Auteur : Caroline Fieschi
Date de saisie : 02/03/2008
Genre : Botanique
Editeur : Ed. du CTHS, Paris, France
Collection : CTHS-Sciences, n° 4
Prix : 35.00 € / 229.58 F
ISBN : 978-2-7355-0654-5
GENCOD : 9782735506545
Sorti le : 14/02/2008
De la reproductions de feuilles d'herbier et d'échantillons de plantes fossiles aux enregistrements d'expériences de physiologie végétale, des photomicrographies d'algues, de champignons ou de coupes de bois aux représentations de la végétation de tous les continents, les photographies insérées dans les livres de botanique présentent une grande diversité. Allant du tirage photographique collé à la similigravure, en passant par de très nombreux procédés de reproduction, une cinquantaine d'exemples européens permettent de replacer ces images dans leur contexte de production et de diffusion, non seulement technique, mais aussi visuel. A la croisée de l'histoire du livre, de l'histoire des sciences et de l'histoire de la photographie, l'originalité de cet ouvrage est de présenter l'étendue de cette diversité formelle et technique en montrant une part encore largement méconnue de la photographie du XIXe siècle : des images conservées au sein d'un objet banal, le livre, et de ce fait longtemps négligées par l'historiographie. Les livres choisis permettent d'éclairer les pratiques de leurs auteurs, botanistes, professeurs, voyageurs, tant dans la collecte d'images que dans l'insertion de ces dernières dans leurs publications.
Caroline Fieschi est archiviste paléographe. Elle consacre ses recherches à la diffusion de l'usage de la photographie chez les scientifiques français au XIXe siècle.
Extrait de l'introduction :
La constitution du corpus
Les cinquante ouvrages étudiés ici ne présentent qu'une toute petite part des ouvrages de botanique comportant une illustration photographique. Certains livres bien connus sont mêmes absents de cette sélection. Les ouvrages décrits ont été choisis pour leur date de publication (antérieure à la Première Guerre mondiale), leur signalement dans les principaux périodiques de botanique contemporains de leur parution (Annales de botanique, journal de botanique, Bulletin de la Société botanique de France, etc.), leur appartenance aux collections d'institutions héritières de fonds scientifiques du XIXe siècle.
Liée dès son origine, avec les premières recherches de Nicéphore Niépce, à la volonté de multiplier les images, la photographie accompagne l'évolution de l'illustration des imprimés tout au long des XIXe et XXe siècles. Cette évolution ne se fait pas sans à-coup. La Première Guerre mondiale correspond souvent à l'interruption des entreprises de longue haleine (flores en plusieurs volumes, par exemple), parfois reprises dans les années vingt et trente. A partir des années 1910, les ouvrages illustrés de photographies deviennent de plus en plus courants et homogènes. Ils diffèrent alors peu des ouvrages que nous connaissons actuellement : on assiste, en effet, à une uniformisation des procédés photomécaniques, qui permettent une plus grande souplesse dans la mise en page ; la qualité seule varie, tendant plutôt à se détériorer avec la part croissante prise par la similigravure. En effet, moins exceptionnels et moins soignés, les ouvrages s'adressent à un public plus large et les coûts sont de ce fait réduits au détriment de la qualité, réservée alors à quelques grands albums.
Ce qui nous intéressera ici, ce sont les tâtonnements, la diversité des tentatives, qui aboutiront à ce qui préfigure le livre illustré de photographies actuel. De nos jours, des ouvrages de botanique sont en grande partie ou exclusivement illustrés de planches réalisées à partir de dessins. Il ne s'agit donc pas de suivre le passage d'une technique à une autre, mais de voir comment l'introduction d'un nouveau médium est assimilée par les scientifiques et leurs éditeurs et comment la photographie s'inscrit dans un éventail toujours plus large de techniques de représentation et de reproduction. Il s'agit aussi de voir comment la palette demeure large pour les procédés de représentation (dessins, aquarelles, photographies, etc.), mais tend à se réduire, après un demi-siècle d'inventions de tous ordres, pour les procédés de reproduction avec le triomphe de la similigravure.
L'expression «livre de botanique» est ici employée par facilité : elle ne recouvre pas stricto sensu le corpus retenu. Outre les flores et les monographies de familles de plantes, les mémoires et essais traitant de physiologie végétale, que cette expression désigne plus précisément, il nous a paru intéressant de présenter des ouvrages de pharmacognosie où l'étude des végétaux est prépondérante ; des comptes rendus de missions scientifiques, qui traitent bien souvent aussi d'autres disciplines que la botanique (la zoologie, la géographie physique et l'anthropologie lui sont en effet le plus souvent associées) ; des manuels destinés aux fonctionnaires coloniaux, et plus généralement aux colons, écrits en vue de favoriser le développement de la production agricole dans des régions récemment conquises ; des manuels de photographie destinés à répandre sa pratique parmi les scientifiques et présentant de ce fait des illustrations touchant plusieurs domaines, dont la botanique ; enfin, des albums servant de sources aux arts décoratifs. Le corpus n'a cependant pas été étendu à l'ensemble des ouvrages comportant des images de plantes.
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