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Journée d'un opritchnik

Couverture du livre Journée d'un opritchnik

Auteur : Vladimir Nikolaevitch Sorokine

Traducteur : Bernard Kreise

Date de saisie : 09/04/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-87929-588-6

GENCOD : 9782879295886

Sorti le : 07/02/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Moscou, 2028.
Une oligarchie sanguinaire exerce sur la Russie un contrôle totalitaire absolu. Équipés désormais de moyens technologiques ultra-sophistiqués, les nouveaux maîtres - des opritchniks à l'image des gardes d'Ivan le Terrible connus pour leur sadisme - plongent le pays dans un sanglant féodalisme. Parmi eux, Komiaga, dont Sorokine déroule ici une journée ordinaire, rythmée par ses missions (liquidation d'un aristocrate, détournement de fonds à la frontière chinoise, enquête sur un poème calomniant le gendre du souverain...) et ses rituels, alternant séances de prières et orgies.
"En Occident, être écrivain est une profession, chez nous, c'est un travail de sape : l'écrivain sape les fondements de l'État. " Dans le contexte actuel, ce roman brillant et impitoyable constitue une véritable provocation vis-à-vis du nouveau tsar : on est saisi par la vision de ce qui pourrait être un KGB nouvelle manière, moralisateur et pervers, composé d'assassins qui se réfèrent au christianisme.

Auteur génial (et controversé) de pièces et de romans d'avant-garde dont certains ont été interdits en Russie, Vladimir Sorokine fait partie de la nouvelle génération d'écrivains postmodernes russes. II est né en 1955 et vit à Moscou. Ses livres sont traduits dans de nombreux pays. Ont paru aux Éditions de l'Olivier : La Glace (2005) et Le Lard bleu (2007).





  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 9 avril 2008

Il va plus loin en suggérant que le futur de la Russie sera un retour au passé : haine de l'Occident, rêve d'une grande Russie proslave fermée sur elle-même, religion d'Etat et corruption à tous les étages de l'autocratie. Cette fantaisie futuriste est menée à un rythme d'enfer par l'auteur russe, cruel et intraitable barbouilleur des images d'Epinal. Sorokine imagine le pire - au­tant dire le plus vraisemblable.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, mars 2008

Que ce soit à travers des romans, des pièces de théâtre ou des opéras, l'artiste s'est fait un nom avec son utilisation de l'ultraviolence, ses histoires complètement folles, et son regard critique sur la morale ou les institutions, qui feraient passer son compatriote disjoncté Viktor Pelevine pour une plume officielle du régime !...
Si, dans Journée d'un opritchnik, certains clins d'oeil locaux risquent d'échapper au lecteur français, ce dernier sera ébahi par la férocité du regard. En nous plongeant dans cet univers techno-médiéval, le fabuliste Sorokine nous parle de la nouvelle Russie, qui, sous couvert de progrès et d'expansion économique, en revient à la barbarie féodale.


  • La revue de presse Dominique Fernandez - Le Nouvel Observateur du 28 février 2008

Le délire peut-il être la vérité du pouvoir ? C'est la question que pose Sorokine dans «Journée d'un opritchnik». Corrosif, explosif, jouissif ! Vladimir Sorokine se place dans la grande lignée des satiristes russes, qui va de Gogol à Boulgakov, de Platonov à Pelevine. Sa cible, c'est évidemment la Russie d'aujourd'hui, décrite à travers le prisme fantastique et futuriste d'une police ultra-perfectionnée, les opritchniks, terme repris à l'époque d'Ivan le Terrible...
Pourrait-on appliquer à l'Allemagne nazie cette fable sur l'Etat totalitaire ? Non, car il y avait chez les SS des méthodes sinistrement scolaires sur lesquelles tranchent l'allégresse forcenée, la vitalité jubilatoire de ces jeunes gens qui carburent non à la bière mais à la vodka. La sauvagerie et le comique, la férocité et la jubilation, l'abjection et la drôlerie culminent dans une partouze géante entre les membres de la fratrie. En comparaison du sauna sophistiqué où ils déchaînent leurs pulsions érotiques, les backrooms de New York paraissent des salons de thé pour rosières. Allons, il n'y a pas à craindre pour la Russie, tant qu'elle produira des écrivains de cette verve.


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