Auteur : Marianne Baudin
Date de saisie : 29/02/2008
Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : Hermann, Paris, France
Collection : Psychanalyse
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 978-2-7056-6557-9
GENCOD : 9782705665579
Sorti le : 15/02/2008
Contrairement à ce que l'on peut encore croire, les épreuves projectives que sont le Rorschach et le TAT de Murray, constituent une véritable situation clinique. Leur usage est souvent problématique. Pourtant, leur utilisation sérieuse révèle leur grande pertinence et la dimension subjective de l'analyse qui, incontestablement, y est vivante.
La première partie de ce manuel est consacrée au Rorschach, dont le matériel est présenté dans toute son «inquiétante étrangeté», avec les problématiques de présence/absence et de féminin/masculin. Toutes les cotations sont expliquées et exemplifiées.
Il en est de même pour le TAT qui occupe la seconde partie de l'ouvrage. L'dipe et la perte, deux dimensions primordiales révélées par cette épreuve, sont particulièrement travaillées ; la spécificité de la passation l'est également.
Ce livre, avec finesse et rigueur, reprend tous les aspects des épreuves projectives et en éclaire de nouveaux, révélant une extrême attention à la clinique contemporaine, attention qui saura intéresser aussi bien les étudiants, les psychologues, les psychanalystes et les chercheurs.
Marianne Baudin est Maître de conférences et habilitée à diriger des recherches à l'Université Paris VII. Enseignante, chercheuse et psychanalyste, elle est également attachée au Centre d'Études en Psychopathologie et Psychanalyse de Paris VII, membre de la Société française du Rorschach et Méthodes projectives et du réseau universitaire international Méthodes projectives et Psychanalyse.
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Extrait du préambule :
Les deux épreuves projectives majeures que sont le Rorschach et le TAT, dont il va être question dans cet ouvrage, ont connu et connaissent encore des adeptes et des adversaires. Elles laissent également indifférents bon nombre de cliniciens et de chercheurs en psychopathologie et en psychanalyse qui les maintiennent ainsi dans une sorte d'oubli de leur pratique.
Des ouvrages de référence, anciens ou plus récents, ont déjà été publiés sur chacune de ces deux épreuves, surtout sur celle du Rorschach. Les Éditions Hermann ont, à cet égard, su prendre dans le passé et leur part et leur place dans la divulgation de l'épreuve du Rorschach, en publiant en 1969 puis en 1976 le Manuel pratique du test de Rorschach écrit par Marguerite Loosli-Usteri.
Tout en se situant dans la filiation de ses apports et de ceux d'autres illustres prédécesseurs comme Nina Rausch de Traubenberg, Didier Anzieu, Catherine Chabert et Françoise Brelet, l'ouvrage qu'il m'a été demandé de composer propose d'aborder les deux épreuves dans le souci de ne pas les séparer l'une de l'autre mais de les réunir au sein d'une même présentation comme deux parties d'une même unité, tout en réexaminant leurs caractéristiques propres ainsi que les méthodologies de leur analyse et de leur interprétation.
Ce trait d'union, mis ainsi entre les deux épreuves, sert aussi une ambition qui n'est pas seulement pratique. Il vise à soutenir que, contrairement à ce que l'on entend dire parfois dans certaines formations de psychologues cliniciens et dans des institutions du soin psychique, les épreuves projectives que sont le Rorschach et son complément moins connu, le TAT de Murray, ne constituent pas seulement une voie essentiellement technique qui approcherait le fonctionnement psychique dans une démarche faite de jalons isolés : ces épreuves, qui en fait ne sont pas à proprement parler des «tests», forment en réalité ensemble une véritable situation clinique à part entière, avec une dynamique et une cohérence interne qui se maintiennent d'un bout à l'autre et que structure un certain nombre d'organisateurs : la demande, le cadre, les consignes et leurs formulations, les planches elles-mêmes, les différents temps de passation, les entretiens pré- et post-passation, et surtout bien sûr les références théoriques qui servent de soubassement à l'écoute du matériel fourni au clinicien par le sujet, et qui n'est autre que son discours.
La désignation commune de «tests» projectifs mérite dès à présent d'être réévaluée. Il ne s'agit pas de dénier à la situation projective la part de scientificité qui lui revient en tant que situation expérimentale et instrumentalisée de façon suffisamment consistante. Mais, réexaminons tout de même le Rorschach et le TAT en regard des dimensions structurelles qui définissent les tests : la sensibilité, la fidélité et la validité.
Avant d'aller plus loin, une première remarque s'impose : si le Rorschach a bien donné lieu à certaines évaluations statistiques et à l'élaboration de normes, permettant de comparer aisément les sujets entre eux et de les situer dans le continuum qui va du normal au pathologique, il n'en va pas du tout de même pour le TAT, resté toujours beaucoup plus en marge de cette approche, peut-être du fait de ses rapports très étroits avec le langage, plus faciles à négliger dans l'examen de la réponse Rorschach. Mais on ne peut oublier, pour en rester au Rorschach, qu'il continue de poser des problèmes de standardisation et de renouvellement de ce que l'on a tenté d'établir comme des normes. Ainsi, le livret de Cécile Beizmann, qui répertorie les «bonnes» et les «mauvaises» formes, ou bien la liste des «Banalités» : tout cela nécessite des réexamens, à partir d'échantillons nouveaux, pris dans une clinique qui elle-même évolue. Il en va de la crédibilité des comparaisons des résultats obtenus par un sujet à un groupe de référence, choisi en fonction de critères comme la pathologie, l'âge, le sexe, le niveau scolaire, le niveau socioprofessionnel.
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