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Petite histoire du christianisme

Couverture du livre Petite histoire du christianisme

Auteur : Jean Baubérot

Date de saisie : 21/02/2008

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Librio, Paris, France

Collection : Librio. Document. Document, n° 858

Prix : 3.00 € / 19.68 F

ISBN : 978-2-290-00683-2

GENCOD : 9782290006832

Sorti le : 08/02/2008


  • La présentation de l'éditeur

Dirigée par Jean Baubérot, la série «Petite histoire des religions» se propose d'étudier les fondements et l'évolution des principales religions du monde actuel. Dans la même série : Petite histoire du judaïsme (n° 843), Petite histoire de l'islam (n° 844) et Petite histoire du bouddhisme n° 857).
Avec plus de deux milliards de fidèles, le christianisme est actuellement la religion la plus pratiquée au monde. Cette diffusion est le fruit d'une évolution longue et dense, chargée de scissions, de ruptures et de conflits, mais aussi de nouveautés religieuses, culturelles et artistiques. Au-delà de la simple histoire d'une religion, Jean Baubérot nous invite à réfléchir sur les fondements de notre société occidentale et la construction de la modernité.

L'auteur nous donne une synthèse des grands courants de pensée, des événements et des personnages qui ont marqué l'histoire du christianisme des origines jusqu'à nos jours.

Jean Baubérot est historien et sociologue des religions et de la laïcité à l'École Pratique des Hautes Études (Sorbonne).





  • Les premières lignes

L'ÉMERGENCE DU CHRISTIANISME

A. CHRÉTIENS AVANT D'ÊTRE CITOYENS

Dans l'Empire romain où le sacrifice aux divinités protectrices constitue un acte de loyauté politique, des individus bizarres refusent de participer à ce culte. Ils se rendent ainsi coupables d'un crime de lèse-majesté et lorsque épidémies, mauvaises récoltes et défaites militaires frappent la cité, ils suscitent la colère de la foule, qui voit ces catastrophes comme la conséquence de leur conduite «impie». Lorsque le magistrat les interroge, ils affirment s'appeler «chrétiens» et annoncer un «évangile».
Ce terme est familier du monde gréco-romain. Lors de l'accession au trône d'un empereur, on proclame son évangile, c'est-à-dire «la bonne nouvelle» qu'il va apporter prospérité, paix et justice.
Mais ces chrétiens prétendent qu'il n'existe qu'un seul «évangile», incarné par l'enseignement, la mort et la résurrection d'un certain Jésus, qu'ils qualifient de Christ. Par extension, ils désignent aussi, par le terme «évangile», des récits de sa vie destinés à susciter la foi dans ce Christ et le Dieu qu'il révélerait.
Le terme Christ correspond, en grec, à l'hébreu Messie et signifie «envoyé de Dieu». Les juifs, qui forment des communautés dynamiques en divers endroits de l'Empire, attendent la venue d'un Messie. Les chrétiens affirment qu'il est déjà venu, puisqu'il s'agit de Jésus, et pensent qu'il va bientôt revenir.
En soi, cela ne dérange pas l'ordre impérial ouvert à la multiplicité des cultes, et les chrétiens, de leur côté, se déclarent soumis aux autorités. Mais ils désobéissent à la loi en refusant d'adorer toute autre divinité que leur Christ et son Dieu. Cela les place notamment à l'écart de la vie publique : certains métiers ou certaines manières de vivre sont liés aux cultes traditionnels et à la divination. Ceux qui n'ont pas différé leur baptême sont chrétiens avant d'être citoyens. Ils font donc preuve de «haine du genre humain» (Tacite ') et forment une «secte» dangereuse qui adore un criminel, condamné par le magistrat au supplice infamant de la croix. Pourtant l'Empire, accommodant, ferme souvent les yeux. Mais en cas de crise, il doit néanmoins sévir. Longtemps, tolérance et répression alternent ou coexistent suivant les lieux. Commencées à Rome sous Néron en 64 (l'apôtre Pierre en est une des victimes), les persécutions tendent à se généraliser au milieu du me siècle, en raison du nombre grandissant de chrétiens. On délivre alors un certificat, libellus, à ceux qui participent aux cérémonies sacrificielles. Cela permet d'arrêter facilement les contrevenants. Ils sont emprisonnés, torturés, mis à mort par milliers. En fait, tous les chrétiens ne résistent pas jusqu'au martyre. Certains, les sacrificati, obéissent à l'ordre impérial ou transigent et font brûler quelques grains d'encens devant une divinité, les thurificati. D'autres réussissent à acheter un certificat de complaisance, les libellatici. Ceux qui n'ont pas cédé les considèrent comme des lapsi - ceux qui sont tombés - et se disputent pour savoir si l'on doit ou non réintégrer les repentis.


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