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L'épuisement de la Terre : l'enjeu du XXIe siècle

Couverture du livre L'épuisement de la Terre : l'enjeu du XXIe siècle

Auteur : Daniel Nahon

Date de saisie : 29/02/2008

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : O. Jacob, Paris, France

Collection : Sciences

Prix : 25.90 € / 169.89 F

ISBN : 978-2-7381-2042-7

GENCOD : 9782738120427

Sorti le : 14/02/2008


  • La présentation de l'éditeur

Et si le véritable risque n'était pas le réchauffement climatique ? Et si c'était l'épuisement de la terre ? Comment nourrir dix milliards d'individus avec des sols surexploités ?

Daniel Nahon sonne l'alarme. Les sols, soubassements féconds des civilisations humaines, s'érodent plus vite qu'ils ne se reconstituent. Ils sont la peau de la Terre. Les argiles, une poussière de minéraux, les recouvrent d'une fine pellicule. Et nous la sollicitons de plus en plus, jusqu'à la maltraiter. La vie pourra-t-elle continuer à y puiser ses aliments ?

Tel est l'enjeu crucial de ce livre. Qui nous rappelle que nous sommes avant tout des Terriens.

Daniel Nahon est professeur de géosciences à l'université Paul-Cézanne d'Aix-en-Provence.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Les terres émergées présentent à leur partie la plus superficielle une formation, le plus souvent argileuse, meuble et friable et qui porte la végétation naturelle ou les plantes cultivées. Elle peut être réduite à quelques centimètres dans les zones où le climat est le plus sec et atteindre deux cents mètres dans les zones équatoriales humides. On l'appelle le sol.
Les sols de nos champs, de nos pâturages, de nos forêts et de nos jardins sont de plus en plus sollicités, maltraités, amendés en dépit du bon sens, retournés, grattés, érodés, négligés. Ils s'épuisent plus vite qu'ils ne se reconstituent. Alors que le sol, soubassement fécond qui a permis l'aventure de l'humanité et la conquête de notre planète, se tarit et ne pourra plus, au rythme de son érosion, nourrir les neuf ou dix milliards d'individus que nos sociétés porteront vers le milieu du XXIe siècle. C'est là que se situe l'ambiguïté du comportement humain !
À l'heure même où l'opinion publique se sensibilise à la dégradation de l'environnement, peu de voix scientifiques et politiques s'élèvent pour parler de la préservation du sol. Nombre de chercheurs et d'hommes politiques se voulant à la pointe du progrès, se détournent du devenir du sol au profit d'engouements plus à la mode. Mais la réalité est que nous perdons chaque année 0,5 % de notre capital-sol en soustrayant plusieurs milliers d'hectares, par accroissement de nos cités et de nos routes, par nos pollutions, par salinisation, par érosion. Et cela sans espoir de retour de ces sols.
Les ingénieurs agronomes ont certes eu une tâche difficile, celle d'accroître la production des principales cultures vivrières afin de subvenir aux besoins alimentaires d'une population mondiale en constante croissance. Pour cela ils se sont particulièrement intéressés aux horizons superficiels de labours où les plantes cultivées puisent leur développement et y ont apporté amendement, irrigation, herbicides et insecticides. Certes, ils ont fait oeuvre utile et ont provoqué une augmentation très sensible de la production agricole. Mais le système sol-végétation n'a pas été compris et considéré dans son ensemble. Comme souvent le progrès immédiat a fait passer au second plan les implications sur le sol, sa composition, sa structure profonde, les nappes qui y circulent... Quelques décennies plus tard, on en mesure les conséquences sur l'environnement !
Tout comme il existe une histoire de notre planète Terre, il y a une histoire du sol qui accompagne l'émergence de la vie et son développement. La vie comme le sol sont en effet tous deux apparus sur notre globe après que l'eau y eut pris forme liquide. En tombant en pluie, elle pénètre les moindres fissures et craquelures des roches ignées et métamorphiques qui affleurent partout à la surface de la Terre. Elle interagit avec les minéraux qui les constituent et les dissout en individualisant tous leurs éléments chimiques. Certains sont emportés par le ruissellement tandis que d'autres se recombinent entre eux, sur place, en nouveaux minéraux très petits tant les conditions de température à la surface des continents sont moindres que celles qui existent plus en profondeur où roches ignées et métamorphiques se sont formées.


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