Auteur : Jacques Bouveresse
Date de saisie : 28/02/2008
Genre : Littérature Etudes et théories
Editeur : Agone éditeur, Marseille, France
Collection : Banc d'essais
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-7489-0082-8
GENCOD : 9782748900828
Sorti le : 15/02/2008
Les postmodernes ont érigé la littérature en une sorte de genre suprême, dont la philosophie et la science ne seraient que des espèces.
Chacune des trois disciplines aurait aussi peu de rapport avec la vérité que les autres ; chacune se préoccuperait uniquement d'inventer de bonnes histoires, que nous honorons parfois du titre de " vérités " uniquement pour signifier qu'elles nous aident à résoudre les problèmes que nous avons avec le monde et avec les autres hommes. Une des conséquences les plus remarquables de cette conception a été de détourner l'attention de la question cruciale : pourquoi avons-nous besoin de la littérature, en plus de la science et de la philosophie, pour nous aider à résoudre certains de nos problèmes ? Et qu'est-ce qui fait exactement la spécificité de la littérature, considérée comme une voie d'accès, qui ne pourrait être remplacée par aucune autre, à la connaissance et à la vérité ?
Quelle sorte de savoir trouve-t-on dans un roman, que ni la vie quotidienne ni une étude scientifique ne nous communiquent ? En quel sens peut-on parler de vérité en littérature ? Quels rapports y a-t-il entre la forme d'une oeuvre et la connaissance qu'elle nous procure ? Professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse a publié de nombreux ouvrages de philosophie du langage et de la connaissance mais aussi sur des écrivains comme Musil et Kraus. Convaincu que la littérature, autant que les sciences, mérite une philosophie exacte, il croise ici les réflexions de philosophes contemporains, comme Putnam et Nussbaum, avec celles de Zola, Henry James et Proust.
Citant Proust, Henry James, Flaubert, Virginia Woolf, Zola, Orwell, Dickens et bien sûr Musil (Bourdieu, Martha Nussbaum, Rancière ou Wittgenstein aussi), Bouveresse analyse toutes les positions qui se trouvent entre ces deux extrêmes, de la littérature comme «genre suprême» et de la littérature comme expression d'identités subjectives. On découvrira quelle «connaissance pratique» particulière apportent, selon lui, les oeuvres littéraires. Vidée ici de son argumentaire, l'hypothèse qu'il émet, sur le roman naturaliste notamment, pourra surprendre : celle d'une «contribution irremplaçable non seulement à la connaissance expérimentale de la réalité morale mais également à la réflexion morale». Retour à la fonction «édifiante» de la littérature ? Non. Bouveresse, à la suite d'Iris Murdoch, veut dire que la vie, imbibée de morale (morale, amorale, immorale), et la littérature, qui l'est pareillement, ne peuvent pas ne pas être l'une dans l'autre. «Notre univers moral est pour une bonne part littéraire, et notre relation à la morale une relation à des oeuvres, à des références et à des modèles littéraires.»
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