nef allongée pourvue d'un transept ou vaisseau central, au-dessus du choeur. Le plan évoque un homme étendu, dont la tête est le sanctuaire, le corps la nef, et les bras le transept : un plan à l'image de l'homme, sommet de la création, image surtout du Christ, étendu sur le bois de la croix, dans l'attente de la Résurrection. L'église cruciforme dirigée vers les points cardinaux signifie la catholicité du culte chrétien. En un tel édifice, en ses colonnes, ses arcades, sa voûte, et éventuellement sa coupole, se retrouvent les structures élémentaires du carré terrestre et du cercle céleste. En passant en revue l'histoire de l'art des cathédrales, on ne saurait oublier que le changement de leurs formes n'obéit pas seulement aux idées, à la théologie et à la sensibilité du temps, mais aussi à l'expression de la mémoire d'une nouvelle autorité sociale et politique. C'est le cas pour la ville de Tolède, qui s'érige face à l'ennemi musulman et symbolise le retour dans la péninsule de l'ordre chrétien. Il est bien évident qu'un même monument peut réunir différents styles en son sein, et donc rendre compte de différentes étapes de l'histoire de l'architecture et de l'évolution spirituelle d'une communauté. Ainsi, la cathédrale de Tolède, de style gothique, inclut des apports d'autres styles comme le mudéjar, le baroque et le néo-classique ; sa façade principale, orientée vers l'ouest, et la porte des Lions, qui s'ouvre vers le sud, possèdent de magnifiques portails sculptés en pierre ; la façade nord est précédée d'une grille mudéjar, tandis que la porte Llana est une construction massive et néoclassique, réalisée en 1800. Nous nous intéresserons dans cette communication essentiellement au Moyen Âge, c'est-à-dire précisément à la cathédrale gothique de Tolède, comme reflet d'une étape essentielle du développement de l'Espagne : la Reconquête du territoire péninsulaire.
Pendant tout le Moyen Âge, Tolède domine la Meseta au sud des cols de la cordillère centrale. Cette primauté est ancienne : elle remonte à l'installation du trône des rois wisigothiques, elle est prolongée par sa fonction de chef-lieu de l'émirat, puis du califat de Cordoue, elle est enfin siège du royaume berbère des Banu dil Nun (qui avaient pris le contrôle de Tolède à la chute du Califat de Cordoue). En 1085, la ville tombe aux mains des Castillans commandés par Alphonse VI. L'occupation chrétienne fait de la ville une tête de pont et le quartier général des opérations vers le sud.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli