Passion du livre - tout sur le livre : Sur les pas de Jacques Brel

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Sur les pas de Jacques Brel

Couverture du livre Sur les pas de Jacques Brel

Auteur : Michel Quint

Illustrateur : Philippe Lorin

Date de saisie : 24/02/2008

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Presses de la Renaissance, Paris, France

Collection : Sur les pas de..., n° 7

Prix : 28.00 € / 183.67 F

ISBN : 978-2-7509-0344-2

GENCOD : 9782750903442

Sorti le : 21/02/2008

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  • La présentation de l'éditeur

Dire une vie par les lieux qui ont été son décor, qui l'ont inspirée, n'est pas facile quand il s'agit de Jacques Brel. Chanteur, comédien, réalisateur, pilote, navigateur..., il a parcouru le monde entier en homme pressé, toujours en avance d'une chanson, d'un amour, d'un avion, d'une folie.
A vélo, sur une bécane magique offerte autrefois par Brel, le narrateur se fait archéologue plus que biographe, reconstitue cette existence intense, ressuscite l'absent. De sa maison d'enfance de Schaerbeek à sa dernière demeure d'Hiva-Oa, il nous fait revivre l'unique enregistrement d'«Amsterdam» en public, à l'Olympia ; la première de L'homme de la Mancha, un triomphe ; le tournage mythique de L'aventure c'est l'aventure ; le premier vol sur jojo...
Ce périple n'est donc pas un pèlerinage, une quête sacrée, mais une tendre approche d'un homme qui, comme les plus grands créateurs, a été nous autant qu'il a été lui-même. Non pas pour se souvenir mais pour nous retrouver.

Dans la même collection :
Sur les pas de George Sand, Sur les pas de Jules Verne
Sur les pas de Marguerite Duras, Sur les pas de Léonard de Vinci
Sur les pas d'Henry de Monfreid, Sur les pas de Colette





  • Les premières lignes

J'avais cinq ans, pas loin, quand Jacques Brel, le dernier jour où il travaillait chez son père, à la cartonnerie Vanneste et Brel, m'a donné son vélo avant d'attraper un train pour Paris. Je ne savais pas qu'il m'offrait un cheval ! Longtemps j'ai été trop petit pour mettre le pied à l'étrier, ensuite dompter la bête, tenir en selle sans qu'elle se dérobe et m'envoie valdinguer, j'ai vite lâchement renoncé à l'apprivoiser, et puis j'ai eu l'âge de bomber le torse devant les filles dans le tram, de les attendre avec des lilas, j'ai désiré des autos... Mon canasson d'acier a rouillé au garage. Mais aujourd'hui, sur mes soixante printemps, mon bidet grinçant, rebichonné de frais, je vais l'enfourcher : lui seul, pas un avion, pas un bateau, est capable de me mener au pays des chimères du grand Jacques. Je pars à la rencontre de ses moulins, de ses géants, en quête des frontières toujours reculées du désir d'un don Quichotte... Ma cuirasse de cycliste, mon casque, et en selle ! A dire le vrai, ma bécane est une vieille jument. Rossinante. Comment voulez-vous que je l'appelle autrement ?

Peu importe qui je suis, moi. Ce que j'ai fait de ma vie n'intéresse personne. Sinon qu'il l'a accompagnée, Jacques, cette vie que j'ai un peu usée au contact d'artistes, de comédiens, d'écrivains, juste pour devenir un homme ordinaire, avec des souvenirs. Des vrais et des que je peux me fabriquer en route, là où je croiserai l'ombre de Brel... Mon père était gardien ou quelque chose, il surveillait les vélos des ouvriers, les rares autos, faisait concierge en somme aux cartonneries, rue Verheyden, où j'allais l'attendre après ma petite école. Comme son frère aîné, Pierre, Jacques venait en voiture, bien sûr, souvent la Studebaker paternelle, mais un jour il avait oublié là un demi-course à pneus semi-ballon, et j'ai souvenance de lui, en 1953, au moment de dire adieu au service commercial, abandonner le carton-pâte et les faux-semblants petits-bourgeois, déchirer les emballages de la vraie vie, prendre congé des obscurs employés, de papa, s'en aller faire le chanteur en France, j'ai le souvenir de Jacques tout souriant de toutes ses grandes dents, tiens mon ketje, je te lègue ma bicyclette, plus tard tu pourras aller dans la lune avec ! Maintenant, oui, je peux. L'ai-je seulement vu ce soir-là, est-ce qu'il a eu ces mots, est-ce que je l'ai cru, à l'époque ? Si c'est pas sûr, c'est quand même peut-être... Et ça suffit pour tremper un rêve de gosse qui m'a duré toute la vie. Et retourner sur les chemins réels de la légende.


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