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Résumé des oeuvres complètes de Freud. Volume 3, 1914-1920

Couverture du livre Résumé des oeuvres complètes de Freud. Volume 3, 1914-1920

Auteur : Laurence Joseph | Céline Masson

Date de saisie : 29/02/2008

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Hermann, Paris, France

Collection : Psychanalyse

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-7056-6697-2

GENCOD : 9782705666972

Sorti le : 15/02/2008


  • La présentation de l'éditeur

1914-1920 : ces deux dates correspondent à des remaniements forts de la théorie psychanalytique, de Narcisse à Thanatos.
En 1914, la Première Guerre mondiale débute. Un autre conflit vient de s'achever au même moment pour Freud, celui qui l'opposait à Jung. Sur les cendres de leur amitié, "Pour introduire le narcissisme" s'écrit, opérant un bouleversement dans la théorie analytique. Ce tournant exige une clarification et une mise au point des hypothèses fondant la psychanalyse : ce seront les essais regroupés sous le titre de Métapsychologie et les Leçons sur la psychanalyse. Fort d'une théorie dynamique des pulsions, Freud explore la clinique avec "L'homme aux loups", "Un enfant est battu" et la jeune homosexuelle entre autres. Au fur et à mesure de ces années, Freud observe que le principe de plaisir ne régule pas tout, les rêves incessants des survivants de la guerre, son observation de la répétition et du plaisir lié à la douleur, le conduisent à l'élaboration du bipartisme entre pulsion de vie et pulsion de mort. Un nouveau paysage se dessine.

Avec la collaboration de Anne Brun, Éric Ghozlan, Laurence Joseph, Céline Masson, Pierre Noaille et Robert Samacher.



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  • Les premières lignes

1914
«Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique»

«Zur Geschichte der psychoanalytischen Bewegung», GW X, pp. 44-113, trad. coll., dans Sigmund Freud, Œuvres complètes, vol. XII, Paris, PUF, 2005, pp. 247-315, et trad. S. Jankélévitch, dans Cinq Leçons sur la psychanalyse, Paris, Payot, 1968, rééd. 1973, pp. 67-155.

I. Freud est soucieux de réaffirmer, après les dissidences d'Adler puis de Jung, ce qu'est la psychanalyse authentique : «Personne mieux que moi ne peut savoir ce qu'est la psychanalyse, par quoi elle se différencie d'autres manières d'explorer la vie psychique et ce qui doit être couvert de son nom ou ce qu'il vaut mieux nommer autrement.» «La psychanalyse est en effet ma création», ajoute-t-il. S'il a déclaré, en 1909, saisi d'émotion de parler pour la première fois de la psychanalyse à la Clark University à Worcester, que le mérite de lui avoir donné le jour revenait à Breuer, il rend maintenant hommage au «procédé cathartique» en tant que stade préliminaire de la psychanalyse, précisant que celle-ci ne commence cependant qu'avec son propre rejet de l'hypnose et l'introduction des libres associations.

Breuer ne reprit le traitement cathartique qu'après que Freud l'y eut incité à son retour de chez Charcot, alors qu'il était devenu lui-même médecin de mauvais gré, mais avec une forte motivation pour aider les malades nerveux, ou du moins vouloir comprendre leurs états. L'exploration sous hypnose connue avec Breuer, par son action automatique et la satisfaction du désir de savoir, se montra incomparablement plus attrayante que la suggestion sous hypnose de Liébault et Bernheim. «En cherchant à deviner le conflit psychique dans la scène traumatique et à libérer l'affect réprimé, écrit Freud, nous découvrîmes le processus caractéristique des névroses, nommé plus tard régression.» La direction régrédiente devint un caractère important de l'analyse : celle-ci ne peut rien élucider d'actuel sauf à le ramener à quelque chose du passé ; toute expérience vécue pathogène présuppose une expérience antérieure. Freud dit avoir cédé à la tentation de s'en tenir au facteur occasionnant actuel lors d'analyses plus tardives, comme celle de Dora.

La première différence entre Breuer et Freud porte sur le mécanisme de l'hystérie. Alors que Breuer crée la théorie, pour ainsi dire physiologique, des «états hypnoïdes» pour expliquer le clivage psychique et la non communication entre divers états psychiques (appelés alors «états de conscience»), Freud subodore des tendances analogues à celles de la vie quotidienne et conçoit le clivage comme le produit d'un processus nommé alors «défense» et plus tard «refoulement». Leur séparation intervenant peu après fut plus profondément motivée par l'issue de la prise en charge de la première patiente de Breuer, Anna O. Selon Freud, Breuer n'avait pu que découvrir de nouveaux indices de la motivation sexuelle du transfert établi avec sa patiente, mais la nature de ce phénomène inattendu lui échappa, si bien qu'il interrompit sa recherche. Lorsque Freud se montra de plus en plus déterminé en faveur de la significativité de la sexualité dans la causation de la névrose, Breuer fut le premier à manifester à son endroit des réactions de récusation indignée - que «je n'avais alors pas encore reconnues comme étant mon inéluctable destin», ajoute Freud.


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