Auteur : Stephen R. Donaldson
Traducteur : Isabelle Troin
Date de saisie : 25/02/2008
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : Pocket, Paris, France
Collection : Pocket. Fantasy, n° 5962
Prix : 8.00 € / 52.48 F
ISBN : 978-2-266-17829-7
GENCOD : 9782266178297
Sorti le : 14/02/2008
Ecrivain à succès, Thomas Covenant mène une vie de famille tranquille, jusqu'au jour où il apprend une terrifiante nouvelle : il a la lèpre. À cause du risque de contagion, il est rejeté par tous ses proches, et sa femme le quitte en emmenant leur fils. Abandonné et en état de choc, il se fait renverser par une voiture et se retrouve «projeté» dans un monde parallèle, le Fief, pays de légende où règnent surnaturel et magie blanche. Commence alors pour Thomas Covenant une aventure épique, à laquelle rien ne le préparait. Il est investi d'une mission : sauver tout un peuple du chaos et de la destruction...
L'une des plus grandes réussites de la fantasy, vendue à plus de 10 millions d'exemplaires à travers le monde. Une saga de 10 tomes, un événement enfin en poche !
«Comparable à Tolkien à son meilleur niveau.»
Washington Post
«Avec ces sombres chroniques, Stephen R. Donaldson s'est imposé comme un auteur majeur de la fantasy contemporaine.»
Jacques Baudou - Le Monde
L'Enfant doré
Elle sortit du magasin juste à temps pour voir son jeune fils jouer sur le trottoir - droit sur le passage de l'homme gris et émacié qui descendait la rue à grandes enjambées raides, telle une épave mécanique. L'espace d'un instant, son coeur défaillit. Puis elle bondit en avant, saisit l'enfant par le bras et le tira vers elle, à l'écart de la menace.
L'homme passa sans tourner la tête. Tandis qu'il s'éloignait, elle siffla dans son dos :
- Allez-vous-en ! Filez d'ici ! Vous devriez avoir honte !
Thomas Covenant continua à marcher avec la régularité d'un mécanisme d'horloge remonté à bloc. Mais en lui-même, il s'exclama : «Je devrais avoir honte ?» Son visage se tordit en une grimace féroce. «Prenez garde à l'impur !»
Il voyait bien que les gens qu'il croisait - ces gens qui le connaissaient, et dont le nom, la maison et la poignée de main lui étaient familiers - faisaient un écart pour l'éviter. Certains d'entre eux semblaient retenir leur souffle. L'indignation de Covenant retomba. Ceux-là n'avaient pas besoin de l'ancien avertissement rituel. Il se concentra pour réprimer le rictus spasmodique qui s'attardait sur ses traits et laissa la machinerie de sa volonté l'emporter plus loin, un pas après l'autre.
Tout en avançant, il s'examina de haut en bas, vérifiant qu'il n'y avait pas de nouveaux accrocs sur ses vêtements ou d'égratignures sur ses mains, s'assurant que la cicatrice qui courait depuis le bas de sa paume droite jusqu'aux moignons de ses deux derniers doigts ne s'était pas rouverte. Il entendait encore la voix de ses médecins. «La SVE, monsieur Covenant. La surveillance visuelle des extrémités. Votre santé en dépend. Vos nerfs morts ne repousseront jamais. Si vous ne prenez pas l'habitude de vérifier, vous ne vous rendrez pas compte que vous vous êtes blessé. Pensez-y constamment. La prochaine fois, vous ne serez peut-être pas aussi chanceux.»
SVE. Ces initiales résumaient toute sa vie dorénavant.
«Les médecins !» songea-t-il amèrement. Mais sans eux, il n'aurait sans doute pas pu survivre jusqu'à présent. Il avait été si inconscient du danger qui le menaçait... Sa propre négligence aurait pu le tuer.
En observant les visages surpris, effrayés ou insouciants qui l'entouraient - bien qu'il vécût dans une petite ville, beaucoup d'habitants n'étaient pas au courant de son état -, il regretta de ne pouvoir s'assurer que lui-même arborait une expression de dédain adéquate. Les nerfs de ses joues ne semblaient plus que vaguement réactifs, même si les spécialistes lui assuraient que c'était une illusion à ce stade de la maladie, et il n'était jamais certain de la façade qu'il interposait entre lui et le reste du monde. Alors que les femmes, qui discutaient autrefois de son roman dans leur club littéraire, frémissaient à sa vue comme s'il était devenu une goule ou quelque autre horrible apparition, un chagrin insidieux s'empara de lui. Il étouffa impitoyablement cette émotion, avant qu'elle puisse compromettre son équilibre.
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