Passion du livre - tout sur le livre : La psychologie de l'enfant

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

La psychologie de l'enfant

Couverture du livre La psychologie de l'enfant

Auteur : Anne Charlet-Debray

Date de saisie : 26/02/2008

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : le Cavalier bleu, Paris, France

Collection : Idées reçues. Santé & médecine

Prix : 9.50 € / 62.32 F

ISBN : 978-2-84670-190-7

GENCOD : 9782846701907

Sorti le : 20/02/2008

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

La Psychologie de l'enfant

Santé & Médecine

«L'initiation à la vie sociale dès la crèche est importante» ■ «L'âge de raison n'existe plus !» ■ «L'enfant du milieu développe des troubles du fait de sa place dans la fratrie» ■ «La dyslexie survient à cause des méthodes de lecture» ■ «Il ne faut rien cacher à un enfant» ■ «Il faut savoir punir un enfant et lui donner des limites»...

Issues de la tradition ou de L'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir.

Anne Charlet-Debray est psychologue clinicienne et psychothérapeute. Elle a collaboré pendant plus de quinze ans au service psycho-pédiatrie de l'hôpital Necker. L'enfant est aujourd'hui centre des préoccupations de notre société. En corollaire, son éducation et son développement sont l'objet de toutes les attentions... provoquant parfois le désarroi des parents qui se demandent «s'ils font bien». Cet ouvrage est l'occasion de faire concrètement le point sur ces questions.





  • Les premières lignes

«Jusqu'à l'avènement de la psychologie, on ne s'occupait pas des enfants.»
Aussitôt que j'ai été mis au monde, j'ai été envoyé en nourrice chez un gendarme, et j'y suis resté jusqu'à l'âge de quatre ans. De quatre ans à six ans, j'étais en demi-pension et à six ans et demi j'ai été envoyé à Vendôme, j'y suis resté jusqu'à quatorze ans, n'ayant vu que deux fois ma mère !

Honoré de Balzac, Lettres à Madame Hanska, 1832-1844

L'attachement de la mère à sa progéniture a été étudié expérimentalement dans l'espèce animale. Chez le rat blanc, cette tendance est généralement plus forte qu'aucune autre. Chez l'homme, à côté des causes biologiques et physiologiques, il semble que les causes psychosociales aient un rôle considérable, ce que l'anthropologue Margaret Mead a pu observer dans les peuplades primitives.
Nous avons souvent l'impression que l'instinct maternel, mis en avant par la psychologie moderne, reste un sentiment récent. Avons-nous trop peu de témoignages à son sujet pour le décrire dans des époques plus anciennes ? Ou bien n'était-il alors carrément pas de mise ? En ce cas, comment les enfants s'en passaient-ils ?
En Europe, grâce aux travaux des historiens Flandrin, Philippe Ariès et G. Duby, nous avons une connaissance un peu plus fine de «l'ancienne enfance» (Histoire de la vie privée, 1985-1987). Au Moyen Âge, la notion d'enfance, au sens d'une période de plus grande faiblesse physique, n'existait pas. Seul comptait le moment où le tout-petit ne pouvait se suffire à lui-même. Il naissait énormément d'enfants, mais un très grand nombre mourait. Encore fallait-il déjà que le bébé naisse vivant ! Pendant plusieurs mois, le nouveau-né était emmailloté de façon à être immobilisé. Ses oreilles étaient plaquées contre la tête par le port de trois bonnets. Il était vêtu de quantité de langes et de bandelettes, pour tonifier son corps.
Les maladies, le manque d'hygiène, les accidents décimaient les enfants. Au XVIIIe siècle en France, un enfant sur quatre mourait avant un an. La mort des jeunes enfants restait une désolante mais inexorable fatalité. Dès qu'un petit disparaissait, un autre le remplaçait. Les témoignages à ce sujet sont quasi introuvables. On suppose que les mères ne s'attachaient pas à leurs rejetons pour cette raison. Elles les oubliaient parce qu'ils ne leur étaient que prêtés. Montaigne a ainsi écrit : «J'ai perdu deux ou trois enfants en nourrice, non sans regret mais sans fâcherie.»
Dès qu'ils étaient un peu plus grands, les enfants étaient incorporés à la société des adultes. Ils apprenaient, par le côtoiement des autres, dans le village ou la cité, les métiers, les manières, les façons d'être. Cet apprentissage tenait lieu d'éducation. Comme les fêtes étaient nombreuses, la communauté enseignait aux enfants une forme de sociabilité. Tous échangeaient entre eux, sans distinction de rang et de classe. Ces ambiances «breugheliennes» modelaient les jeunes êtres qui, abreuvés par le sirop de la rue, se structuraient dans ce milieu chaleureux mais rude. La famille préservait la défense du patrimoine, principalement en privilégiant l'aîné. Le droit d'aînesse, quoique supprimé à la fin du Moyen Âge, perdura longtemps dans les mentalités. La famille avait un rôle d'entraide. Dans certains milieux, l'enfant était considéré comme un jouet drôle, comme un animal de compagnie, destiné à amuser la galerie. C'est ce que Philippe Ariès a appelé le «mignotage».


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli